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Billet de blog 14 déc. 2021

Mademoiselle France incarcérée à la prison de la Santé !

La justice passe, la France trépasse ! Billet d'humeur et d'humour.

Bruno Painvin
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Hier matin, Mademoiselle France a été incarcérée dans le centre pénitentiaire de la Santé, à Paris.

La justice a donc tranché : pas de peine de substitution, pas de sursis pour ce délinquant de haut vol qui accumule les handicaps dans le sillage de son mentor, ancien président de la République sèchement battu par François Hollande en 2012.

Cruel dilemme pour ce monsieur qui rechigne à payer ses dettes au Trésor Public, c'est à dire à nous : payer en trois traites – ce que font la plupart des ménages français à Noël pour les cadeaux de leurs enfants – signifierait, et confirmerait, qu'il a accumulé beaucoup, beaucoup de réserves de trésorerie pendant les années Sarkozy. Beaucoup trop...

Ce monsieur a d’autres rendez-vous avec la justice, nul doute qu’il croisera Nicolas Sarkozy dont le moins qu’on puisse dire est qu’il n’a pas la reconnaissance du ventre facile ni celle du portefeuille, un portefeuille par ailleurs bien gras, bien garnis, dégoulinant de cash.

Une tripotée de ministres sont impliqués, suspectés ou déjà condamnés dans des affaires extrêmement graves, on pense bien sûr à l’affaire libyenne, une dictature de la pire espèce du temps de feu Kadhafi qui a « négocié » avec Sarkozy, moyennant finances, une reconnaissance politique sur la scène internationale après l’attentat terroriste de Lockerbie qui avait tué 270 passagers innocents ainsi que les membres de l'équipage Pan-Am, en 1988.

Ces scandales s’ajoutent à d’autres turpitudes commises à droite par deux présidents déjà condamnés et à gauche par des ministres peu scrupuleux vis-à-vis des autorités fiscales dont ils avaient pourtant la charge. Peu scrupuleux est un doux euphémisme.

Comme nous le disions il y a peu, en France tant qu'un coupable n'est pas condamné, il est (présumé) innocent !

Peu importe la réputation de la France à l'international quand ces messieurs nous représentent...

Ce matin, c’est le grand retour d’Alexandre Benalla (et de madame) qui a été interpellé par la Brigade de répression de la délinquance économique – BRDE – de la PJ parisienne, interpellation réalisée à leur domicile du XVIe arrondissement de Paris, car ces gens-la aiment le luxe et le confort à force de prendre exemple sur ceux qui les emploient et qui, accessoirement, nous gouvernent.

Il est soupçonné de corruption et de blanchiment de fraude fiscale pour des contrats passés avec des oligarques russes dont le pedigree ferait pâlir d’envie Al Capone et Bernard Madoff réunis.

Le tout commis sous la présidence d’Emmanuel Macron et alors, c'est nouveau et potentiellement explosif, que Benalla était chargé de la sécurité du président de la République, apprend-on de sources sérieuses et crédibles, l’enquête le confirmera peut-être.

Ce qui semble être nouveau dans le feuilleton Benalla, c'est qu'il négociait ces contrats « en même temps » qu'il accomplissait ses fonctions de garde du corps du président, et non pas pas après comme on le disait...gros scandale dans le scandale !

Cela pose des tas de questions d’ordre politiques, évidemment, mais aussi en termes de renseignements : soit les services de renseignements sont incompétents, soit ils étaient au courant, mais n’ont rien pu faire ou imposer au monarque qui règne sur ces institutions comme un véritable tyran autorisé et encouragé qu’il est par une constitution d’un autre temps.

L’affaire Benalla rebondit au moment même où il est légitime si ce n’est nécessaire de s’interroger sur la « protection » dont aurait bénéficié Nicolas Hulot au plus haut niveau de l'État alors que des rumeurs insistantes le désignaient comme un authentique prédateur sexuel.

Ne parlons pas de Gérald Dard-Malin, ne parlons pas du ministre de la Justice, le monsieur propre de Sarkozy, ennemi juré des juges, lui aussi.

Et Christine Lagarde qui pérore au FMI...

Diane Leyre qui, contrairement à Mademoiselle France, a remporté la couronne de Miss France 2022 nous pardonnera ce rapprochement osé autant qu'accidentel qui aurait pu lui fait prendre la place peu enviable de Claude Guéant, ancien ministre de l’Intérieur de Nicolas Sarkozy et ex-secrétaire général de l’Élysée, il n'avait pas d'équivalent pour vanter les mérites de l'ordre et de la morale.

Je plaide l’indulgence du Comité Miss France qui saura faire la part des choses, je suis tout disposé à présenter mes excuses les plus plates à Diane si elle me le demande gentiment, Mademoiselle France étant injoignable, une France passablement flétrie, ce qui m'encourage à ne plus la solliciter...

Oui, Diane Leyre me pardonnera puisqu’il ne s’agit pas d’elle, mais de la France, car quand on commet des délits ou des crimes de cette nature à ce niveau de responsabilité publique et politique, c’est la France qui est embastillée, ne nous trompons pas.

Le peuple français ne peut pas, ne peut plus être l’otage d’une caste à ce point corrompue, à jamais discréditée.

Un président pas encore candidat qui va monopoliser, qui plus est, une chaîne de télévision pendant près de trois heures pour vanter les mérites de son quinquennat ! devant des journalistes aplatis qui ne parleront ni de Benalla ni de Nicolas Hulot, je prends les paris.

On le voit bien, c'est tout un système, toute une caste qu'il faut dégager.

 «  Parce que je le vaux bien » me dit Miss Mademoiselle France.

Elle a raison.

 P.-S. - Le titre de ce billet "Miss France incarcérée à la prison de la Santé", paru le 14 décembre, a été modifié en "Mademoiselle France incarcérée à la prison de la Santé"et le texte  a été partiellement corrigé et adapté le 16 décembre suite à une alerte que Le Club m'a fait parvenir via ma messagerie personnelle : il semble que des internautes soient à l'origine de cette démarche de dénonciation, ils sont parvenus à nous "influencer", Le Club et moi.

Cela pose un tas de questions sur lesquelles je vais revenir dans un prochain billet.

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