Benjamin Griveaux, la débandade

La classe politique est unanime et n’a pas de mots assez durs pour condamner la divulgation d’une vidéo intime du candidat LaREM à la mairie de Paris qui échange des propos salaces avec une jeune femme avec, à l’appui, la preuve physique de son émoi : que cache, en vérité, ce réflexe de caste qui mélange hypocrisie et peur ?

La classe politique est unanime et n’a pas de mots assez durs pour condamner la divulgation d’une vidéo intime du candidat LaREM à la mairie de Paris qui échange des propos salaces avec une jeune femme avec, à l’appui, la preuve physique de son émoi.

En joignant le geste à la parole, Benjamin Griveaux prouve à son interlocutrice qu’il ne fait pas semblant, le bougre, il est parfaitement cohérent.

Elle avait peut-être des doutes sur la sincérité de sa démarche, la pauvre, c’est humain. Une électrice parisienne de gauche ? De droite ?? Écologiste ??!!

Quoi qu’il en soit la classe politique est « scandalisée », c’est une excellente nouvelle, signe de santé.

On parle d’une ligne rouge – la vie privée – qu’il ne faudrait pas franchir, sous aucun prétexte, la démocratie serait en train de vaciller, la République serait menacée…

Par « vie privée », il faut entendre « sexualité », mais le dire de façon aussi explicite que cela n’est pas français, le sexe reste tabou, d’ailleurs le mot sexe est trop cru.

Apparemment le point faible de la démocratie française, le fameux « maillon faible », se situerait au niveau du caleçon, de la culotte ou du slip, la ligne de démarcation entre une démocratie solide et une démocratie dévoyée se situe aux abords du pubis : au-dessus, rien à craindre, nos institutions tiennent le coup (?), en dessous c’est la débandade.

Jetons aux oubliettes télévisuelles cette notion fumeuse de maillon faible, désormais on parlera de maillot faible.

La France gagne en crédibilité, c’est incontestable.

Benjamin Grivois remplace Benjamin Griveaux.

Qu’un homme politique, ami, confident et proche collaborateur du président de la République, anciennement porte-parole (à l'époque des faits) se filme ou se laisse filmer en pleins débats amoureux ne gêne personne.

Que cet homme qui fait preuve pour le moins de naïveté et de légèreté soit candidat à la mairie de la capitale française avec ce que cela représente sur le plan international ne dérange personne.

Que cet homme qui fait l’apologie de la fidélité, de la loyauté et de la famille se prenne à ce point les pieds – restons correctes – dans son caleçon (je n’ai pas pu résister, pardon) ne trouble personne.

Il est vrai que le personnel politique français a l’habitude de faire le grand écart entre les promesses (qui n’engagent que ceux qui y croient) d’une campagne électorale et la réalité de leurs actions une fois élu.

Ah ! les hypocrites !

Ce réflexe de caste qui consiste à soutenir Benjamin Grivois en dit long sur les mœurs politiques françaises, des dossiers, dit-on, circulent...

Benjamin Griveaux n’avait aucune chance d’être élu à Paris.

Benjamin Grivois, victime, ne sera candidat à rien.

D'une certaine façon Grivois sauve Griveaux, une honte chasse l'autre.

Franchement c’est une vraie bonne nouvelle même si le procédé n’est pas reluisant.

N’oublions pas la forêt que ne peut pas cacher le membre Grivois : Jérôme Peyrat, ancien conseiller de Macron, poursuivi pour violences conjugales qui devrait comparaitre en avril devant le tribunal d’Angoulême, sa femme a eu une ITT de 14 jours…n’oublions pas Richard Ferrand, président de l’Assemblée nationale mis en examen pour « prise illégale d’intérêts » dans l’affaire des Mutuelles de Bretagne…Benalla...les mains arrachées, les yeux crevés…et tout le reste !

Ajoutons, pour rester dans le ton, que cette réforme des retraites n’a ni queue ni tête…

C’est la débandade en Macronie.

En dessous et au-dessus du maillot faible.

Débandade à tous les étages.

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