Le Covid-19 rend sourd, mais pas que… Ausweis bitte !

En route vers la civilisation du couvre-feu !

Le couvre-feu est un outil mis à disposition des autorités pour interdire à la population de circuler dans les rues durant une période de la journée, du soir au matin dans la plupart des cas.

En règle générale le couvre-feu est un dispositif appliqué en temps de guerre, imposé par l’occupant comme cela a été le cas en France pendant la Seconde Guerre mondiale.

Loi martiale, état de siège ou état d’urgence sanitaire, il peut être appliqué en temps de paix.

Le but est de permettre aux forces de l'ordre, civile et/ou militaire, d’assurer la sécurité d’un territoire, d’une région ou d’un pays, de limiter et de contrôler la libre circulation d'une certaine catégorie de personnes, les mineurs sont parfois visés, ce fut le cas en 2005, lors des émeutes, sous l’égide du ministre de l’Intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy.

C’est donc une mesure tout à fait exceptionnelle…et qui devrait, ou qui aurait dû le rester…

Voici quelques exemples de couvre-feu qui rafraîchiront la mémoire de certains, d’Emmanuel Macron pourquoi pas.

Au Moyen âge, à la tombée de la nuit, pour indiquer à la population qu’il fallait recouvrir les feux d’un couvercle de fonte pour éviter d’éventuels incendies.

Pendant la Seconde Guerre mondiale un couvre-feu généralisé imposé par Wehrmacht dans tous les territoires occupés. De minuit à 6 heures à Paris.

Pendant la guerre d’Algérie, le couvre-feu permettait à l’armée française d’arrêter qui bon lui semblait après minuit…la nuit, tous les Arabes sont gris.

Le 2 septembre 1958, préfecture de police de Paris : « Il est conseillé de la façon la plus pressante aux travailleurs nord-africains de s’abstenir de circuler la nuit dans les rues de Paris et de la banlieue parisienne et plus particulièrement de 21 h 30 à 5 h 30 du matin »

Ce premier couvre-feu est tombé en désuétude, il a fallu le réactualiser.

Le 5 octobre 1961 : « Il est conseillé de la façon la plus pressante aux travailleurs musulmans algériens de s’abstenir de circuler la nuit dans les rues de Paris et de la banlieue parisienne, et plus particulièrement de 20 h 30 à 5 h 30 du matin ».

Le préfet de police s’appelle Maurice Papon.

Les 17 et 18 octobre, la répression policière fait entre 110 et 120 morts. Des musulmans faut-il le préciser ?

A l’occasion des émeutes de 2005 en vertu du décret de l’état d’urgence, au Raincy et à Marmande, car les maires sont habilités à prendre une mesure de couvre-feu.

En 2018 à la Réunion à la suite du mouvement des gilets jaunes. Le couvre-feu est instauré du 20 au 24 novembre, de 21 heures à 6 heures.

Décidé par Emmanuel Macron et annoncé par ses soins le 14 octobre 2020 dans le cadre de la crise de la Covid-19.

Emmanuel Macron court après l’ombre d’un homme politique qu’il n’est pas, qu’il n’a jamais été, qu’il ne sera jamais, il subit les évènements, il organise le chaos, le coronavirus court plus vite que lui.

Il s’est d’abord pris les pieds dans les élastiques d’un vulgaire masque polymère, il s’est ensuite noyé dans un océan de tests périmés.

Quand on sait que près de 1400 lits d’hôpitaux ont été fermés depuis mars 2020, dont 1000 à Paris…

Quel est l’adjectif qualificatif qui convient le mieux à Emmanuel Macron, président de la deuxième économie européenne, à la tête de la 6e puissance économique mondiale derrière les États-Unis, la Chine, le Japon, l'Allemagne et l'Inde, mais devant le Royaume-Uni ?

Amnésique, impuissant, incompétent, incapable, maladroit, aboulique, hésitant, indécis, chancelant, répressif, liberticide, autoritaire, arrogant, sourd, aveugle, inconséquent, imprévoyant, aventureux, indifférent, impulsif, têtu, orgueilleux, insolent ?

À gauche comme à droite un large consensus se dégage : il est en même temps tout ce que recouvrent ces 23 adjectifs.

J’en ajouterais bien un 24e qui commence par la lettre « c », le « c » de « connerie »...

Avec un « s » en ce qui le concerne.

Le Covid-19 rend sourd, mais pas que…

Me revient en mémoire ce petit texte rédigé par Marc Moulin en 2003, musicien et homme de radio, humoriste belge, dont le titre était « Vers la civilisation du couvre-feu », Marc Moulin nous a quitté en 2008, il avait 66 ans :

« Je nous vois déjà dans 20 ans. Tous enfermés chez nous. Claquemurés (j’adore ce verbe, et ce n’est pas tous les jours qu’on peut le sortir pour lui faire faire un petit tour). Les épidémies se seront multipliées : pneumopathie atypique, peste aviaire, et toutes les nouvelles maladies. Et l’unique manière d’y échapper sera de rester chez soi. Et puis il y aura toujours plus de menaces extérieures : insécurité, vols, attaques, rapts et agressions — puisqu’on aura continué de s’acharner sur les (justes) punitions en négligeant les (vraies) causes. Et le terrorisme, avec les erreurs à répétition des Américains, sera potentiellement à tous les coins de rues. La vie de « nouveaux prisonniers » que nous mènerons alors sera non seulement préconisée, mais parfaitement possible, et même en grande partie très agréable. Grâce au télé-travail qui nous permettra de bosser à la maison tout en gardant les enfants (qui eux-mêmes suivront l’école en vidéo-conférence). Grâce à Internet qui nous épargnera bien des déplacements : on n’aura plus besoin ni de poster les lettres, ni d’acheter un journal « physique », ni d’aller faire la file dans les administrations. (…). Dans les rues, il ne restera plus que des chiens masqués qui font seuls leur petite promenade (pas de problème, sans voitures), et du personnel immigré sous-payé en combinaison étanche, qui s’occupera de l’entretien des sols et des arbres. D’autres s’occuperont de la livraison de notre caddy de commandes à domicile.

Alors nous aurons enfin accompli le dessein de Big Brother. Nous serons des citoyens disciplinés, inoffensifs, confinés, désocialisés. Nous serons chacun dans notre boîte. Un immense contingent de « je », consommateurs inertes. Finie l’agitation. Finie la rue. »

Texte publié le 27 avril 2003, il y a près de 20 ans…

Bien vu, l’ami, nous y sommes !

 

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