Le gouvernement se lance dans une chasse sans merci contre tous les ayant-droits à l’assurance chômage.
Contrôler systématiquement, et parfois de façon aléatoire, pour décourager ces vauriens qui abusent grossièrement d’un « système »beaucoup trop permissif dans le fond et très laxiste dans sa gestion.
Être plus sélectif à l’admission, d’abord, pour diminuer le nombre des ayant-droits, puis augmenter les contrôles, multiplier mises en garde, menaces et autres suspensions temporaires pour atteindre le seul et unique but recherché : la sacro-sainte radiation.
Créer un ghetto administratif avec suffisamment de gardes-chiourme armés jusqu’aux dents de procédures et de règles opaques et compliquées pour décourager le chômeur.
Plus les pièges sont nombreux et sophistiqués et plus la chasse sera bonne.
Pour être vraiment efficace Il faut aussi limiter la durée d’indemnisation et diminuer le montant de l’allocation, on ne pourra pas reprocher à un gouvernement « libéral » de rechercher un « nécessaire équilibre financier », c’est son ADN.
Il faut lui écrire un scénario de cancre, et de chancre, l’isoler, le stigmatiser, et le laisser jouer le premier rôle, ainsi le chômeur deviendra une véritable vedette de la loose sociale, une honte publique, si c’est bien pensé ses propres enfants lui lanceront des cacahuètes, le matin, en allant à l’école.
Les instituts de sondages mandatés par une demi-douzaine de médias appartenant à une poignée de milliardaires nous expliquent que les français sont favorables à un « durcissement » généralisé des conditions d’octroi, favorables aussi au « durcissement » des contrôles.
Les moutons pactisent et fricotent avec les loups, la fascination de la proie est prometteuse, le festin sera royal.
La translation est remarquable, on ne lutte pas contre le chômage, on lutte contre les chômeurs.
Pour vaincre définitivement le cancer il suffit d’éliminer le malade, il fallait y penser !
La lutte contre les chômeurs à laquelle se livrent tous les gouvernements depuis la fin des « trente glorieuses », depuis le début des crises pétrolières, s’explique simplement : les gouvernements sont totalement impuissants, une fois encore, le chômage ne fait pas parti de leur domaine de compétence ni de leur sphère d’influence.
Coincés entre une responsabilité politique et une impuissance technique, ou économique, la seule façon de s’en sortir est d’éliminer le « malade » c'est-à-dire le chômeur.
C’est la croissance économique, l’investissement, la recherche et le développement qui peuvent significativement et durablement venir à bout de ce fléau.
Les pistes sont nombreuses notamment dans l’économie circulaire et dans les énergies renouvelables, des domaines où la France ne brille pas.
Ne soyons pas naïfs pour autant : la réforme du « chômage » permet de compléter utilement la réforme du travail, la généralisation programmée de la précarité, l’extrême flexibilité.
Demain on réformera les retraites.
En fait on s’en fout du chômage, on s’en fout du chômeur, ce qui compte vraiment c’est le bilan des entreprises et ce qu’il laisse comme dividendes.