Mais non ! Macron n’est pas de droite, voyons !

Macron vient de la gauche, et pas de n’importe quelle gauche, je vous prie ! il est l’héritier de Hollande, de Valls, de Cahuzac, de Strauss-Kahn, et d’Attali, des hommes dont l’ancrage à gauche n’a d’égal que leur intégrité intellectuelle et leur probité morale, entre autres qualités...

Macron vient de la gauche, et pas de n’importe quelle gauche, je vous prie ! il est l’héritier de Hollande, de Valls, de Cahuzac, de Strauss-Kahn et d’Attali, des hommes dont l’ancrage à gauche n’a d’égal que leur intégrité intellectuelle et leur probité morale, entre autres qualités, impossible de les énumérer toutes…surtout en ce qui concerne DSK qui a un pedigree long comme le bras, oui, comme le bras.

Des gens efficaces, en plus, ce qui ne gâche rien. Souvenons-nous, s’il vous plait, du tournant de la rigueur de 1983, on peut être de gauche et bon gestionnaire en même temps, merde !

Si la gauche n’a pas le monopole du cœur, la droite, elle, n’a pas le monopole du réalisme.

Au fait, je n’ai plus aucune nouvelle de VGE, j’espère qu’il va bien, l’académicien ; pour un homme de gauche lui aussi…quel grand homme !

En remontant l’arbre généalogique de cette gauche à gauche de la gauche - ou en le descendant, c’est comme vous voulez - on trouve Mitterrand, Jaurès, Blum, plus haut encore Proudhon, Gramsci, Marx, Lénine, Trotski même.

Mitterrand…un résistant de la première heure ! un exemple d’œcuménisme politique avant-gardiste ! d’une cohérence idéologique (et religieuse) à toute épreuve. Accessoirement fidèle en amitié, ce n’est pas le défunt René Bousquet qui pourrait nous contredire, Bousquet, Chef de la police de Vichy, fonctionnaire dévoué qui avait organisé et réalisé les grandes rafles du Vél' d'Hiv' à Paris en juillet 42.

Alors ? il n’est pas de gauche Macron, peut-être ? Non, mais !

L’ADN de Macron est révolutionnaire, un peu comme celui de Mitterrand à partir de 1971, jusqu'en 1983, seulement voilà, sous prétexte qu’il a fait un bref passage (bref, mais très remarqué) dans une grande banque d’affaires, on l’accable de tous les maux, libéral ceci, néo-libéral cela, thatchérien, reaganien même ! n’importe quoi !

Peut-on réduire à ce point le parcours d’un homme qui a décidé de consacrer toute son énergie au seul bien de la Nation ? Non, bien sûr ! Rien ne l’empêchait de poursuivre sa route au sein de lèche-ta- blanchimente financier (banques en français).

Oui, Macron a légèrement raboté les APL ; d’accord il a fait sauter le verrou de l’ISF, c’est vrai ; il n’est pas complètement faux, non plus, de dire qu’il a revisité le droit du travail de fond en comble, ok ; qu’il a quelque peu amélioré le statut des cheminots, bientôt celui des employés de la RATP, oui encore ; les retraites pour après après demain…les fonctionnaires, les chômeurs…tout cela est vrai, mais participe d’une saine gestion de l’entreprise France qui, vu des « top nations » (nations au sommet, en français), est une start-up (entreprise qui commence, en français) progressiste extrêmement prometteuse (fucking business, en anglais).

On devrait se réjouir de voir un homme de gauche être adoubé, que dis-je adoubé, adoré par tout ce que la France compte de grands entrepreneurs, Bernard Arnault, François-Henri Pinault, Patrick Balkany, Carlos Tavares, Matthieu Pigasse, Xavier Niel, Nicolas Sarkozy, Carlos Ghosn…Il n’y a pas de hasard, un peu d’honnêteté, if you please (s’il vous plait).

Les preuves qu’il est de gauche, les voilà :

Hier Emmanuel Macron a longuement expliqué aux parlementaires MODEM + LaRem (= la tête à toto) qu’il fallait prendre à bras le corps le problème de l’immigration. C'est-à-dire le problème des noirs et des musulmans à la peau basanée qui envahissent nos plages, nos montagnes, nos plaines, nos bois, nos sous-bois, nos caves, nos camions et nos villes, quand ils ne nous volent pas nos grand-mères, nos mères, nos épouses et nos filles.

Cela ne vous rappelle rien ? Ni personne ?

Aujourd’hui quatre ministres se déplacent à Marseille- quartier Nord - pour réaffirmer qu’il n’y a pas de zone de non-droit dans la République, ils lancent un programme baptisé « anti-stups », c’est un discours sécuritaire de haute volée renforcé par la présence d’un ministre qui terrorise les dealers, monsieur Gérald Darmanin en personne, le ci-devant ministre des Comptes publics, 1 mètre 51 au garrot, 61 kilos tout mouillés…une terreur ! il faut soigner le mal par le mâle. Les très gros trafiquants ont déjà pris leurs dispositions, ils se « délocalisent » en masse à Levallois-Perret, une ville des plus accueillantes, paraît-il.

Cela ne vous rappelle rien ? ni personne ?

En alignant ses pas sur ceux du RN, Emmanuel Macron entend reprendre à l’extrême droite ces électeurs de gauche qui ont déserté les partis (de gauche ?) depuis près de vingt ans. Puisque le parti des Le Pen est de gauche, il est tout à fait logique que Macron lance une OPA, mais discrètement, subtilement, intelligemment…avec les mêmes mots, la même sémantique, la même logique ; la proximité des élections municipales n’a rien à voir avec cette démarche, évidemment non, absolument rien à voir ; le sud de la France, non plus, tout cela est beaucoup plus subtil, tellement plus subtil qu’une vulgaire tambouille électoraliste.

Rien à voir non plus avec ce que Sarkozy avait tenté en 2007, ne pas oublier que Sarkozy était de droite, lui. Pour mieux comprendre la différence entre les deux hommes : en tant que leader de la droite Sarkozy n'aurait jamais touché à l'ISF, jamais ! C'est bien le signe que Macron est de gauche.

Marine Le Pen est de gauche, donc Emmanuel Macron est de gauche, c’est tout aussi simple que cela.

Ça fonctionne dans les deux sens, d’ailleurs : Emmanuel Macron est de gauche, donc Marine Le Pen est de gauche !

Ce qui compte c'est la con-jonction, donc...

Et que l’on ne me dise pas qu’Emmanuel Macron est de droite, c’est tout le contraire, répétons-le, il est aussi à gauche que Marine Le Pen.

Pas plus, c’est certain, mais pas moins, merde !

Ou alors juste un peu moins à gauche qu’elle, oui…peut-être, mais enfin on chipote, là.

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