Le variant élyséen, quand il ne tue pas, entraîne un Covid long, beaucoup trop long

Il a confiné, il ne reconfinera plus jamais. Il reconfine. Il fallait avoir confiance dans le vaccin AstraZéneca. Il suspend AstraZéneca. Il préconisera le vaccin AstraZéneca. Il court, il court, le furet, il repassera par là ...

Il fallait entendre les ministres, il y a quelques jours encore, saluer la clairvoyance et le courage du président de la République qui faisait l’unanimité « Il a réussi son pari » affirmaient-ils, plus fiers que jamais, il ne reconfinera pas, il ne reconfinera jamais.

« Il va finir épidémiologiste », prédisaient les plus optimistes. Pourquoi pas dès maintenant ? Je pose la question !

« Les chiffres lui donnent raison. Le confinement, ç’eut été la solution de facilité, la mesure de confort. ».

En un mot, une solution pour les lâches !

« Macron s’est tellement intéressé au Covid qu’il peut challenger les scientifiques, poser la question qui les déstabilise » s’enthousiasme un conseiller proche du président, au bord de l'érection.

Macron est tellement …tellement …tellement tout que « Désormais, le Conseil scientifique n'est plus premier dans l'arbitrage. ».

Ben oui, c'est même le fond du problème ...

Emmanuel Macron en est arrivé à un point où il s’arbitre lui-même, directement, sans intermédiaire : il s’interroge et se répond comme un joueur d’échecs qui joue contre lui-même ; comme quelqu’un qui rit de ses propres blagues. Comme un gamin qui fait l’amour avec lui-même, de la main droite en ce qui le concerne, il est droitier. Pour jouir, il lui suffit de contempler son image que son égo lui renvoie.

Un député LaRem explique « Maintenant, nous sommes sortis de la zone de danger. Il nous a fait gagner au moins deux semaines, et s’il fallait reconfiner à cause des variants, les Français ne lui en feraient pas le reproche. » Manœuvre ? Ne pas confiner pour mieux reconfiner ? Ah oui ! c'était ça la manœuvre !

« On a trouvé le bon dosage » s’émerveillait un ministre qui aime les chiffres, « Certaines courbes repartent à la baisse » ajoutait-t-il la larme à l’œil.

La semaine dernière Jean Castex expliquait « Nous ferons tout pour éviter un reconfinement ».

Pris dans son élan, il veut rassurer les Français sur le vaccin AstraZéneca ce dimanche 14 mars : « À ce stade, il faut avoir confiance dans ce vaccin et se faire vacciner, je le dis de la façon la plus solennelle, sinon on aura des retards dans la vaccination, les Françaises et Français seront moins protégés et la crise sanitaire durera longtemps ».

Une perle qu’il faut conserver dans son réfrigérateur afin qu’elle garde toute sa fraîcheur le moment venu …qui ne va pas tarder !

Le 11 mars déjà, le ministre de la Santé déclarait « qu’il n’y a pas lieu de suspendre » les injections des doses produites par le laboratoire anglo-suédois.

Le 15 mars, soit 24 heures après la « perle » Jean Castex, 4 jours après la déclaration de son ministre de la Santé, le président de la République suspend les vaccinations AstraZéneca …tous les beaux discours s’écroulent, la stratégie élyséenne est un plantage total, le ridicule double l’arrogance dans les courbes ascendantes de la contamination, c’est une course de côte qui a été lamentablement perdue entre la fin janvier – le Conseil scientifique voulait un reconfinement pour éviter ce qu’il est en train de se passer depuis plus d'un mois – et la mi-mars, 6 petites semaines pour avoir l’air du pays le plus con d’Europe !

Après le refus du confinement vient aujourd’hui le temps du reconfinement, après le « non, plus jamais ! » vient le « oui, bien sûr ! ».

Ils vont durcir le durcissement qui n'a jamais cessé d’être assez dur tout en le rendant « hybride » : comment ne pas avoir l'air d'être paumé, complètement largué, dépassé par les évènements, sans perdre la face ?

Voilà ce qui arrive quand on se croit plus intelligent que les autres.

Voilà ce qui arrive quand on prend tous les autres pour des cons, la communauté scientifique, Delfraissy, le bon sens, vous et moi.

Après les masques, après les tests, après l’« identifier-tracer-isoler », maintenant la vaccination : Macron fait ce que le bon sens populaire appelle un « carton plein », il a tout faux, la France a tout faux depuis le début de cette foutue épidémie.

La variant élyséen est beaucoup plus toxique que la variant anglais, la preuve est faite.

Combien de morts en trop à cause des ces louvoiements, à cause des ces tergiversations, à cause de ces fausses certitudes que les faits battent en brèche tous les jours ?

« Bien que cet endroit dégageât un subtil parfum de vulgarité, on veillait à en exclure rigoureusement le comble du mauvais goût : la mort et l'échec. », Phyllis Dorothy James a raison, Macron a « Un certain goût pour la mort », titre de l'un de ses romans, le comble du mauvais goût en effet, un summum de vulgarité politique.

L’article 68 de la Constitution énonce que « Le président de la République n’est responsable des actes accomplis dans l’exercice de ses fonctions qu’en cas de haute trahison ».

Il est donc pénalement inattaquable.

Mais moralement impardonnable.

Combien de morts sur la conscience vous faut-il encore avant de reconnaître votre incompétence et en tirer les conséquences ?

Il faut partir, monsieur Macron, il faut partir maintenant !

C’est l’heure !

 

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