Ce que je préfère chez Emmanuel Macron…

C’est difficile de choisir une qualité plutôt qu’une autre chez cet homme encore jeune : il a beaucoup de qualités, des qualités très marquées, très typées, dans de nombreux domaines. On y regardant de plus près, même ses défauts sont des qualités, c’est un être décidément très à part. Il ne s’use pas, il se bonifie avec le temps.

C’est difficile de choisir une qualité plutôt qu’une autre chez cet homme encore jeune : il a beaucoup de qualités, des qualités très marquées, très typées, dans de nombreux domaines.

On y regardant de plus près, même ses défauts sont des qualités, c’est un être décidément très à part.

Il ne s’use pas, il se bonifie avec le temps.

Il ne cesse de surprendre, il est là où on ne l'attend pas, il n'est pas là où on l'attend.

À partir d'un physique avantageux de jeune premier, il a su se construire une image de progressiste conservateur, de banquier réformateur éclairé solidaire et d’écologiste rétrograde, opportuniste et néanmoins pragmatique, ce qui n’est pas donné à tout le monde.

Il exerce un pouvoir vertical qui se revendique comme tel en s’appuyant sur les maires des 36 000 communes de France, sur les 250 préfets (sans oublier les 450 sous-préfets) et sur les 13 régions (ou collectivités assimilées à des régions en France métropolitaine) à qui il n’hésite pas à transférer, voire à déléguer tout ou partie partie de ses prérogatives, surtout au moment de crises graves comme celle que nous traversons depuis plus de six mois avec le coronavirus.

Quand tout va bien, il est vertical, quand tout va mal il est horizontal, voire aplati.

Il s’adapte, une autre de ses très nombreuses qualités.

Il surprend la droite sur sa droite, double l’extrême droite sur la droite, il n’a pas son pareil pour brouter la pampa sarkozienne, du moins ce qu’il en reste, une pampa qui forme un biome complexe où se mélangent prairies, savanes, brousses, de Nice à Menton, de Neuilly au 16e arrondissement de Paris, là où poussent les plus gros concombres, les plus grosses légumes.

Il est malin en plus, oh qu’il est malin ! le séparatisme ne passera pas ! attention les musulmans, je vous préviens trop c’est trop !

Il a le sens de l’humour, surtout quand il s’adresse à un jeune chômeur qui cherche du boulot, mais qui tourne ostensiblement le dos à un potentiel employeur sur le trottoir d’en face.

C’est un démocrate républicain qui sait s’entourer de policiers « républicains » qui savent défendre la République, quand elle est menacée par des non-républicains, majoritairement vêtus de jaune, couleur antirépublicaine par excellence.

Quand un policier est dit « républicain », il a le droit, si ce n’est le devoir, « de tout faire ce qu’il veut ».

Sous l'ère macronienne l'usage répété du mot République me fait de plus en plus peur. Mais Macron n'a pas peur, lui ! c'est rassurant.

La cohérence est son fort comme en témoignent ses différentes prises de position contre le masque, pour le masque, contre les tests, pour les tests puis encore contre les tests, il zigzague, car sa pensée est « complexe ». Très complexe au point que les politologues de droite n’arrivent même plus à le suivre, on pense à Roland Cayrol, à Jérôme Jaffré et au très regretté Pascal Perrineau qui a totalement disparu des ondes.

Il n’y a plus qu’Alain Minc pour le suivre…et quand un homme politique est soutenu par Alain Minc, cela veut dire que l’heure est grave, que la fin est proche, Alain Minc, ancien, très ancien conseiller de Sarkozy…

Il ne sait pas où il va, mais il y va avec une telle conviction qu’aucun journaliste n’ose le questionner sérieusement.

Venu de nulle part, il va y retourner.

Il est empêtré dans une gestion définitivement catastrophique de l’actuelle crise sanitaire : immédiatement la presse pourtant progressiste (BFMTV, CNEWS, LCI) nous explique que le président a sévèrement tancé le ministre de la Santé pour nous faire comprendre que ce n’est pas de sa faute si tout se barre en sucette, mais c’est bien la faute de ce jeune médecin neurologue « qui a fait Sciences-po ».

La faute aussi au « deep state », l’État profond, la haute administration dont il est pourtant le pur produit.

Car Emmanuel Macron sait être solidaire de son équipe gouvernementale, il donne l’exemple du chef qui assume tout comme par exemple l’état de déliquescence dans lequel se trouve le système sanitaire français, ce n’est pas lui, c’est Hollande, c’est Sarkozy, mais pas lui, surtout pas lui qui est pourtant au pouvoir depuis huit ans, sous une forme ou sous une autre.

Quand on recrute en juillet 2020 un Premier ministre qui a dézingué l’hôpital public en 2007, Jean Castex pour le nommer, en pleine crise sanitaire cela veut dire quelque chose.

Mais quoi ?

C’est un peu cela Emmanuel Macron, un mystère vide de sens et plein de contradictions.

Venu de nulle part, il va y retourner.

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