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Pendant que les librairies ferment boutique les unes derrière les autres, Amazon recrute près de 100 000 personnes aux États-Unis, augmente les salaires de tous ses employés et menace celles et ceux qui auraient des états d’âme pour venir travailler...grâce au Covid-19, le business de Jeff Bezos bat son plein !

Pendant que les librairies ferment boutique les unes derrière les autres, Amazon recrute près de 100 000 personnes aux États-Unis, augmente les salaires de tous ses employés et menace celles et ceux qui auraient des états d’âme pour venir travailler : un jour d’absence = un jour de salaire en moins.

Après c’est la porte !

Le business bat son plein.

Les librairies devraient avoir le droit de livrer à domicile, pour y parvenir elles pourraient se regrouper comme cela se fait ici ou là, à Paris notamment.

Ou envisager d’ouvrir d’urgence ces petits commerces en imposant aux libraires et à leurs clients les mêmes règles qu’on impose aux hypermarchés et à leurs clients pour acheter du papier Q.

S’il vous plait, un peu de bon sens !

Un peu de décence !

Le Covid-19 est un puissant allier d’Amazon qui profite de la crise pour développer et renforcer son business model avec l’aide d’inconscients qui ne se rendent pas bien compte que cette logique consumériste « en réseau » est en train de tuer un métier essentiel, basé sur l’échange entre le libraire et ses clients, des clients qui deviennent, au fil du temps, des habitués d’abord, des copains et des amis ensuite, je pense à Christelle, ma libraire, qui a fermé boutique depuis samedi soir le 14 mars, vers 20 heures, elle ne travaille pas le lundi…je ne sais pas quand je la reverrai ni si je la reverrai …

« Personne ne se sent en sécurité chez Amazon aujourd’hui en France. Ils ne mettent pas les moyens nécessaires pour sécuriser les travailleurs », affirme un délégué syndical d’Amazon : peu importe la santé des salariés d’Amazon, le principal n’est pas là.

En exhortant les entrepreneurs, les chefs d’entreprises et les salariés à continuer de travailler, Emmanuel Macron donne raison à Jeff Bezos et contribue, indirectement, à son enrichissement au détriment d’un des plus beaux métiers qui soient au monde.

Il ferme les yeux sur les conditions de travail des salariés, sur l’inévitable proximité des uns avec les autres tout en vantant les mérites d'un confinement des plus restrictifs. L'un ne va pas avec l'autre.

Le Covid-19 est global, l’économie est globale, c’est la logique libérale qui poursuit sa course infernale sans se rendre compte des contradictions que ce virus révèle au grand jour.

On a rarement vu autant de gouvernants se contredire à ce point en aussi peu de temps, passant d’une « simple grippe » à une « catastrophe probable ». On serait tenter de dire à ces clowns  d'un théâtre aussi absurde  « bas les masques », mais il n'y en a pas assez ...cette pénurie de masque a quelque chose de pathétique dans une société aussi contrôlée.

Macron est un libéral compulsif, il le restera, quels que soient ses discours de circonstance.

Vive les livres !

Vive les librairies !

Vive Christelle !

 

P.-S. – Il parait qu’il est interdit d’appeler au boycott d’une entreprise. Soit.

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