Nicolas Sarkozy nommé Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la France

Après avoir rejoint le conseil d'administration de la chaîne d'hôtels Accor en 2017 et celui du groupe Barrière en avril dernier, l’ancien président de la République a décidé d’accepter la proposition de son successeur, Emmanuel Macron, il devient Ambassadeur Itinérant Extraordinaire et Plénipotentiaire de la France.

Après avoir rejoint le conseil d'administration de la chaîne d'hôtels Accor en 2017 et celui du groupe Barrière – numéro un des casinos français, Nicolas Sarkozy siège au comité stratégique du groupe dirigé par Dominique Desseigne – en avril dernier, l’ancien président de la République a décidé d’accepter la proposition de son successeur, Emmanuel Macron, il devient Ambassadeur Itinérant Extraordinaire et Plénipotentiaire de la France.

En qualité d’agent diplomatique et eu égard à son prestige d’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy disposera des pleins pouvoirs pour l’accomplissement de sa mission, c’est le sens même d’un diplomate plénipotentiaire.

C’est le summum de la gloire pour un ambassadeur, une sorte de reconnaissance, une nomination exceptionnelle en France, mais assez courante en Biélorussie, au Kazakhstan, au Turkménistan, en Ouzbékistan, en Azerbaïdjan, au Tadjikistan, en Suisse, au Luxembourg et aux Isles Caïman, sans oublier les USA, bien sûr.

Nicolas Sarkozy devra veiller à recentrer la diplomatie française sur un périmètre géopolitique extrêmement sensible, le golfe Persique : les Émirats arabes unis, le Bahreïn, l’Arabie Saoudite, Oman, le Koweït, le Qatar, l’Irak et l’Iran.

Avec plus de 60 % du pétrole mondial, le golfe Persique est la plus grande réserve d'hydrocarbures de la planète et le plus important exportateur avec plus de 30 % du commerce du pétrole.

Faut-il voir dans cette nomination les signes d’une inquiétude présidentielle liée aux caprices des cours du pétrole déstabilisés par les attaques récentes de drones sur des puits de pétrole en Arabie saoudite ?

Une augmentation du prix des carburants à la pompe fait craindre, en effet, un « acte 2 » des gilets jaunes qui répondrait à « l’acte 2 » du quinquennat dont on a du mal à comprendre les sens…

Nicolas Sarkozy est-il chargé « en même temps » de jouer le monsieur « bons offices » entre la France, l’Europe et l’Iran dans un contexte de tensions extrêmes avec les États-Unis de Donald Trump ?

La réponse est évidente : oui !

D’autant plus que les relations personnelles entre Trump et Sarkozy sont excellentes, l’un et l’autre sont des militants féministes de la première heure et des écologistes convaincus, ils vouent à la personne de Greta Thunberg une estime et un respect des plus profonds, ça ne peut pas nuire.

D’après des sources habituellement bien informées (le JDD, Hervé Gattegno) Nicolas Sarkozy aurait demandé à Emmanuel Macron d’élargir sa zone d’influence à la Libye, le président de la République a rejeté sa demande sans commenter sa décision. Contactés par nos soins, ni Jean-Michel Apathie ni Franz-Olivier Giesbert n’ont pu éclairer nos lanternes sur ce point, l’un et l’autre déclarent « ne pas comprendre » les motivations réelles d’Emmanuel Macron, FOG ajoutant même « Sarkozy, ambassadeur plénipotentiaire en Libye, ça aurait de la gueule ! »

L’actuel locataire intérimaire de l’Élysée a autorisé son prédécesseur à continuer d’exercer ses mandats au sein des groupes Accor et Barrière, « l’expérience de Sarkozy dans les casinos est un facteur clef de succès pour réussir les missions que je lui confie dans le golfe Persique »

Souhaitons à Nicolas Sarkozy de réussir dans ses nouvelles fonctions.

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