Le meilleur des mondes

Emmanuel Macron se donne 8 à 10 jours pour « alléger ou renforcer » les mesures de lutte contre l’épidémie de coronavirus et ses nombreux variants, anglais, sud-africain, brésilien ou californien. Et d’autres, encore à venir. Le verbe « alléger » fonctionne comme l’antonyme du verbe « renforcer » quand on parle des mesures sanitaires. Dites-moi si je me trompe !

Emmanuel Macron se donne 8 à 10 jours pour « alléger ou renforcer » les mesures de lutte contre l’épidémie de coronavirus et ses nombreux variants, anglais, sud-africain, brésilien ou californien. Et d’autres, encore à venir.

Le verbe « alléger » fonctionne comme l’antonyme du verbe « renforcer » quand on parle des mesures sanitaires. Dites-moi si je me trompe !

Il est encore « trop tôt pour trancher », fait-il savoir à des parlementaires de sa majorité, il hésite entre deux approches que tout oppose, mais dispose de suffisamment d’éléments pour aller dans un sens ou dans un autre … sous huitaine !

La maison brûle, soit j’appelle les pompiers, soit je laisse la maison se consumer tranquillement, vous le saurez bientôt. À condition de ne pas louper le prochain épisode !

Ces messages que laisse fuiter une presse complaisante s’adressent-t-il à notre intelligence ou à notre incommensurable bêtise ?

Cet homme qui concentre entre ses seules mains tous les pouvoirs que lui confère la constitution de la Ve République, et ses dérives présidentialistes successives, est sur le point de prendre des décisions majeures sans être capable d’identifier ne serait-ce qu’une tendance ?

Soit il ment, car disposant de certains indicateurs il sait déjà de quel côté penche la balance, soit il ne sait pas où il va, mais refuse de l’avouer en s’abritant derrière les prérogatives d’un pouvoir exorbitant, personnel et confiscatoire en termes démocratiques.

Mensonge ou incompétence ?

Manipulation, peut-être ?

Le comité scientifique censé éclairer ses choix tire à hue et à dia, le professeur Delfraissy, son interlocuteur, se contredit après l’avoir contredit, la loi d’urgence sanitaire prolongée jusqu’en juin lui permet de bâillonner la représentation parlementaire : il va bientôt décider du sort des Français, probablement à la fin des vacances scolaires, au plus tard vers le 8 mars, date de reprise pour la zone B.

Ma décision sera juste, mes choix seront pertinents, car je suis président de la République, mon pouvoir est La Vérité, en dehors, point de salut.

Darmanin et Vidal agitent le chiffon rouge de l’islamo-gauchisme pendant que les étudiants crèvent la dalle et meurent d’angoisse, sans job d’appoint pour se nourrir, sans perspectives, sans espoir.

Les vieux, à leur tour, sont menacés de stigmatisation sous la forme d’un « auto-confinement volontaire » d’une rare malhonnêteté intellectuelle, juridique et démocratique.

Les très riches continuent d’amasser dividendes et profits pendant que les pauvres ont, maintenant, une raison objective d’être pauvres, l’épidémie : il va falloir qu’ils se résignent. Enfin !

L’économie ultra libérale profite de la situation pour réajuster ses effectifs et optimiser son organisation, la bourse est euphorique alors que l’économie réelle est à bout de souffle.

Deux choses sautent aux yeux : même si nous ne sommes pas encore complètement entrés dans un régime absolutiste, restons mesurés, ou prudents, la dérive autocratique et liberticide est patente et corrélative du libéralisme triomphant ; deuxièmement, la crise sanitaire est devenue un enjeu politique majeur en vue de la prochaine campagne électorale pour la présidentielle de 2022, Emmanuel Macron tente, par tous les moyens, d’en tirer argument pour assurer sa place, au soir du premier tour, face à Marine Le Pen : ses fausses hésitations sont, ni plus ni moins, une stratégie électoraliste pour primates et rien d’autre.

Le meilleur des mondes n’est pas une dystopie, c’est la réalité d’une pratique politique française héritée du général de Gaulle, caricaturée par Nicolas Sarkozy, outrageusement défigurée par Emmanuel Macron.

« Cela un grand homme ? Je n’aperçois en lui que le comédien de son propre idéal » dit Nietzsche dans Par-delà le bien et le mal.

L’idéal d’Emmanuel Macron est d’être le clown blanc du libéralisme qui porte fièrement le masque lunaire du Pierrot.

Plus clown que comédien.

Ne soyons dupes de rien, malgré les efforts pédagogiques déployés par une presse qui me donne la nausée.

Beurk, beurk, beurk !

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.