Il faut prendre l’argent où il se trouve, c'est-à-dire chez les pauvres…

Les pauvres sont tondus à ras, vidés, pompés du peu de substances que Hollande et Sarkozy ont bien voulu leur laisser. Comment se fait-il que cet homme, Emmanuel Macron, si neuf, si cultivé, si intelligent, si beau, si jeune et tellement perspicace prenne racine chez un humoriste du siècle passé ? Drôle à en pleurer...

Bon, d’accord ils n’ont pas beaucoup d’argent, mais ils sont si nombreux !

Ces propos sont ceux d’Alphonse Allais, journaliste, écrivain, conteur et humoriste français, qui commit quelques articles cinglants dans le journal humoristique hebdomadaire « Le sourire » qui paraissait fin 19e début 20e.

On lui doit des perles comme celle-là : « imbécile : Spécimen sans valeur marchande, le marché en est saturé. »

Ou celle-là « ne nous prenons pas au sérieux, il n'y aura aucun survivant »

Ou encore celle-là « Intégriste : n. M. Individu qui veut piété plus haut que son culte. »

Revenons aux pauvres dont Emmanuel Macron s’occupe avec beaucoup d’enthousiasme depuis un an.

Une véritable obsession chez ce jeune technocrate  à la pensée extrêmement complexe.

À croire que le 8e  Président de la République s’est inspiré de l’auteur de « À se tordre » paru en 1891 et de « L’affaire Blaireau » éditée un peu plus tard, en 1899.

Incontestablement il nous prend pour des imbéciles, surtout ceux qui ont voté pour lui et auxquels on doit ajouter ceux qui ont voté contre Le Pen, une majorité relative, très relative.

Des imbéciles qui ont une valeur marchande, n’en déplaise à Allais, c’est la touche Macron.

Indubitablement il nous assimile à ce Blaireau, braconnier de son état et bricoleur à temps perdu, qui  est arrêté pour un crime qu'il n'a pas commis : nous serons tous arrêtés un jour, nous les pauvres, les sans-grade, accusés de tous les maux, les chômeurs en particulier.

Accusé ou suspecté, la déconsidération est « en marche », le mépris accompagne un malentendu démocratique, Macron fait semblant d’oublier les conditions de son élection.

Le pauvre est un délinquant dont il a besoin pour renflouer les caisses de l’État, c’est un paradoxe qui devrait faire réfléchir les hyper riches, décidément ils ne servent à rien.

Les pauvres sont tondus à ras, vidés, pompés du peu de substances que Hollande et Sarkozy ont bien voulu leur laisser.

Comment se fait-il que cet homme si neuf, si cultivé, si intelligent, si beau, si jeune et tellement perspicace prenne racine chez un humoriste du siècle passé ?

Les APL, les aides sociales, les retraites, le RSA, les contrats aidés, le licenciement, les CDD généralisés, la précarité institutionnalisée,  tout y passe.

Dans un proche avenir la sécurité sociale ne prendra plus en charge à 100 % que les ALD, les affections de longue durée, l’État se déchaussera sur les mutuelles pour toutes les autres maladies.

La qualité des soins dépendra de l'épaisseur du portefeuille, riche vous serez soignés correctement, pauvres vous décéderez plus vite, dans d'atroces douleurs, de toute façon votre misérable vie n’intéresse personne.

Chers pauvres, même s’il est vrai que « l’argent aide à supporter la pauvreté », n’oubliez jamais que « la vie est faite de concessions à perpétuité ».

 

 

 

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