Le gouvernement lance un plan contre les punaises de lit, des ministres tremblent !

En s'attaquant frontalement aux punaises de lit, des hétéroptères, le chef de l’État reprend l'initiative politique dans une ambiance morose et parfois tendue : cette guerre qu'il veut livrer à ces petites bêtes inaugure le « second acte » de son quinquennat, mais un remaniement ministériel d'envergure semble maintenant inévitable...

Les punaises de lit sont des insectes hétéroptères de la famille des Cimicidae qui vivent et se reproduisent sur toute la surface du globe.

En France aussi, à Paris, dans le 8e arrondissement en particulier, quartier du palais de l’Élysée comme chacun sait.

Sachez, en effet, que la punaise de lit n’est pas insensible aux charmes des hommes et des femmes politiques qui nous gouvernent, les lumières des projecteurs, les caméras qui ronronnent, les micros qui se tendent, les applaudissements d’un personnel zélé qui encourage qui un ministre, qui un secrétaire d’État…c’est humain, si j’ose dire.

On en trouve l’été sur la Côte d’Azur, aux Baléares, en Grèce et en Croatie, sensible aux rythmes saccadés des dancefloors, aux sunlights et à la musique de chambre, l’hétéroptère ne connait pas la crise, il fesse-toi.

Comme son nom l’indique, l’hétéroptère est hétérosexuel, mais il n’est pas rare de le voir s’acoquiner avec une personnalité du même sexe que lui. Cela reste exceptionnel, c’est pourquoi les médias en parlent peu.

Il dispose d’un appareil buccal très sophistiqué et particulièrement piégeux (qui cache bien son jeu) de type piqueur-suceur avec quatre membres bien distincts qui ne lui servent qu’à se déplacer furtivement tant il est vrai que la plupart du temps il commet ses méfaits en position horizontale, allongé…allongé, mais pas inactif !

La punaise de lit s’agrippe au cou de sa, de ses cibles, l’emprisonne de ses pattes postérieures (gainées dans certains cas) et assaille de ses baisers brulants l’homme (rarement la femme, on l'a dit) qui a vite fait de se transformer en victime, car la punaise de lit est souvent armée d’un appareil photo miniature ou d’un téléphone qui permet de filmer les scènes les plus intimes, parfois avec la complicité de la victime…à condition, bien sûr, de trouver une victime con-plaisante complaisante particulièrement...spécialement...très conne, appelons un chat un chat, pour rester dans le ton du bestiaire macronien.

Le son s’ajoute à l’image…ce qui permet d'identifier les fautifs, pas d'erreur possible ; d'ailleurs, c'est bien connu, les fautifs sont toujours coupables comme le disait le regretté Francis Blanche.

Parfaitement conscient des risques que prennent certains ministres, conscient également du danger que représente cet animal a priori inoffensif, mais très indépendant, le gouvernement a décidé de livrer une guerre sans merci aux punaises de lit, qu’elles soient brunes ou blondes, dotées, ou pas d’une forte poitrine.

Les mauvaises langues font immédiatement le rapprochement avec Benjamin Griveaux, disons-le tout net, pour une fois les mauvaises langues ont parfaitement raison : l’exemple de l’ancien ministre, ancien porte-parole du gouvernement, ami de qui vous savez fait craindre le pire, à juste titre, au sommet de l’État, une épidémie autrement plus dévastatrice que celle du Covid-19 qui, notons-le au passage, est un virus là aussi, d’origine animale puisqu’on suspecte le pangolin.

Si Benjamin Griveaux s’était affiché aux bras d’un pangolin dans les rues de Paris en pleine campagne municipale, imaginez ce que Rachida Dati aurait dit…ou Anne Hidalgo…malheureusement pour Benji Griveaux la punaise de lit est beaucoup plus discrète…ceci explique pourquoi Édouard Philippe et Emmanuel Macron mettent le paquet contre l’hétéroptère, un animal sournois par nature, sournois parce que tout petit, on lui donnerait le bon dieu sans confession.

C’est toute l’équipe gouvernementale qui aurait pu être décimée en un rien de temps !

On dit qu’Emmanuel Macron, à cause des punaises de lit, aurait le cafard…

Par un mystérieux concours de circonstances, une sorte de tête à queue, oui, de tête à queue, le « second acte » du quinquennat Macron commence donc dans le plumard des Français !

Le président de la République est un touche-à-tout de génie qui sait, le moment venu, prendre de la hauteur.

C’est rassurant !

La prochaine étape est déjà connue : pour l’année 2021, année préélectorale, le président aurait décidé de s’attaquer à un autre fléau, les morpions, ces terribles petits poux qui s’accrochent fébrilement aux racines des poils pubiens provoquant des démangeaisons insupportables d’après Benjamin Griveaux, qui, décidément, accumule les mésaventures zoophiles.

Adepte d'un ultralibéralisme des plus pragmatique, le choix du « morbaque » ne doit rien au hasard puisqu'en effet la punaise de lit et le morpion se tutoient régulièrement et fréquentent les mêmes endroits, souvent au même moment, leur proximité géographique ainsi que leur appétence respective les destinent à agir de façon coordonnée ; Emmanuel Macron fait d'une pierre deux coups, il évite les doublons dit-on en langage technique, un langage un tantinet abscons, c'est vrai. Dit autrement il optimise, il mutualise les moyens, c'est de l'écologie appliquée.

Qu’il nous soit permis, à notre tour, d’élever le débat en paraphrasant ce très cher Gustave Flaubert qui écrivait à Louise Colet : « Mais la société macronienne n’est-elle pas l’infini tissu de toutes ces petitesses, de ces hypocrisies, de ces misères ? L’humanité macronienne pullule ainsi sur le pays comme une sale poignée de morpions sur une vaste motte ».

Désolé, mon Gustave, mais ça me démangeait...

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