Quand l’ironie n'est pas comprise, la connerie avance !

J'explique ici pourquoi j'ai décidé de supprimer mon dernier billet qui traitait de l'espionnage, du Maroc et d’Israël, notamment.

Cet après-midi, j’ai reçu un message provenant du Club Médiapart ainsi rédigé :

« Bonjour,

Votre dernier billet suscite beaucoup d'incompréhension et est perçu comme blessant par beaucoup de personnes. Il semble que le second degré est ici mal compris, et sans doute un peu maladroit. Seriez-vous d'accord pour le retirer ou tout au plus indiquer clairement qu'il s'agit d'ironie ?

Nous attachons un exemple pour illustrer notre propos.

Merci de votre compréhension. »

En effet, un commentateur, sans doute pas ou peu habitué à l’ironie, et qui ne me connait pas, a cru opportun d’alerter Le Club en ces termes :

« Si ça ce n’est pas de la condescendance,voir même du racisme,je ne m’y connais plus ». Je n'ai rien changé à sa prose.

Passons sur les fautes d’orthographe et de typographie, mais ce monsieur se trompe profondément sur le sens de ma démarche qui avait pour objectif, précisément, de dénoncer ce qu’il a manifestement pris pour du premier degré.

En relisant ce que me propose Le Club, je m’arrête sur le fait que j’aurais été « sans doute un peu maladroit », le rédacteur, ou la rédactrice prend des pincettes, car le reste de son texte prouve qu’il, qu’elle a bien compris qu’il s’agissait d’ironie, on parle ici de « second degré ».

Mon impression s'est avérée conforme à ce que Le Club a bien voulu m'expliquer post mortem, je vais y revenir, nous avons échangé quelques mails, en toute courtoisie, je tiens à le préciser.

Apparemment, ce monsieur qui confond premier et second degré n’est pas le seul, il y aurait un troupeau donc ...

Partisan de l’autocritique, je me suis donc replongé dans mon dictionnaire Larousse qui me donne une définition de l’ironie qui me va bien et qui pourrait, peut-être, convenir aussi à ces anonymes qui préfère dénoncer plutôt que dialoguer avec moi via les outils que propose Le Club :

« Ironie : Manière de railler, de se moquer en ne donnant pas aux mots leur valeur réelle ou complète, ou en faisant entendre le contraire de ce que l'on dit ».

Le contraire de ce que l’on dit, nous y sommes !

Au cas où ce monsieur s’entêterait à me lire encore, le pauvre, le verbe entendre n’a rien à voir avec l’audition, avec l’ouïe (à ne pas confondre avec l’Ouie Louis XIV) ni avec l’odorat, entendre ici concerne l’espace censé être occupé par le cerveau, entre les deux oreilles, juste au-dessus, il est ici synonyme de comprendre.

J’espère aussi que ce monsieur a bien compris que je dénonçais les dictatures en citant des pays comme la Hongrie, la Corée du Nord, la Thaïlande, la Birmanie, l’Érythrée, la Biélorussie, le Turkménistan, le Swaziland ou la Guinée équatoriale non, je n'irais pas en vacances chez ces gens-là !

Et que je n’ai aucune rancœur contre la Suisse, la Belgique, le Luxembourg, Andorre et le Vatican.

Je n’ai aucune amertume à l’encontre du Club Médiapart qui connait mon esprit tordu, je manie l’humour comme d’autres la délation, avec insistance, mais avec une nuance tout de même : j’agis à visage découvert. Et je dialogue, je ne dénonce jamais !

« Mon ironie ne s’attaque pas aux opinions, mais aux vices, aux faiblesses inhérentes à la nature humaine. Je désire, non pas offenser, mais faire passer au cœur de mes lecteurs un peu d’humour aimante, de tendresse et de foi dans la bonté » écrivait Mary Ann Evans plus connue sous le nom de George Eliot.

Je m’approprie cette citation, j’ajoute que la lutte contre la connerie est toujours d’actualité, d'une actualité brulante, ce sont bien les vices et les faiblesses inhérentes à la nature humaine que je pourchasse de mes sarcasmes et de mon ironie.

Merci sincèrement au Club d'exister et de m’avoir laissé le choix entre supprimer mon billet ou expliquer que je maniais l’ironie avec plus ou moins de bonheur : j’ai choisi de supprimer le billet, car la connerie, par définition, est irrémédiablement sourde à toute rhétorique.

A bientôt mes amis, pour les dernières nouvelles du front de la connerie, le combat continu, vous le voyez bien !

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.