Donc, Dieu est un con.

D’après la Bible – La Genèse – Dieu créa le monde en sept jours seulement sachant, toutefois, qu’il avait chômé, le fainéant, le septième jour, les spécialistes s’interrogent donc : Gérald Darmanin aurait-il été créé pendant un de ces jours chômés, quand rien d’important ne se passe, quand la ville dort ?

D’après la Bible – La Genèse – Dieu créa le monde en sept jours seulement sachant, toutefois, qu’il avait chômé, le fainéant, le septième jour, les spécialistes s’interrogent donc : Gérald Darmanin aurait-il été créé pendant un de ces jours chômés, quand rien d’important ne se passe, quand la ville dort ?

Il serait né à l’intérieur d’un angle mort, alors ?

Ou un autre jour ? Bon, d’accord, mais quand ?

Pas le premier jour quand Dieu créa la lumière ! Non ! Pas Darmanin, pas la lumière ! Pas lui !

Le 5e jour, peut-être : Dieu dit « Que les eaux grouillent d’un grouillement d’êtres vivants et que des oiseaux volent au-dessus de la terre contre le firmament du ciel » il en fût ainsi…la création du règne animal avait commencé ! Darmanin vient-il de là ?

Ou le 6e jour : Dieu dit « Faisons l’homme à notre image, comme notre ressemblance, et qu’ils dominent sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toutes les bêtes sauvages et toutes les bestioles qui rampent sur la terre » …Il créa les animaux domestiques et les reptiles, l’homme et la femme à partir de la terre glaise. Darmanin, un reptile ? Un vulgaire bestiau ? Sommes-nous assimilés à ces « bestioles » rampantes ? Triste présage, terrible prophétie…tu parles d’un troupeau !

Gérald Darmanin est le nouveau Messieen araméen meshi'ha משיחא, en arabe masih المسيح – il a le pouvoir immense de tout commencer ! De tout recommencer, le cas échéant, quand rien n’a correctement fonctionné…c'est-à-dire quand tout a lamentablement merdé, pour parler clair, ce qui semble bien être le cas en ce triste mois d’octobre 2020, voilà plus de neuf cents ans que l’histoire balbutie, avec les mêmes rengaines…

En 72 heures à peine, le ministre de l’Intérieur a décidé d’expulser près de 231 terroristes potentiels, de dissoudre des associations musulmanes ou islamistes, on ne sait plus, de fermer la grande mosquée de Pantin, de désavouer publiquement le président et le rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité, Jean-Louis Bianco et Nicolas Cadène et enfin de surveiller d’encore un peu plus près les réseaux sociaux avec un leitmotiv censé rassurer la population française : la peur va changer de camp !

Darmanin serait-il notre Sauveur ?

Assurément puisqu'il promet de chasser le musulman jusque dans les rayons de cuisine communautaire des supermarchés !

Gare à tous ceux qui aiment le couscous, planquez vos merguez et vos griwech !

Fichtre, fichtre !

Pendant ce temps-là, on ne parle plus de la bérézina sanitaire gouvernementale qui est en train de s’aggraver dangereusement. Ni du reste.

La mort comme argument de propagande. L’émotion et la peur comme carburant.

En mars 1986 déjà, Charles Pasqua, alors ministre de l’Intérieur, déclarait « Nous allons terroriser les terroristes ! » avec le succès que l’on connait. Un peu plus tard, en 1987, il ajoutait « La démocratie s’arrête là où commence la raison d’État. ». Des mots de réconfort dont on a tellement besoin, encore aujourd’hui, surtout aujourd'hui en pleine période de couvre-feu !

On peut remonter encore plus loin.

« Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens » écrit Arnaud Amaury (1160-1225), ci-devant abbé de Cîteaux, légat du pape Innocent III et chef spirituel de la croisade contre les Albigeois, chargé de ramener les cathares à la vraie foi : un précurseur, que dis-je un précurseur, un des maîtres à penser de notre sémillant ministre sarkoziste chargé par Saint Emmanuel de ramener l’ordre.

Saint Emmanuel à qui on pourrait prêter ces propos tenus par Urban II (à ne pas confondre avec Turban II, influenceur sur le déclin, star du petit écran chez Hanouna et ami intime de Brigitte M), le 159e pape de l’Église catholique : « Ils deviendront des soldats, ceux qui, jusqu’à ce jour, furent des brigands ; ils combattront légitimement contre les barbares, ceux qui se battaient contre leurs frères et leurs cousins ; et ils mériteront la récompense éternelle, ceux qui se louaient comme mercenaires pour un peu d’argent. »

En effet, Macron avait demandé aux Français d’être vigilant, en état d’alerte permanent après l’attentat terroriste d’un fonctionnaire de police à la Préfecture de police de Paris, le 3 octobre 2019, attentat au couteau qui avait fait quatre morts (trois policiers et un agent administratif) et deux blessés parmi les employés de l'administration.

Si par malheur un autre mort s’ajoutait à la liste déjà beaucoup trop longue des victimes, on entendra les mêmes mots, prononcés avec les mêmes intonations…

« Dieu le veut ! » était le cri de guerre et de ralliement des premiers croisés, il y a un peu plus de neuf cents ans ans, nous y sommes encore…il suffit de remplacer « Dieu » par « République » que Macron croit incarner et « religion » par « politique », une cause en vaut une autre, après tout, un opium en chasse un autre…

On notera au passage que la loi de 1905 concernant la séparation des Églises et de l'État a fait l'impasse sur la connerie, on le paye très cher.

Ces gens-là, les politiciens, n’ont aucune conviction, ils font semblant d’en avoir, mais ils ne doutent jamais, ils n’ont aucune pudeur, aucune espèce de dignité, aucun recul, le seul objectif qu’ils se fixent est de profiter de l’émotion suscitée par la mort tragique de Samuel Paty pour continuer leur parcours politique chaotique, ils surfent sur l’émotion.

La précipitation hyper médiatisée de Macron et de Darmanin n’a d’égale que leur ambition personnelle, démesurée, voyante, criante, hallucinante, le tout orchestré par une presse pitoyable qui court après l'audience à grand renfort de bassesses, c'est à dire en manipulant les bons sentiments, des médias qui servent la soupe.

Cela confine à l’irrespect concernant les victimes et les familles des victimes parce qu’à les croire on serait tenté de leur reprocher de ne pas avoir pris de telles mesures supposées efficaces (elles ne le seront pas) bien avant la mort tragique de ce professeur d’histoire, cela aurait pu sauver des vies, la sienne pour commencer …cette pathétique contradiction fonctionne comme un piège rhétorique qu’ils se tendent à eux-mêmes, ces camelots, ces vendeurs à la sauvette de la République !

Et ils n’en ont pas honte !

Ils osent !

C'est pourquoi je crois malheureusement, tristement, que Samuel Paty est un pion parmi d’autres, une quantité négligeable utilisée, manipulée, l’espace d’un direct sur CNEWS, au service d’une ambition politicienne qui prend l’eau depuis huit mois de coronavirus, depuis trois ans d’impéritie gouvernementale, un fiasco total, tout est à jeter.

Voilà plus de vingt ans que je redoute plus que tout que la dictature des émotions débouche sur le Grand Amalgame qui va désigner l’Arabe comme le gibier à abattre, on tire dans le tas en espérant en éliminer un ou deux, au hasard…« Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ».

Sans nuance, aveuglément. Stupidement.

Nous y sommes.

Il n’est pas question, ici, de nier l’immense complexité du problème que pose l’islam radicalisé ou le salafisme djihadiste, c’est bien cette complexité qui nous impose de garder notre sang-froid au risque de faire basculer dans le rang des terroristes des musulmans qui n’en font pas partie, qui s'y opposent parfois au prix de leur vie, l’enjeu est là, on parle tout de même d’une communauté qui compte 5, 6 ou 7 millions d’âmes, la seconde religion en France.

C'est, ni plus ni moins, l’objectif stratégique de ces terroristes, les faire basculer dans leur camp, leur donner des arguments est proprement criminel. Prenons date.

Pour survivre, les dictatures ont besoin de sang et de larmes, c’est le propre de la connerie au pouvoir, on ne gouverne pas par l'émotion, toujours très mauvaise conseillère.

Puisque Dieu créa Darmanin, donnons à Pierre Desproges le soin de conclure : « Donc, Dieu est un con ». 

 

Repose en paix, Samuel, ils sont tous devenus fous, mais tu n’y es pour rien, mon ami, c’est une longue Histoire …

 

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