Après les masques, la France doit maintenant faire face à une pénurie de coudes !

Le sort continue de s’acharner, les gestes barrières qui devaient faire obstacle à la propagation de l’épidémie sont de plus en plus limités, de moins en moins efficaces. Rien à voir avec la soi-disant indiscipline latine. Nous faisons face à une pénurie de coudes !

Le sort continue de s’acharner, les gestes barrières qui devaient faire obstacle à la propagation de l’épidémie sont de plus en plus limités, de moins en moins efficaces.

Rien à voir avec la soi-disant indiscipline latine.

Nous faisons face à une pénurie de coudes !

C’est factuel. Et tragique.

Le coude est l’articulation du membre supérieur située entre le bras et l’avant-bras, c’est l’un des éléments clefs de la lutte contre le coronavirus, la partie du corps considérée comme étant anatomiquement stratégique par Emmanuel Macron et son collège de scientifiques pour stocker temporairement le virus dans la fosse cubitale vulgairement, très vulgairement, appelée le « pli du coude ».

De vous à moi, un collège de scientifiques hautement qualifiés, agrégés de ceci et de cela, professeurs ici où là, chefs de service un peu partout, un aréopage de savants dirigé par un ancien très bon élève de l’ENA qui nous pondent des recommandations du genre « Il faut se laver les mains, se moucher avant de dire bonjour à la dame… » c’est magnifique quand on y pense. Si on y pense…car notre cerveau est pris en otage par les médias qui n’ont jamais fait autant d’audiences, le drame et la mort se vendent toujours très bien grâce à un décompte morbide qui entretient un suspens sans fin.

Ne nous égarons pas, revenons à nos coudes, le centre névralgique de la santé publique en France.

Éternuer ou tousser dans sa fosse cubitale était à la portée de tous les Français normalement constitués, rien de plus facile en effet que de lever le coude, les occasions ne manquent pas : baptêmes, brevet des collèges, bac, diplômes, mariages, naissances, divorces, enterrements, pots de départs à la retraite, licenciements abusifs, fin de droit chômage, manifestations, salut républicain aux forces de l’ordre accompagné d’un relèvement bref, mais déterminé du majeur, décès d’une belle-mère acariâtre et envahissante mais riche, héritages…le coude est bien la partie du corps la plus sollicitée dans l’hexagone.

Sans le coude la France pourrait faire faillite.

C’est la raison pour laquelle le comité scientifique placé sous la hulotte houlette du président de la République a mis le coude au centre du dispositif de lutte contre le Covid-19, il n’y a pas de hasard, je modère mes critiques.

Après des décisions contradictoires, sans dépistage systématique, sans confinement sélectif, sans masque et maintenant sans coude, la France va bientôt dépasser l’Italie et son terrible bilan : que faire ?

Voler le coude de son voisin ?

Stocker des coudes comme d’autres stockent du papier Q ?

Demander gentiment à des inconnus de bien vouloir partager leurs coudes l’espace d’une quinte de toux, d’un éternuement ?

Attendre patiemment de croiser quelqu’un au supermarché, au rayon charcuterie, pour lui vomir discrètement dans sa fosse cubitale ?

Emprunter, louer des coudes, faire du troc « En échange de ton coude, je te prête ma grand-mère », « Si tu me donnes ton coude une heure par jour, je dirais du bien de toi en me promenant tout seul dans ma rue » ?

Le pire est à craindre, des agressions, des meurtres, des rapts avec séquestrations de coudes et demandes de rançons…

Ainsi va la nature humaine en période de crise.

Emmanuel Macron est en même temps cynique et réaliste, il aurait pu faire appel à l’intelligence de ses contemporains, mais non, il a choisi leurs coudes !

Ce choix est dicté par un tragique constat anatomo-pathologique ET mécanique : chez ses électeurs, comme chez ses partisans d’ailleurs, deux coudes valent plusieurs cerveaux (six dit-on dans les milieux scientifiques bien informés, toujours les mêmes), il n’avait pas d’autres solutions.

« Son statut de gérant de kiosque l'avait propulsé du côté des commerçants et des petits patrons, plus tout à fait au coude à coude avec les damnés de la terre, ce qui le contrariait un peu ».

Une contrariété très passagère, cher Jean Rouaud, un gérant de kiosque de son acabit n’a pas d’état d’âme.

 

P.-S. – Je recommande le tuto humoristique, mais instructif de Philippe Croizon, admirable athlète malheureusement amputé des bras et des jambes qui nous montre comment se laver les mains…bravo monsieur !

 #RestezChezVousBordel #confinementjour2

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