Impéritie. Imprévoyance. Incompétence. Inaptitude. Impuissance. Déficience. Carence. Défaut. Anomalie. Incapacité. Imprudence. Manque. Erreur. Faute. Échec. Hypocrisie.
Bilan : 562 morts au 21 mars 2020.
Sarkozy, Hollande et Macron, trois présidences, la même obsession, un seul mot d’ordre : limiter au maximum les dépenses de santé, imposer aux hôpitaux, aux médecins, aux infirmiers et aux ambulanciers une cure d’amaigrissement économique drastique. Jusqu’à la paralysie.
Bilan : 562 morts au 21 mars 2020.
Des alertes, des grèves, des manifestations, des luttes des personnels médicaux qui réclament, en vain, des moyens supplémentaires et de meilleures conditions de travail pour avoir le droit d’exercer dignement et efficacement leur métier. Personne ne les entend.
Bilan : 562 morts au 21 mars 2020.
Par manque d’anticipation, les instances étatiques en viennent à imposer à la population un confinement d’un autre âge, la modernité macronienne en la matière s’inspire des solutions radicales employées au XVIIe pendant l’épidémie de peste noire, la peste bubonique ; en tournant le dos aux promesses d’Hippocrate, car il va falloir trier ceux qui auront le droit de vivre et ceux qu’on laissera mourir…un choix de Sophie imposé à un personnel qui se bat pour sauver des vies, nos vies !
Bilan : 562 morts au 21 mars 2020.
Ce bilan va tragiquement s’alourdir, c’est évident.
La question qui est posée ici est de s’interroger sur les morts que nous aurions pu éviter si notre système de santé avait été géré autrement qu'en appliquant des règles purement comptables, Macron n'est évidemment pas à l'origine de l'épidémie qui nous frappe. Pour autant, n'oublions pas que ses premières réformes portaient sur l'ISF, sur la suppression de l’« exit tax », sur l’instauration d’une « flat tax » sur les revenus du capital, sur la baisse de impôts sur les sociétés.
Est-il seulement concevable dans un régime qui se dit démocratique que les politiques qui nous gouvernent échappent à ce point à leur devoir (d’anticipation) et à leur sens des responsabilités ? Alors même que tous les voyants étaient au rouge depuis plus de dix ans ?
Que vaudrait un pouvoir qui s’affranchirait de toute espèce de responsabilité en matière de santé publique, notamment.
L’appel à l’union sacrée lancé par Emmanuel Macron est un aveu d’impuissance, la dramatisation progressive de ses interventions est un trompe-l’œil.
Le respect des règles du confinement ne nous empêchera de demander, le moment venu, des comptes à tous ces petits comptables libéraux pour qui la santé n’est pas, n’est plus la priorité.
Dans ce contexte dramatique, la référence au CNR et à la création de la sécurité sociale en octobre 1945 est une pirouette insupportable, une insulte du présent faite à l'histoire.
Prenons date !
Voici un petit texte rédigé par Michel Foucault dans les années 70 au sujet de la peste à Marseille en 1720-1722 :
« Cet espace clos, découpé, surveillé en tous ses points, où les individus sont insérés en une place fixe, où les moindres mouvements sont contrôlés, où tous les évènements sont enregistrés, où un travail ininterrompu d’écriture relie le centre et la périphérie, où le pouvoir s’exerce sans partage, selon une figure hiérarchique continue, où chaque individu est constamment repéré, examiné et distribué entre les vivants, les malades et les morts - tout cela constitue un modèle compact du dispositif disciplinaire. (…) La ville pestiférée, toute traversée de hiérarchie, de surveillance, de regard, d’écriture, la ville immobilisée dans le fonctionnement d’un pouvoir extensif qui porte de façon distincte sur tous les corps individuels - c’est l’utopie de la cité parfaitement gouvernée. La peste (celle du moins qui reste à l’état de prévision), c’est l’épreuve au cours de laquelle on peut définir idéalement l’exercice du pouvoir disciplinaire. Pour faire fonctionner selon la pure théorie les droits et les lois, les juristes se mettaient imaginairement dans l’état de nature ; pour voir fonctionner les disciplines parfaites, les gouvernants rêvaient de l’état de peste. »
À méditer…