Je Calais, tu Calais, nous coulons.

Ce lundi 24 octobre 2016 je suis migrant. Pour longtemps...

 

« Il n’est pas de plaisir plus doux que de surprendre un homme en lui donnant plus qu’il n’espère. »

 

Lundi 24 octobre 2016, une date à retenir…

Le démantèlement de Calais.

La « jungle » si on en croit la presse et une bonne partie des acteurs politiques jamais en reste quand il s’agit de s’appuyer sur une image forte et qui fait peur.

Les femmes et les enfants d’un côté.

Les hommes valides de l’autre.

Les vieux et les malades au milieu.

Que de souvenirs !

« Démantèlement » : action de détruire, synonyme d’abattre, de démolir, on démantèle un réseau de trafiquants ou de fausse monnaie, on démantèle un gang.

« Démantèlement », « jungle », des mots d’une extrême cruauté, une régression inimaginable en termes de droits humains.

Une tragédie.

Coincés entre des Britanniques récalcitrants et cyniques et des Français désespérés qui tournent le dos à leur histoire et à leurs racines, les migrants attendent l’arrivée des bulldozers, des pelles mécaniques, des éboueurs et des 150 bus qui vont les « répartir » un peu partout sur le territoire national.

Le regroupement familial est contesté, heureusement que les salopards – de droite – qui veulent revenir sur ce droit fondamental ne sont pas encore passés mais c’est dans l’air du temps…ça viendra, Sarkozy le promet.

Autre régression, pas des moindres.

Aujourd’hui j’ai honte d’être Français.

 

« Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe ? Au fond de l’inconnu pour trouver du nouveau ».

 

Je commence par Baudelaire mais je termine par lui car après il n’y a plus rien.

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