Monsanto nos voleurs.

Pendant qu'à Paris les oiseaux toussent plus qu'ils ne chantent, dans les campagnes les abeilles meurent : après l'extinction de voix, l'extinction des espèces.

Une entreprise américaine pas comme les autres spécialisée dans les biotechnologies agricoles.

Si on devait résumer en quelques maux les désastres écologiques sur terre et dans les eaux claires de nos nappes phréatiques, de nos fleuves et de nos rivières il suffirait de prendre le catalogue de Monsanto et d’énumérer un à un tous les produits fabriqués et commercialisés par la firme nord-américaine, des produits extrêmement toxiques tel que le Roundup, un herbicide ultra puissant à base de glyphosate, un brevet Monsanto tombé dans le domaine public après des milliards de dollars de profits.

Un herbicide dit « total » qui flingue tout ce qui pousse mais pas seulement car il y a plus grave encore : les produits à base de glyphosate seraient responsables de la disparition d’insectes pollinisateurs, abeilles sauvages et domestiques, guêpes, bourdons, mouches – les syrphes – papillons, xylocopes et autres coléoptères.

Ces petits messagers de la vie sont en voie d’extinction principalement à cause de cette entreprise dont le pouvoir de lobbying est à la mesure de ses enjeux financiers, colossal, au point que Nicolas Hulot se compromet dans des deals honteux autant qu’inappropriés, en tout cas totalement anachroniques et parfaitement suicidaires.

Monsanto vient d’ajouter une autre victime à son palmarès, notre sémillant ministre de l’environnement qui aurait mieux fait de continuer à engranger ses dividendes Ushuaïa.

L’urbanisation galopante, les cultures intensives, les monocultures, l’utilisation systématique, répétée et conjuguée de pesticides et d’herbicides sont en train de flinguer la biodiversité, c'est-à-dire la diversité de la vie sur terre faite des écosystèmes d’une multitude d’espèces et de gènes dans une dimension espace-temps avec de nombreuses et très complexes interactions entre eux, des liens d’interdépendances sans lesquels la vie sur terre, animale et végétale notamment, serait impossible, deviendra impossible.

Briseur de liens, briseur de chaîne, briseur de vie.

Monsanto est en train de nous voler nos vies, on appelle cela un écocide, beaucoup plus sournois et nettement plus efficace qu’un ethnocide car la menace concerne la planète toute entière.

Monsanto est le leader mondial des semences génétiquement modifiées, on se souvient du champ de maïs de type OGM que l’ami José Bové avait tenté de faucher avec huit de ses camarades en 2008 ce qui lui avait valu une condamnation.

Combien de procès gagnés par cette entreprise contre des agriculteurs accusés d’avoir utilisés clandestinement leurs produits ?

Le maïs transgénique a une capacité extraordinaire (au sens propre du terme) à s’étendre spontanément aux champs qui l’entoure.

Le vent devient l’ennemi de l’agriculteur traditionnel et néanmoins honnête, il paiera une amende pour « utilisation frauduleuse » des produits Monsanto.

Un comble !

Et si Monsanto était devenu le symbole de ce capitalisme fou qu’on appelle le libéralisme ?

Le vent souffle de plus en plus fort dans cette direction.

Malheureusement.

Monsanto nos voleurs.

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