Selon une étude récente très sérieuse parue dans la revue Ecology, des poulpes ont été pris en flagrant délit d’agression sur des poissons qu’ils frappaient apparemment sans raison.
Dès lors, il devenait possible de parler de « violences gratuites » chez les céphalopodes, de nombreuses vidéos en attestent dans lesquelles on voit des poulpes utiliser leurs tentacules pour gifler, baffer ou assommer des poissons.
Mais ces scènes d’agressions surviennent dans un contexte particulier, la chasse : il n’est pas rare de voir un poulpe assommer un poisson pour attirer un autre poisson, plus gros, un prédateur qu’il enlace mortellement de ses tentacules au moment même où le prédateur veut croquer le pauvre poisson étourdi, assommé par le céphalopode sans scrupule. Et sans casque, nous y reviendrons.
Ce mode de collaboration (involontaire) entre poulpes et poissons a quelque chose de révoltant pour tous ceux qui, comme moi, pensent que la violence est l’arme de prédilection des lâches et des imbéciles par excellence et repose sur une utilisation abusive de la force.
La réalité subaquatique nous réserve une bien désagréable surprise en vérité : certaines vidéos montrent que des poulpes frappent au hasard les poissons … sans aucune raison … par pur plaisir, par réflexe, par habitude.
Violences gratuites, agressions injustifiées, abus de pouvoir, chasse, victimes collatérales, vidéos, donc caméras…il n’en fallait pas plus aux experts portugais auteurs de cette étude pour se délocaliser en France, à Paris précisément afin de poursuivre leurs investigations selon une approche qu’ils qualifient eux-mêmes de « zoomorphisme appliqué », le zoomorphisme est l’antonyme d’anthropomorphisme, comme chacun sait.
En effet, nous avons beaucoup à apprendre du monde animal, l’homme descend du singe, c’est bien connu ; dans certains cas extrêmes, il remonte à la source de ses origines animales selon un très subtil mécanisme de régression génétique accélérée. C’est du darwinisme régressif.
C’est ainsi que pour nos amis lusitaniens, le poulpe – et par extension tous les céphalopodes – serait en quelque sorte l’ancêtre de nos policiers français chargés d’encadrer et de réprimer les manifestations, hypothèse hardie, on en conviendra, mais pas complètement injustifiée ; les blacks blocs joueraient le rôle de ces pauvres poissons que les poulpes agressent, ce qui permettraient aux policiers-céphalopodes de matraquer indifféremment tout ce qui se présente devant eux, à portée de matraques ou de LBD …comme des appâts ! Autrement dit un prétexte.
La hardiesse du propos n’est pas incompatible avec la réalité observée sur le terrain ces trois dernières années, à Paris notamment. Encore récemment.
De là à parler de collaboration entre les policiers français et les blacks blocs il n’y a qu’un coup de tentacule – ou de bec – à donner, mais n’allons pas trop vite en besogne, laissons la science travailler. Pour autant l’hypothèse d’une collaboration involontaire entre policiers et blacks blocs n’est pas complètement dénuée de sens, le mot « involontaire » a son importance. Certains n’hésitent pas à parler de manipulations, d’autres de provocations.
C’est dans ce contexte très particulier que les Portugais ont approché la préfecture de police de Paris qu’ils ont rebaptisé pour la circonstance « L’Aquarium ».
Le préfet Didier Lallement est surnommé la seiche bigleuse, Gérald Darmanin, quant à lui, hérite du sobriquet de calmar frétillant.
Les Céphalopodes sont apparus au Cambrien, il y a environ 500 millions d'années et forment la classe des mollusques. Jusque-là, rien de vraiment incompatible avec nos amis de la BAC.
Ils possèdent des tentacules à ventouses directement reliées à leur tête. Là encore on peut comprendre le rapprochement. Même intuitivement, on comprend.
Leur anatomie se caractérise par des yeux évolués, parfois avinés, souvent globuleux, voire inexpressifs, un bec chitineux1, voire chicaneur, et des tentacules à propos desquelles nous resterons discrets par pudeur et par respect pour leurs nombreuses victimes.
Mais le plus étonnant est que ces animaux (nous parlons des céphalopodes, NDLR) sont reconnus pour leur intelligence (nous parlons toujours des céphalopodes, NDLR), on a même vu une pieuvre en train d’ouvrir un bocal pour se protéger, ou se cacher dans une noix de coco pour éviter ses prédateurs naturels. Bocal ou noix de coco que les Portugais ont appelés pour l’occasion, je cite, « L’IGPN », c’est dire s’ils poussent loin leurs analyses, ils ont pensé à tout, dans le moindre détail, l’analogie est totale. Peut-être trop…nous allons y venir.
La question à laquelle les scientifiques doivent répondre : si, comme les Portugais ont l’air de le prétendre, les policiers français descendent bien directement – c.-à-d. sans transition – des céphalopodes, comment expliquer alors leur aversion atavique pour l’eau, leur milieu naturel, qu’elle soit claire, plate ou pétillante, chaude ou froide, sucrée ou salée ? Les plus évolués de nos policiers mélangeraient l'eau avec du Ricard, dit-on, une boisson anisée très en vogue dans les casernes et autres commissariats.
Qu’il me soit permis de contribuer, même modestement, à cette étude : le fait que les céphalopodes soient réputés « intelligents » pose questions et doit absolument être pris en compte, c’est une donnée fondamentale qui doit nous interroger au regard de l’évolution de l’espèce policière sur ces trois dernières années. Cela est apparemment contradictoire, nous serions en droit d'être circonspects, attendons les conclusions de l'étude.
Que dit la génétique animale à ce propos ?
Je me suis laissé dire que la plupart des policiers français auraient un chromosome 22…
Bonnes fêtes, joyeux Noël à vous tous.
1 : Bec chitineux, c.-à-d. composé de chitine « substance dure, solide et imperméable qui recouvre le corps des arthropodes » d’après Le Larousse qu’on ne peut pas suspecter de parti pris.
Pour celles et ceux qui voudraient poursuivre ou simplement découvrir la revue Ecology : https://esajournals.onlinelibrary.wiley.com/journal/19399170