Maître Puntila et son valet Macron

Bertolt Brecht est mort à 58 ans, en 1956, et pourtant on a l'impression que sa pièce de théâtre intitulée 'Maître Puntila et son valet Matti' écrite en 1940 parle de nous, de Macron, de la France...

Pour ceux qui l’ignoreraient encore la pièce de théâtre écrite par Bertolt Brecht met en scène un riche propriétaire terrien finlandais, Puntila, et un valet, sa première victime, Matti Altonen.

Une magnifique illustration de la lutte des classes compliquée par des caractères et des comportements qui, au lieu de brouiller les cartes renforcent tout au contraire le scénario politique en sublimant la dimension relationnelle entre le maître et l’esclave.

Rien de manichéen malgré une opposition qui aurait pu céder à la caricature.

La complexité n’empêche pas la clarté.

Lorsque Puntila boit les valets trinquent…pire encore : plus le maître s’alcoolise et plus il est dangereux car il devient doux, amène, généreux, ses promesses n’engagent que ceux qui y croient, il y en a, beaucoup trop…

La manipulation est un art qui se consomme sans modération, foi de Puntila !

Matti préfère l’autre Puntila, celui qui est à jeun, l’homme froid et calculateur, odieux, autoritaire, insupportable d’arrogance et de prétentions, au moins ses amis valets ne risquent pas de se laisser abuser par ce dominant alcoolisé et acariâtre.

L’allégorie fonctionne à merveille en ce début de dernier trimestre 2017.

Remplacez « Puntila » par « libéralisme » et « Matti » par « Macron » car en effet le 8e Président de la république est l’esclave du capitalisme financier dont Gattaz est le porte-parole, un Gattaz qui supplie Macron de ne rien céder à propos de la réforme du droit du travail.

"Ne rien lâcher" c'est-à-dire dépouiller les syndicats de leur pouvoir d’influence (entendez de leur pouvoir de nuisance), imposer de la flexibilité partout, diminuer voire supprimer les indemnités de licenciement, transformer, saucissonner les CDI en plusieurs CDD longs… un boulevard pour le capitalisme financier qui cherchait un moyen simple d’augmenter rapidement et significativement ses dividendes.

Gattaz attend de prendre connaissance des ordonnances du bon docteur Macron, confortablement installé dans son Chesterfield, à l’abri des regards indiscrets, à deux doigts de transformer sa promesse d’achat pour une propriété viticole dans le Lubéron valorisée à plus de 11 millions d’euros, un château avec plus de 2000 m² de surface habitable. Gattaz est Puntila, il ose tout car le libéralisme est dépouillé de toute forme de pudeur, il avance la fleur au fusils, la b…à l’air.

Tandis que Puntila s’alcoolise, le libéralisme se shoote aux dividendes, il en veut toujours plus.

Grâce à Macron il faudra bientôt se réjouir de travailler 2 jours ici, un jour là pour un tarif horaire misérable au sens propre du terme.

« Quand le peuple sera intelligent, alors seulement le peuple sera souverain »

Comme Victor Hugo je pense que la connerie est l’adversaire le plus difficile et le plus sournois à combattre.

Unissons-nous pour la combattre sous toutes ses formes.

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