APPEL À MOBILISATION GÉNÉRALE

Doctrinaires d'une dérégulation brutale et inconséquente des marchés, les dirigeants du G20 propulsent le monde vers un chaos global. La société civile a le devoir de s'organiser en un contre-pouvoir influent pour éviter le pire et imposer dans les urnes un changement de cap équitable et durable du plan local au plan mondial.

VINGT ANS D'ALERTES RESTÉES SANS EFFETS

Crises financières, guerres pour l'énergie, pour l'eau et les matières premières, esclavage au travail, inégalités explosives, environnement dévasté... Le monde connaît aujourd'hui un cycle de crises protéiformes. Pourtant, tout au long des deux dernières décennies, des journalistes, des économistes, des financiers et dirigeants d'entreprise, tous protagonistes de l'économie de marché, ont alerté sur les effets pervers d'un système mondial excessivement dérégulé qui privilégie les profits à court terme au détriment des droits humains, de l'environnement et de l'intérêt général. Autant d'alertes adressées aux responsables politiques restées sans effet.

Il y a 23 ans, Jacques Vallon, journaliste au magazine économique français “Challenges” écrivait “Loin de contribuer à l'ordre mondial, la guerre économique planétaire ouvre les vannes de l'instabilité qui lui est inhérente au risque de nous placer aux portes de la tragédie” (Publié en 1992). Philippe Lefournier, directeur des recherches économiques au magazine “L'Expansion”, exprimait l'année suivante ses propres craintes. “L'occident ne pourra coexister longtemps avec un tiers-monde maintenu dans la pauvreté. Elle enfante le désespoir et le fanatisme (...) Quantité de heurts, y compris militaires, peuvent s'ensuivre dans une ère damocléenne qui est désormais la nôtre”. D'autres alertes avaient été lancées par Klaus Schwab, président du World Economic Forum de Davos en 1998. “La mondialisation est entrée dans une phase très critique. Le retour de bâton se fait de plus en plus sentir. On peut craindre qu'il ait un impact fort néfaste sur la vie économique et la stabilité politique de nombreux pays”. Critiquant à son tour les dérives de cette mondialisation, l'américaine Rosabeth Moss-Kanter, directrice de la Harvard Business Review, déclara au cours du même forum “Il faut que les collectivités locales, les villes et les régions bénéficient de la mondialisation. Sinon nous assisterons à des mouvements sociaux comme nous n'en avons jamais vu depuis la seconde guerre mondiale.” Parmi les grands patrons d'industrie, Percy Barvenik, président d'ABB (Asea Brown Boveri) avait exprimé ses craintes à cette occasion. “Si les entreprises ne relèvent pas le défi de la pauvreté et du chômage, les tensions vont s'accroître entre les possédants et les démunis, et il y aura une augmentation considérable du terrorisme et de la violence”. Au sein du patronat français, un courant incarné par le Centre des Jeunes Dirigeants appela à “une autre mondialisation” dans l'ouvrage “L'entreprise au XXIème siècle”. Le CJD s'opposait au fait de “laisser faire le marché et ne développer d'autre projet que la lutte pour la suprématie économique et financière.”  Parmi les grands financiers, Jimmy Goldsmith dénonça en 1994 dans son fameux livre “Le Piège” les dérives de la finance et les effets pervers de la mondialisation. Georges Soros -qui ne saurait être soupçonné d'étatisme- interpella la classe politique internationale dès les années 90 afin qu'elle “crée de nouvelles sécurités” et “stabilise l'expansion sauvage des mécanismes du marché”. Son livre “Guide critique de la mondialisation” paru en 2002 est celui d'un expert qui appelle à la réforme du système financier. De son côté, le prix Nobel d'économie américain Joseph E. Stiglitz ne ménagea pas l'action de l'OMC et du FMI dans son livre “La grande désillusion”. Pour lui “les règles injustes de la mondialisation ne favorisent que les multinationales et doivent être très vite réformées si on veut éviter le pire". Au sein même du FMI, trois économistes se sont livrés en mai 2016 à une critique des politiques économiques imposées au monde par leur institution (Source Liberalism: Oversold?)

Sur de nombreux points émerge une surprenante convergence entre les critiques émises par des acteurs de la globalisation, des économistes ou des journalistes d’une part et les mouvements de la société civile qui critiquent l'idéologie néolibérale et appellent à une autre mondialisation. Le propre d'une idéologie étant d'échapper à toute remise en cause, les dirigeants des pays du G20 et les directeurs du FMI et de l'OMC redoublent d'ardeur pour "supprimer toutes les entraves susceptibles de pénaliser la croissance et l'emploi". Cela concerne les codes du travail et les normes éthiques, sociales ou environnementales. Quel magistral contresens dans la conception du progrès. Les promesses des pères fondateurs de l'OMC étaient pourtant claires. L'expansion du marché mondial devait être le puissant levier d'un progrès général pour l'humanité. La page 36 du document de l'OMC publié en 1995 titrait en toutes lettres  "Faire en sorte que les politiques commerciales et celles relatives à l'environnement se renforcent mutuellement."  La réalité est toute autre. La gestion désastreuse de la question environnementale en général et climatique en particulier en atteste. Qu'on en juge.

UN DEMI-SIÈCLE PERDU DANS LE DOMAINE DE L'ENVIRONNEMENT ET DES CLIMATS

Sur la question spécifique des climats, un rapport titré  “Restoring the Quality of our Environment”  fut remis au président Lyndon Johnson en 1965 par le Conseil scientifique de la Maison Blanche dirigé par Donald F. Hornig. On peut lire en conclusion (p. 127) “By the year 2000 the increase in atmospheric C02 will be sufficient to produce marked changes in climate. (...) The climatic changes could be deleterious from the point of view of human beings.”  Ce rapport fut soigneusement occulté par le président et son administration sous la pression du lobby pétrolier. Loin d’être amendé, le way of life américain fut décrété “non négociable”, puis étendu au monde entier. Un comble d’irresponsabilité de la part de ceux qui nous gouvernent. La stratégie est hélas constante. De tous temps et quel que soit le pays, les politiciens arbitrent invariablement en faveur des grands groupes et de leurs lobbies, premiers contributeurs des campagnes électorales. Bill Clinton confiait à Al Gore en 1992 “Entre faire de l’écologie et gagner les élections, mon choix est fait”. La formule est restée ancrée dans l'esprit des leaders politiques à travers le monde.

Un espoir pouvait encore se porter sur les conférences internationales de l'ONU sur l'environnement et les climats. La déception est à la mesure de l'espérance mise en cette organisation mondiale d'intérêt public. En effet, depuis le Sommet de la Terre à Stockholm en 1972 jusqu’à la COP 21 de 2015 en passant par le Sommet de Rio en 1992, les conférences de l'ONU sont organisées avec le concours de patrons du secteur pétrolier et de l’amiante. (Cf l'enquête du journal Le Monde du 3.12.2015.)  Faisons crédit à Maurice Strong -qui assura notamment la direction de PetroCanada et Caltex Chevron- et à Stephan Schmidheiny -patron du groupe Eternit- d’une réelle volonté de promouvoir le développement durable. À une réserve près cependant. Possédant au plus profond d'eux l’ADN des industriels de secteurs polluants, cela laisse redouter que leur action n'ait conduit jusqu'ici à minimiser les dangers et à reporter dans le temps les mesures à prendre au regard des menaces que font peser les énergies fossiles sur les climats. D'autant que ne plaident pas pour eux leurs condamnations, le premier en 2005 pour une gigantestque affaire de corruption dans le contrat “pétrole contre nourriture” avec l'Irak conduisant à la démission de Maurice Strong, le second en 2013 pour la mort de trois mille ouvriers italiens non alertés ni protégés des effets connus de l’amiante au sein de l'entreprise Eternit ap Stephan Schmidheiny

Tout est dit. N’allons pas chercher plus loin la raison des détériorations infligées à la planète au seul profit des industries qui financent massivement les élections à travers le monde. Cinquante ans après le rapport Hornig et en dépit de la forte hausse des tarifs de réassurance chez Münich-Re ou Swiss-Re liée à la multiplication des catastrophes climatiques, un lobby d'industriels continue à semer le doute sur la réalité du phénomène, affirmant de surcroît que réduire les rejets de gaz à effet de serre pénaliserait l'économie et les jobs. Ces dirigeants redoutent en réalité que les lourds investissements dans la recherche/développement de processus industriels novateurs durables ne pèsent sur la profitabilité des firmes. Une position totalement infondée puisque la reconversion durable de notre système de développement est le dernier puissant levier de création de richesses et d’emplois dans le monde. Sous l'impulsion de Pavan Sukhdev, ancien de la Deutsche Bank, un autre courant d'idées s'impose chez les leaders de l'économie mondiale. Ils promeuvent "la croissance verte" qui place les écosystèmes et la biodiversité sous l'arbitrage des marchés. D'immenses débouchés s'ouvrent ainsi aux banques et aux investisseurs en quête de nouveaux produits. Tout cela revient au final à privatiser la planète et à spéculer sur tel élément de la biodiversité, telle espèce en péril. Totalement opposés à cette vision affairiste, nous défendons ici l'idée que seules des régulations publiques et des directives internationales sont capables de reconvertir sur un mode durable notre modèle obsolète -pour ne pas dire suicidaire- de développement. 

DES THÉORIES ÉCONOMIQUES OBSOLÈTES

Depuis les débuts de la mondialisation, les peuples sont gouvernés à l'aune de la doctrine du "laisser-faire le marché" élaborée au XVIIIème siècle pour assurer la fortune de marchands et des milieux d'affaires des puissances impériales. Il est grand temps que les gouvernants du G20 prennent acte du fait que le monde a changé. En effet, si au cours de l'ère industrielle le monde peuplé de 1 milliard d'habitants manquait d'ouvriers spécialisés, si au coeur des Trente glorieuses le plein-emploi était encore une réalité avec une démographie mondiale de 3 milliards d'habitants, ce n'est plus le cas aujourd'hui dans un monde de plus de sept milliards d'habitants. Avec les fulgurantes avancées dans le domaine de la robotique et de l'intelligence artificielle, ce ne seront pas seulement les emplois de base qui pourront être remplacés, mais également ceux des cadres moyens, voire supérieurs dans certains secteurs. Quelques chiffres démontrent toute l'absurdité de cette mondialisation néolibérale qui réduit les êtres humains à des éléments de profitabilité jamais assez flexibles, toujours trop payés. La demande solvable mondiale déterminée chaque année par le Crédit suisse pour les investisseurs internationaux se concentre chez 10% de la population mondiale qui cumule 90% de la richesse mondiale des ménages. D'autre part, 71% de la population mondiale n’a accès qu’à 3% de cette même richesse (Cf. p. 24 du Rapport 2015). La croyance des gouvernements des nations et des institutions mondiales du commerce et du crédit en une relance de la croissance et de l'emploi grâce à une diminution des salaires et des charges sociales, en toujours plus de flexibilité et en l'abandon d'avantages acquis pour améliorer la compétitivité des entreprises est une pure chimère. L'ultime horizon des doctrinaires néolibéraux qui façonnent notre destin commun se résume à "l'attractivité des pays pour les investisseurs internationaux". À cette aune-là, un pays idéal est un pays où les règles de l’O.I.T. sur le travail et les normes éthiques, sociales et environnementales ne sont pas respectées, un pays où grèves et syndicats sont interdits, où le Code du travail est rédigé en faveur des multinationales, où les forces de police sont entièrement au service de ces dernières. 

LES DIRIGEANTS DU G20 PROPULSENT LE MONDE VERS UN CHAOS GLOBAL

Collaborant activement à la privatisation des démocraties au détriment de citoyens, les dirigeants des nations et leurs conseillers autoproclamés "cercle de la raison" (sic) créent de toutes pièces les cataclysmes du XXIème siècle -effondrements boursiers récurrents, montée des nationalismes néofascistes et des fondamentalismes religieux, révoltes sociales, catastrophes environnementales, scandales de santé publique, etc- au risque d'un chaos global à l'horizon de quelques générations seulement. L'éventualité de crises de grande amplitude a été évoquée par les auteurs du Rapport Meaddows dès les années 70. Depuis lors, plusieurs personnalités issues de divers horizons ont dessiné la trajectoire du monde vers un effondrement de nos civilisations. Ancien chef-économiste du Fonds monétaire international de 2001 à 2003, Kenneth Rogoff est aujourd'hui professeur d'économie et de politique publique à Harvard. Il nous livre son analyse. "Les systèmes tiennent souvent plus longtemps qu'on ne le pense, mais finissent par s’effondrer beaucoup plus vite qu’on ne l'imagine." Figure historique, l’agroéconomiste Lester Brown nous alerte dans son livre “PLAN B. Save the civilization” (Éd. Calmann Lévy). "Le modèle actuel de développement accélère l'effondrement de l'écosystème planétaire qui sous-tend les activités économiques". Faisant référence à l'effort de guerre américain au cours de la WW2, il appelle au volontarisme politique pour une mobilisation générale à l’échelle mondiale en vue de reconvertir sur un mode durable l’actuel modèle de développement. Gestionnaire d'importants fonds de pension anglo-saxons, Jeremy Graham donnait sa propre analyse en 2013. "Les civilisations qui se sont effondrées souffraient toutes d'un orgueil démesuré et d'un excès de confiance en elles. Elles étaient convaincues de leur capacité inébranlable à relever tous les défis et estimaient que les signes croissants de leur faiblesse pouvaient être ignorés en raison de leur caractère pessimiste." La perspective de l'effondrement de nos civilisations a été brillamment étayée en 2006 par le biologiste évolutionniste américain Jared Diamond dans son livre "Collapse" ("Effondrement". Éd. Gallimard). Respectivement docteur en biologie et expert en résilience des systèmes socio-écologiques, Pablo Servigne et Raphaël Stevens exposent les différents ressorts de ce phénomène planétaire dans leur livre"Comment tout peut s’effondrer." (Éd. Seuil Anthropocène 2015).  Expert en anthropologie sociale entre autres domaines de compétences, Paul Jorion nous offre un essai lumineux sur l'extinction de l'humanité ("Le dernier qui s'en va éteint la lumière." Éd. Fayard 2016). Quant au sociologue français Edgar Morin, il résume d'une phrase la situation actuelle. "Nous avançons comme des somnambules vers la catastrophe finale".

Le pire n'est jamais sûr. Mais il sera celui annoncé par ces éminentes personnalités si aucune réaction organisée des peuples ne vient réorienter les choix économiques aberrants pris par ceux qui nous gouvernent au nom de cette mondialisation dérégulée, avec ses guerres impitoyables pour les parts de marché, l'énergie, l'eau, les ressources naturelles, les cerveaux…

UN CONSEIL MONDIAL DE LA SOCIÉTÉ CIVILE DESSINE NOTRE FUTUR COMMUN

Ce think tank pluridisciplinaire est invité à élaborer les règles et les stratégies d'un changement de cap équitable et durable, du plan local au plan mondial.

"Il faut agir en homme de pensée et penser en homme d'action."  La maxime de Henri Bergson est particulièrement inspirante. L'action sans réflexion ouvre sur des solutions improvisées peu réalistes difficilement applicables. La réflexion sans action renvoie tout espoir de changement au domaine des voeux pieux.  

De quelle manière permettre aux cinq milliards d'hommes de femmes et d'enfants exclus structurels du marché d'accéder par eux-mêmes à une vie décente? En lieu et place de cette mondialisation déréglementée aux effets pervers avérés, pourquoi ne pas s'orienter vers une économie plurielle faisant coexister une mondialisation régulée et d'autre formes d'économie et d'activités non concurrentielles du marché? Cela concerne des activités d'ordre humanitaire, culturel, social ou environnemental. Ces questionnements exigent la création d'un groupe international de chercheurs et d'experts détenant une forte autorité intellectuelle et morale dans différents domaines -économie, finance, monnaies, spécialistes de l'agriculture biologique et de l'alimentation, etc-. Ces hommes et ces femmes seront invités à prendre ces problèmes vitaux à bras-le-corps au sein d'un Conseil mondial de la société civile pour proposer aux décideurs politiques des programmes socio-économiques adaptés au XXIème siècle. Cet effort d'innovation de la part de la société civile est d'autant plus nécessaire que la classe politique dirigeante s'est totalement sclérosée et appréhende les problématiques mondialisées avec les oeillères du XIXème et du XXème siècle. La possibilité est donc offerte aux membres du Conseil de la société civile qui partagent les mêmes valeurs et idées -dignité humaine, liberté responsable, cohésion sociale, commerce équitable, coopération- de faire de la politique au sens élevé du terme. Travaillant en toute indépendance des entreprises et des partis politique sur un mode collégial entre 2017 et 2019 au nom de l'intérêt général des générations présentes et futures, ces personnes vivront l’expérience gratifiante de dessiner sur une page blanche les voies d’un futur durable.  

Élaborer des législations internationales afin de réguler la mondialisation dans le strict respect des personnes et de l'environnement, organiser une économie plurielle associant une mondialisation durable et d'autres formes d’économies -familiales, artisanales, coopératives, solidaires-, définir les règles internationales de l’entreprise équitable, mettre en chantier la refonte des institutions mondiales -FMI, Banque mondiale, système monétaire mondial, ONU- qui ne sont plus adaptées aux enjeux du XXIème siècle, donner les moyens à chacun d'accéder par des activités utiles à une vie décente, c'est préparer les esprits à des alternatives réalistes et réalisables et c'est accélérer leur mise en oeuvre. 

LES PREMIERS PAS D'UNE EXPRESSION PUBLIQUE INTERNATIOALE SUR LES QUESTIONS MONDIALES D'INTÉRÊT COMMUN

Analyste visionnaire de la politique, Jacques Attali prédit dans son essai "Demain qui gouvernera le monde" (Éd. Fayard) que des milliards d’internautes pourront dans l'avenir exprimer leurs doléances et aspirations. Faisons déjà un premier pas. Devant la difficulté de solliciter des milliards d’individus qui ne maîtrisent pas nécessairement la complexité des problématiques mondiales, pourquoi ne pas soumettre les préconisations du Conseil de la société civile à un panel représentatif de la population mondiale en âge de voter? Les mesures réformistes majoritairement retenues détiendraient une légitimité intellectuelle et morale liée à l’éthique et aux compétences des membres du Conseil et une légitimité populaire de par les votes du panel. En permettant aux citoyens des nations de s'exprimer sur les préconisations émises par ces experts indépendants issus de toutes les cultures du monde, l'écueil serait évité d'une démocratie directe populiste où les votants de disposent pas de tous les éléments de compréhension et votent sous le coup d'impulsions irraisonnées. Au stade critique où est parvenu le monde, aucune initiative -fût-elle puissamment novatrice-  ne doit être négligée. En expérimentant celle d'une expression publique internationale, cela couperait court à l’organe de gouvernance mondiale promu par l'ancien directeur de l'OMC Pascal Lamy avec le soutien des instances du G20. L'humanité subirait alors le pouvoir absolu de ce nouveau monstre technocratique sous domination des lobbies industriels et bancaires. Nous avons déjà l'exemple de l'administration bruxelloise et ses directives qui détruisent les particularismes régionaux et les formes d'économie non industrielles au seul profit des grands groupes sans réguler la finance ni protéger l'environnement comme elle devrait le faite, et sans harmoniser au sein de l'UE les domaines majeurs que sont le social et la fiscalité.  Le rôle moteur de la société civile internationale ne s'arrêterait pas là. Étant au coeur de la société, les réseaux associatifs et la sphère des ONG aideraient les gouvernements dans chaque pays à mettre en oeuvre les réformes, à s'assurer de leur application et à publier les violations manifestes.

Les réformes, régulations, directives et normes internationales majoritairement approuvées inspireront une nouvelle génération politique consciente que seuls le développement humain et le progrès social permettront de partager les richesses sur un mode équitable et durable, d'apaiser les violences intercommunautaires, de pacifier le monde, et d'inverser la courbe d'une démographie explosive. Telle est l'ambition proposée pour contribuer à mettre un terme à ce système mondial productiviste, brutal, totalement irresponsable. Une ambition d'autant plus réalisable qu'elle répond à une demande générale à travers le monde et qu’elle bénéficiera des formidables gisements de compétences et d'innovation au sein de la communauté citoyenne mondiale. Une ambition qui pourrait bien s'inscrire dans la réalité d'ici 2020 avec la montée en puissance et en cohésion de la société civile. Grâce à Internet, celle-ci s'imposera tôt ou tard comme une actrice influente de la vie publique internationale concernant les questions globales et en force motrice d'un changement durable.

Pour conclure...

Si, comme toute oeuvre humaine, ces réformes et ces régulations internationales seront loin d’être parfaites dans une première phase, du moins le monde sera orienté dans la bonne direction et s’extraira progressivement des crises qui frappent les peuples et leur environnement naturel. Quant aux dérives et aux possibilités de corruption, elles seront largement moins préjudiciables que les centaines de milliards annuels soustraits aux budgets des états dans les paradis fiscaux. Une fois soumises de manière appropriée à quelques règles internationales de bon sens, les multinationales mettront à profit leurs immenses capacités réactives et innovatrices pour devenir de puissants leviers de la reconversion durable du système mondial actuel. Au final, le social, les conditions de travail et l'environnement seront les grands bénéficiaires de ce changement de cap. Une manière cohérente d’ouvrir l’avenir aux jeunes générations et de susciter de légitimes espérances aux hommes, aux femmes d’aujourd’hui, quelle que soit la nationalité, la catégorie socio-professionnelle et l’expression de leur foi.

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LA SOCIÉTÉ CIVILE SE MET EN MOUVEMENT

Prenant conscience de son unité de destin sur une planète gravement détériorée, la société civile internationale -ou “société globale”-rassemble ses forces en un contre-pouvoir influent capable de réguler la mondialisation et d’accélérer la résolution des problématiques et des crises d’envergure planétaire. Le "Global Society Network" -un réseau sans chef ni idéologie- constitue l’embryon et le catalyseur d'un mouvement de la société civile internationale appelant à un changement durable.Osons espérer qu’à partir de 2020 ce réseau transnational associé à d’autres initiatives partageant les mêmes valeurs et objectifs rassemblera un nombre très élevé de personnes et d’organisations à travers le monde afin de faire prévaloir dans les urnes des solutions de bon sens équitables et durables.  

Plateforme Internet en www.globalsociety.ch

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