Le 1° mai des travailleurs …
Il n'aura reculé devant aucune vilenie tout au long de son mandat. Tous les symboles de la République, un à un ont été salis, manipulés, triturés, fourvoyés par notre si cher président, chef d'un État en décomposition morale par sa seule volonté. C'est au tour du premier mai, symbole des luttes ouvrières, des combats syndicaux, des acquis sociaux chèrement payés, de plier sous les fourches Caudines de notre fossoyeur national.
Il va célébrer les vrais travailleurs, ceux qui travaillent dur pour s'enrichir sur le dos des autres, ceux qui manquent d'ambition, qui rechignent à l'effort supplémentaire ou à la prise de risque, ceux qui trainent les pieds, qui profitent, qui prennent bien trop de vacances, qui refusent l'effort, qui exigent des garanties et un salaire minimal...
Voilà la dernier salissure du bonhomme. La description en creux de la multitude des travailleurs, ceux-là même qui ont subi de plein fouet ses mensonges, ses attaques, ses reculades sociales. Mais le mépris ne lui suffit nullement, il veut piller l'héritage revendicatif, abolir le droit de grève tout comme le droit syndical, nier la revendication des plus humbles contre les puissants.
Du haut de sa morgue légendaire, de son culot immense, il se fait le défenseur du droit du plus riche à jouir sans honte de sa fortune, de tailler et « corvéer » à merci les simples gens, les petits travailleurs. Il est le champion de la finance internationale et, par une belle pirouette langagière, il feint d'accueillir dans la bande des nantis les artisans, les commerçants, les petits patrons de PME à qui il fait croire qu'ils sont de la cohorte des gens de bien contre cette armée des ombres ; les immondes profiteurs !
Il avait auparavant réduit le onze novembre à la fête de tous les militaires morts au combat oubliant bien vite qu'entre un appelé et un militaire de carrière, il y avait une différence énorme. Le soldat inconnu est un simple citoyen qui a donné sa vie à la Nation par obligation plus que par conviction. Mettre dans le même panier les uns et les autres est un outrage sans nom à la mémoire de millions de poilus.
Il avait encore manipulé l'histoire, instrumentalisé le pauvre Guy Moquet. Il s'arrogeait les sacrifices des résistants, le combat de liberté contre l'oppresseur. Il a encore mis Jeanne d'Arc à sa sauce, se faisant le défenseur d'une France imaginaire, bien digne de son inculture sidérante. Il avait oublié de venir célébrer comme la tradition jusqu'à lui, le voulait, la délivrance d'Orléans par la Pucelle, mais oublions ce menu détail bien vite.
Il avait surtout balayé d'un revers de discours l'histoire de tout un continent, prononçant alors les propos les plus odieux qu'un Président n'ait jamais tenu sur l'Afrique. Il était alors le flambeau de la civilisation, la seule qui vaille à ses yeux, la sienne ! Il a poursuivi sur cette voie immonde en refusant à la mère qui ne parle pas le français, la dignité de pouvoir élever son enfant. C'est parfaitement abject dans la bouche d'un chef d'état, garant de l'unité nationale.
Il ne s'arrêtera pas en si bon chemin si nous ne lui faisons pas barrage. Il a dans ses cartons la suppression de la devise nationale. Il n'a que faire de Fraternité, ce petit homme haineux qui remue les plus noirs de nos sentiments pour s'assurer sa réélection. Il avait auparavant retiré toute dignité à la fonction suprême par ses grimaces, ses frasques et son goût immodéré pour la pompe présidentielle qu'il a rehaussée comme chacun l'a remarqué.
Voilà celui qui se dresse face à nous. Il réclame encore nos suffrages pour poursuivre son œuvre malfaisante. Il serait grand temps qu'un homme normal, un citoyen ordinaire s'installe dans le fauteuil présidentiel pour faire cesser cette mascarade infernale, ce cirque honteux qui n'a que trop duré. Qu'importent ses faiblesses ou ses mollesses supposées, c'est un homme propre qu'il nous faut et non plus cet abominable « salisseur » patenté !
Proprement sien.