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Billet de blog 1 août 2025

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Un tout autre terrain de jeu.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Au fil de l'eau

Illustration 1

À Saint-Antonin-Noble-Val la bien nommée, coule l'Aveyron enserrée dans des gorges profondes avant que d'aller se rendre sagement dans les eaux du Tarn. Ce sont les derniers kilomètres d'un parcours virulent qui offrent ainsi un formidable terrain de jeu pour les touristes en mal de sensations fortes en famille.

Nature Escapade leur permet d'effectuer un parcours relativement spectaculaire tout autant que sans grand risque pour qui respecte les consignes de sécurité de base. Sur dix ou dix-sept kilomètres, ils sont chaque jour des centaines à s'offrir une activité qui mêlera toutes les émotions de différentes natures.

La descente est parsemée de chaussées à sauter, d'un toboggan sur lequel se laisser glisser et de nombreux remous autour de rochers qui ne font pas tous qu'affleurer. On s'y mouille gaiement dans la vague, on se trouve prisonniers en suspension sur un petit promontoire, on cherche le bon passage sous un pont, on évite les baigneurs, souvent inconscients de la faible maniabilité des kayaks dirigés par des mains inexpertes…

Illustration 2

C'est d'abord un décor fabuleux, grandiose, sauvage en dépit des nombreuses embarcations qui font parfois bouchons lors des goulets d'étranglement. Pour se libérer de cette masse parfois compacte des kayaks en goguette, il suffit de lever les yeux et d'être emportés par ces falaises qui vous surplombent avec une austérité façonnée au fil des millénaires dans la roche calcaire. C'est à vous couper le souffle.

Au départ, une petite vidéo vous donne à voir les quelques passages délicats et la bonne manière de les passer sans encombre. J'enrage alors que sur la Loire, on laisse partir les touristes sans les informer des quelques pièges que recèle cette rivière si langoureuse l'été. Il convient toujours de se méfier de l'eau qui semble dormir. Ici, la sécurité est de rigueur et l'équipe de Nature Escapade ne mesure pas ses rappels à la nécessaire prudence.

Puis, les fauves dûment équipés et lâchés, le bal du rapatriement va débuter un peu plus tard. C'est alors une logistique qui me laisse pantois. C'est à un travail de romain que s’astreignent des personnels qui n'oublient pas de garder le sourire alors qu'ils vont ranger près de quatre cents kayaks sur des remorques qui exigent au final de lever fort haut les bras. Un travail de force inlassablement répété.

Illustration 3

Pendant ce temps, il faut ranger les pagaies et les pelles dans une remorque tandis que les rescapés de la descente sont pris en charge par des véhicules pour une vingtaine de passagers avec bidons et gilets de sauvetage sur les genoux. Au volant, des pilotes expérimentés qui virevoltent dans ces routes si étroites.

Arrivés à la base, l'ordre et la discipline demeurent de rigueur avec le rangement des couvercles des bidons dont l'intérieur est passé au jet, puis le rangement des gilets de sauvetage. Douches et cabines permettent à ceux qui le veulent de retrouver allure humaine tandis qu'un petit bar reconstituera quelques forces. Tout est réglé comme du papier à musique pour que près de six cents clients passent ici dans la journée en ayant l'impression d'être des amis auxquels on prodigue tous les soins nécessaires.

Je craignais l'effet de masse sur la rivière. Il y bien sûr eut lieu à l'endroit où il était déconseillé de tenter le saut sur un petit éperon rocher fiché au milieu de l'eau et duquel il n'est pas raisonnable de plonger. Vous pensez bien qu'il y avait foule à transgresser sans guère se préoccuper des embarcations qui poursuivaient leur chemin. On ne peut changer l'attrait de l'interdit. C'est d'ailleurs là que je vérifiais une fois de plus que la terre est ronde et qu'on finit toujours par croiser quelqu'un de sa connaissance, à savoir dans le cas présent un garçon que j'avais entraîné dans mon premier club de Rugby. Bonnes vacances à lui et à tous les autres...

Illustration 4

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