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Billet de blog 2 mai 2024

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La quête : scions…

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En dessous de la goulotte

Illustration 1
© Procaccini

Afin d'atteindre les bas-fonds de l'humour contemporain, un persifleur souhaita aborder de manière frontale, un sujet qui fait la Une et froisse les bonnes consciences, espérant ainsi toucher un large public et pénétrer les réseaux sociaux sans prendre de gants. C'est ainsi, pensa-t-il bien naïvement qu'on touche le grand public en bousculant les bonnes manières. Voilà un récit qu'il pourrait faire accompagner par un comparse jouant de la viole de gambe.

Jadis, les envahisseurs, d'où qu'ils viennent, usèrent de cette arme pour terroriser celles qui n'étaient encore qualifiées de souche, semant les racines du mal et assurant ainsi une diversité génétique dans des territoires bouleversés par ces intrusions violentes et traumatiques. Les monstres partis, il fallait faire avec cette offrande dont nombre des victimes se seraient bien passées.

La méthode n'a guère changé quand la nation constituée de ces apports indésirables profita à son tour d'un rapport de force cette fois en sa faveur, pour aller croiser la fine fleur de sa chevalerie si peu chevaleresque avec les habitantes des pays à remettre sur la bonne voie. Le glaive et le goupillon disait-on alors sans préciser la nature exacte de ce terrifiant goupillon.

C'est ainsi que de flux et de reflux, cet échange de procédé favorisa la loterie génétique sans pour autant laisser dans les esprits la conviction que l'espèce humaine ne formait qu'une seule et même famille. Les rapports de force évoluant, le déséquilibre se fit dans cette étrange manière d'exporter la culture dominante.

Le braquemart en guise d'arme de poing entra bien vite dans les annales de la pratique soldatesque. Il se passa même d'uniforme pour devenir l'objet fétiche de tous les agresseurs qui cessèrent de passer leurs victimes au fil de l'épée. C'était là un procédé moins sanglant quoique bien plus humiliant pour celles qui tombaient sous le joug de cette infamie.

Illustration 2
© Fragonard

Si bien qu'au fil des siècles, la balance pencha très fortement dans le sens du fléau, le bien nommé. Les récriminations se firent haine viscérale, élaborant ensuite une théorie du métissage qui laissait beaucoup de vilaines traces. Le colon laissa une empreinte qui exigeait réparation. Le retour du balancier s'imposait à nouveau.

Ce fut ainsi que s'élabora la théorie du grand remplacement. L'arme de l'humiliation de jadis devant le bras armé de la revanche. Abattre les souches à la racine, croître et multiplier en lieu et place de ceux qui jadis furent les conquérants. La théorie fertilisa bien des esprits, engendra énormément de frustration, se répandit comme une traînée dans les foules… Le sexe devint l'enjeu, la procréation la méthode tandis que le viol passa pour une sanction divine.

Les esprits se troublèrent tandis qu'il convenait de dissimuler les filles et les épouses pour qu'elles échappent à la vindicte de l'armée vengeresse. Des vierges attendaient au paradis les hérauts de la colère céleste. Dans le même temps, beaucoup prirent peur et changèrent non pas leur fusil d'épaule mais de genre ou de pratique pour attester si besoin en était que le monde perdait la boule.

Même le parti de la pêche à la ligne cesse d'avoir la gaule en main pour pousser le bouchon plus loin et taquiner les petites ablettes, les belles morues ou les vilains maquereaux. Le racolage auprès des rivières tomba sous le coup de la répression alors que les coups de filets furent prohibés afin de ne plus que tout ça tourne en queue de poisson.

Même le Vatican sonna la fin de la récréation pour les enfants au chœur d'une pratique qui convenait non seulement de mettre à l'index mais de dénoncer. Sous la soutane la calotte devait relever le gland. Notre époque tournait en orgiaque comédie humaine dans la plus totale perte de tous les heureux pères.

Au terme de ce billet, le malheureux auteur en quête de succès, se rendit compte qu'une fois encore, il n'avait pas senti l'esprit de l'époque. Son texte resterait obscur et inaccessible à tous ceux qui rient aux éclats en entendant les humoristes d'en deçà de la ceinture du périphérique.

Illustration 3
Edgar DEGAS

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