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Billet de blog 3 février 2026

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Une bille de clown mais l'envers déçoit.

Pour Janvier, le ralliement de février

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Tête d'affiche ou bien à claque.

Illustration 1

La campagne des municipales fait poindre des affiches qui vont petit à petit envahir nos murs et nos panneaux avec une qualité visuelle des plus discutables. La recette est immuable : un petit slogan tiré de derrière les fagots et la bille des premiers de cordée, comme si une équipe municipale se résumait à des têtes de gondole qui se prennent beaucoup trop au sérieux.

Parfois, pour sortir du lot, certains font des efforts de présentation, n'hésitant pas à donner dans un code graphique très original pour se démarquer de leurs rivaux. Parmi nos postulants locaux, l'un d'eux opte depuis quelque temps pour une image fortement marquée par sa veste noire du bon laboureur, son refus de porter une cravate et ses hublots disproportionnés, n'hésitant pas un seul instant à se faire une bille de clown.

Le pari est amusant et mérite d'être mis en lumière tant il dénote à côté des attitudes pleines de componction de ses futurs adversaires, souffrant manifestement d'une constipation chronique et de quelques doigts coincés dans l’encoignure d'une porte. La cravate est de mise d'autant que le mâle tient largement la corde dans ce registre. On peut au demeurant, déplorer le manque d'imagination des chargés de communication qui ne présagent pas d'une politique innovante et ambitieuse de leurs champions.

Avec notre ami, il en va tout autrement. L'effet est même inversement proportionnel à celui de ses opposants. Il se remarque immédiatement, sortant du lot si manifestement qu'on s'interroge soudainement s'il ne s'agit pas de la nouvelle attraction d'un cirque itinérant. Il est vrai qu'être actuellement à la chambre des députés renforce cette impression. La bille de clown prête immédiatement à sourire et se remarque entre toutes les autres têtes d'affiche.

Puis, la répétition de la posture et de la figure, que ce soit sur des affiches, des pochettes de pain, un magazine ou bien encore un tract, finit par interroger : « Ce candidat est-il vraiment à l'aune de l'image sur laquelle il entend mener sa campagne. De la bille de clown à la tête à claque, le pas est vite franchi quand trop d'exposition a tendance à en faire un cœur de cible. La modération et la discrétion sont recommandées dans ce domaine, me semble-t-il.

C'est alors que la chanson de Maxime Leforestier me revient en tête à chaque fois que je vois cette image, reproduite à foison en bien des endroits où l'affichage n'est du reste pas tout à fait légal. Pour qui veut faire action de diriger une cité, la chose peut paraître étonnante et finit par choquer quand on découvre que ce personnage dispose d'un mandat national.

Alors les paroles de la chanson se modifient imperceptiblement et le ver à soie se transforme par la magie de l'exaspération. Les mots continuent de chanter dans ma caboche si prompte à me gausser de mes semblables et à persifler contre toute forme de pouvoir. C'est bien là mes plus pénibles défauts. Je finis par fredonner in petto : « Une bille de clown mais l'envers déçoit ! »

Ayant l'esprit de partage, je n'entends pas garder pour moi seul cette forme ironique qui colle si bien à la vérité de ce trublion de la politique que j'aime tant à moquer. J'espère même que cela va devenir un leitmotiv qui trottera dans bien des têtes qui regarderont ces affiches qui fleurissent bien précocement sur nos murs.

Par contre, ne prenez pas mon petit refrain au pied de la lettre. Ne retournez pas l'affiche pour constater de vous-même que l'envers déçoit. Il suffit de vous fier à votre jugement et de constater les innombrables saillies médiatiques du personnage pour mesurer que notre girouette finit par se confondre avec une éolienne qui brasse de l'air. Pas étonnant qu'il figure comme un digne héritier idéologique de ce brave Edgard Faure. À eux deux, ils sont passés maîtres dans l'air de faire du vent.

Illustration 2

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