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Billet de blog 5 janvier 2026

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Ressentiment…

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Un préfixe qui nous leurre.

Illustration 1

Il est des circonstances que l'on subit bien malgré soi et qui bouleversent l'état d'esprit et les pensées intimes. Tout en ayant la volonté de mettre des mots sur des maux, j'entends ici réfléchir avec vous sur ce curieux phénomène accompagné d'un glissement sémantique. Comprenez que l'explicite ici ne sera pas de mise pour préserver les acteurs de ce mélodrame.

Si ce petit préfixe qui souligne la répétition, la réitération est bien souvent aisée à comprendre, avec ce Ressentiment il interroge tout autant qu'il induit en erreur. Vous éprouviez du sentiment pour une personne quand soudain, un événement fâcheux vous conduit à changer radicalement d'état d'esprit. Une fêlure s'est installée qui ouvre la porte à une pensée plus insidieuse évoquée au travers de ce terme négatif par excellence.

Si passer de l'affection ou de l'amitié à ce désordre de l'affect relève bien d'une expression des sentiments, ces pulsions étranges qui guident nos pensées, la chose n'est guère plaisante et tout au contraire, elle ruine l'humeur et fait bien des dégâts. Le ressentiment s'installe durablement en vous, il se nourrit de tant de faits plus anodins les uns que les autres qu'il ne cesse de croître, de vous troubler le jugement sans pour autant franchir les frontières de la haine.

Le ressentiment est alimenté par ce qui fut jadis une belle pensée. C'est justement le souvenir de ce temps d'avant, joyeux, sincère, plaisant qui distille son venin à partir de cette brisure qui a modifié radicalement la situation. La déception joue sans aucun doute un rôle majeur, poussant à macérer dans la rancœur, la déception, l'incompréhension et la colère.

Pire encore, votre impuissance à modifier ce qui n'est pas de votre fait puisque vous n'êtes souvent qu'un témoin à distance d'une rupture fracassante exacerbe ce sentiment qui se nourrit de toutes les frustrations qui en la matière sont si nombreuses.

Quand le cœur saigne, il laisse passer l'orage et finit bien souvent par aller battre ailleurs. C'est ce que vous souhaitez vivement à celui ou celle que vous chérissez et qui vient d'être abandonné(e). Vous n'êtes dans ce drame qu'un témoin qui appréciait l'un et l'autre et se retrouve pris dans un conflit de loyauté qui pousse à expulser cet(te) autre qui n'entre plus dans le jeu.

Le ressentiment vous mine, vous n'acceptez pas de pardonner tant la sidération est mauvaise conseillère quand les sentiments sont en ruine. Alors plus qu'une renaissance, ce sentiment est tout au contraire un deuil qui mettra définitivement à distance l'autre élément de cette rupture amoureuse.

Vous devez vivre en effaçant ce temps béni des amours heureuses. Cette nécessité s'impose par l'immense déception qu'a provoqué en vous ce moment qui met un terme à une belle histoire. Un nouveau sentiment est désormais présent qui n'a rien de sentimental ni d'affectueux. C'est un tourment qui tourne en boucle, un regret qui gonfle sans cesse pour ne plus laisser aucune place au pardon.

Le ressentiment est l'antonyme du sentiment, il fait mal et ne peut en aucun cas s'exprimer clairement puisqu'en la matière, vous n'êtes qu'un témoin à distance de ce qui ne devrait pas vous concerner. Mais l'âme humaine est ainsi faite qu'elle a besoin de prendre parti, de choisir son camp, de se mêler des histoires des autres.

N'est-ce pas mieux que l'indifférence, l'absence d'empathie ou le plus magistral égoïsme qui sont des postures dans lesquelles rien ne vous touche ? Je préfère vivre de ce ressentiment même s'il est lancinant et détestable. J'en demande pardon à qui en est l'objet sans pour autant être capable de le repousser. La douleur est trop grande…

Illustration 2

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