Conseil de défense

La guerre bactériologique

La France a peur ... et c'est le but !

 

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Nous ne sommes jamais si bien gardés que lorsque nous confions les libertés publiques à l’armée, c’est du moins ce que doit penser notre bon Freluquet premier alors qu’il réunit un Conseil de défense pour combattre un ennemi sournois et insidieux. S’il n’eut été question que du souci médical de l’heure, il aurait demandé un Conseil de Santé, une grande organisation regroupant tous les secteurs liés à l’hygiène et à la médecine.

Au lieu de quoi c’est de défense dont il est question, l’armée se préparant à lancer des missiles sur les méchants microbes qui passeraient nos frontières sans autorisation ni raisons économiques. Le gaz moutarde répandu sur les manifestants les fera rentrer chez eux ou bien à la morgue, l’heure est aux solutions radicales.

D’ailleurs, il n’est plus temps de plaisanter puisque la température du pays est montée à 49°3, largement au-dessus du seuil acceptable. Le grand conseil du petit vizir a cru bon regrouper toutes les mesures pour calmer la fièvre dans le pays, surtout chez les citoyens atteints de jaunisse. Les mesures seront radicales, il convient de tout arrêter dans le pays pour faire passer la pilule de la réforme des retraites, la seule véritable préoccupation de cette brigade sanitaire.

Des masques vont être distribués à toute la population histoire là encore de se montrer solidaire de tous ces candidats qui avancent masqués pour obtenir les suffrages d’une population incapable de reconnaître les immenses mérites d’un chef de l’état qui n’agit que pour le bien de tous. Lui qui est si intelligent n’a vraiment pas de chance, son peuple est d’une rare stupidité. C’est à croire qu’il aurait sans doute préféré une bonne Méningite universelle à ce Coronavirus asiatique pour remettre à tous les idées en place.

En attendant, c’est le bras séculier qui va confiner le bon peuple dans ses foyers. Plus de culture, plus de loisirs, plus de carnaval ; le risque est trop grand d’y singer les puissants. La France va rentrer dans le rang, quitte à repousser les prochaines élections qui sentent le fiasco à plein nez pour le pouvoir en place. Cerise sur le gâteau, en annulant le salon du livre, le pouvoir en revient aux vieilles recettes des autodafés. Plus une tête dehors sauf les clients dans les supermarchés, espaces bien moins à risque que les marchés paysans ; il faudra nous expliquer pourquoi et à l’exception notable des stades de football où semble-t-il le mal est déjà fait.

Le conseil de défense brille par sa volonté de distiller la peur, d’alimenter les plus ancestraux fantasmes. La peste est de retour tandis que c’est étonnamment le choléra qui décide des mesures de protection. On ferme les écoles, on confine, on se terre, on conseille enfin le télé travail tandis que le bon président se rend lui-même dans l’hôpital du premier mort tricolore. Le risque est donc majeur pour la population tandis que sa Grandeur serait semble-t-il immunisée…

Les journalistes y vont de leur dénombrement absurde, ils agitent le chiffon rouge pour, en bons complices, faire passer tout ce qui va suivre. La réforme des retraites est bien dérisoire désormais puisque nous allons tous mourir, la grande hécatombe est à nos portes. Ils en font tellement qu’ils donnent tous envie de ne pas croire à leurs infantilisants conseils d’hygiène.

« Le petit chat est mort, lavez-vous les mains ! » « N’embrassez plus votre voisin, il travaille pour l’industrie chinoise » « Éternuez dans votre manche et plus devant un représentant du pouvoir ». « Restez cloîtrés chez vous et commandez tout ce dont vous avez besoin à Amazon » « N’encombrez pas les urgences aux premiers signes mais allez consulter le médecin que vous n’avez pas » « Mouchez-vous le nez et bouchez-vous les yeux et les oreilles »...

Nous pouvons nous incliner devant cet arsenal aussi dissuasif qu’hilarant. Nous avions vraiment besoin d’un Conseil de Défense pour nous préparer à affronter une bonne grippe virulente. La France est merveilleusement bien gouvernée, ce serait mesquinerie suprême de penser le contraire. « Dis Tonton, pourquoi tu tousses ? »

Défensivement leur.

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