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Billet de blog 7 août 2025

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Le vélo en partage

Illustration 1

Il fut un temps où la chose se nommait timbre tandis que le catadioptre se contentait de réfléchir. C'était lors de nos cours de sécurité routière et nul ne songeait alors que votre vieux clou fut un jour équipé de guirlandes scintillantes et de sirène d'alarme, le tout propulsé par un moteur pour s'épargner de trop pédaler.

Nous mettions encore des pinces à vélo pour aller à l'école par la faute de nos « pattes-d'éph » tandis que, chose incroyable de nos jours, dans le garage du collège, nul ne songeait à cadenasser son destrier. Même la pompe pouvait passer tranquillement sa journée fixée sur le cadre sans changer de main à moins que ce fut de manière éphémère pour rendre un petit service.

Nous avions tous ou peu s'en faut la même bicyclette : un mi-course de marque française sans que nous pensions alors faire preuve de patriotisme économique. Quelques-uns avaient encore des Helyett, cette marque locale qui avait connu ses heures de gloire. Pour tous, faire du vélo permettait de sortir du cadre pour aller courir la campagne environnante.

Illustration 2

Aucune entrave à notre volonté de liberté en dépit d'une circulation automobile qui allait bon train sans limitation de vitesse. Nous allions en bande parcourir routes et chemins sans songer alors que nos montures n'étaient pas conçues pour le tout terrain ; terme du reste que nous n'employâmes jamais lui préférant le mot cross... (Nous entrions sans le savoir dans l'ère des anglicismes).

Les plus adroits réparaient les nombreuses meurtrissures que subissaient nos engins. De mon côté, j'étais sans doute le meilleur client de Charlot, ce mécanicien bougon au cœur sur la main, qui me voyait arriver avec le sourire aux lèvres. Quel exploit était encore à mon actif qui avait brisé un coursier pourtant réputé fort solide ?

Nos premières vacances en autonomie relative se firent à bicyclette sous la houlette des deux abbés qui eux nous suivirent en deux chevaux. L'aventure au bout de la route, la découverte d'une certaine liberté tant Philippe et René étaient des êtres de tolérance et de patience. Notre barda dans la deudeuche, nous partîmes fort loin, c'est du moins ce qu'il nous sembla alors : personne n'avait alors de compteur pour mesurer la chose.

Nos vélos furent mis au clou peu après l'âge fatidique de 14 ans et l'achat sous condition d'obtention du BEPC (brevet des collèges aujourd'hui). Là encore, Motobécane et Peugeot se partageaient la part du lion même si quelques mobylettes italiennes se prenaient pour des motos. Curieusement notre rayon d'action ne changea guère, nous courrions les mêmes secteurs avec cette fois un peu plus de mixité et paradoxalement de vélocité.

Illustration 3

Il ne nous serait pas venu à l'esprit de rouler sur le trottoir ni même de ne pas mettre le casque. Nous continuions de ne pas attacher nos véhicules mais en contrepartie, nous étions sous le regard vigilent de la gendarmerie et de tous les adultes, tous prompts à nous remettre dans les clous sans que nous en soyons offusqués. C'était la règle d'un jeu que nous acceptions tous de bonne grâce. Gare du reste à celui qui se plaignait d'une remarque faite par un tiers à ses parents, il héritait de la double dose.

Que dire désormais de ces vélos qui n'ont même plus de pédales, d'une assistance électrique qui n'assiste plus le moindre effort et de ces gamins de moins de quatorze ans qui à l'instar de bien des adultes pressés foncent tête baissée et pas casquée sur les piétons, cette curieuse espèce en voie de disparition qu'ils entendent éradiquer de nos trottoirs avec la complicité des trottinettes à toute vapeur.

Il se peut que je sois un vieux timbré mais cette notion d'espace partagé où le marcheur doit répondre à l'injonction pressée du cycliste qui le klaxonne véhémentement, me dépasse au-delà du violent courant d'air qui me frôle sans même respecter une distance de sécurité. Il serait bon de revenir au temps d'une petite reine qui ne soit plus sur la sellette.

Illustration 4

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