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Billet de blog 8 août 2025

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Citoyens français itinérants.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Les voyageurs vous saluent bien.

Illustration 1
© Auguste Chabaud

À chaque jour ou presque son expression lourdingue, ampoulée, prétentieuse ; cette forme désolante de désignation de ce qui en définitive, échappe totalement à la compréhension certes mais bien davantage à la capacité d'agir de nos élites à l'inaction chronique à l'exception notable de la dimension langagière. Leurs grandes écoles de la consanguinité de classe leur ont enseigné l'art de noyer le poisson, d'embrouiller les électeurs tout en pissant aimablement dans un violon, tels des virtuoses de la vacuité.

Les mots se plient à leur incapacité à transformer un tant soi peu le réel en voguant allégrement sur leur chère langue de bois qu'ils maîtrisent avec une dextérité qui donne envie de vomir aux quelques personnes dans ce pays qui ne sont pas dupes que cette manière de nommer les choses, d'inventer des concepts creux, de savonner la planche lexicale est le seul recours dont ils disposent pour brouiller les pistes.

Je découvre avec effarement cette nouvelle appellation émanant d'une direction nationale totalement incontrôlée. Les gens du voyage ne sont plus ! Eux qui jadis étaient des romanichels, des gitans, des tsiganes et des forains éventuellement, autant de termes qui écorchent la bouche des « gadjos » encravatés, sont, par la fertile imagination de nos chefs de cabinet et autres attachés auprès d'un parasite ministériel, devenus des citoyens français itinérants. Bientôt le sigle « CFI » viendra raccourcir un peu plus la pensée de ceux qui ont dû rémunérer un cabinet conseil américain pour pondre pareille ânerie…

Tout est soigneusement sous-entendu dans cette formulation : l'hypocrisie habituelle de cette caste, la morgue de ceux qui usent d'un tel vocable, le mépris absolu pour un statut qu'on pare d'une itinérance qui calmera peut-être l'envie d'envoyer balader ailleurs ceux qui se déplacent avec leur maison derrière un véhicule automobile. Et que dire des journaux qui reprennent ce vocable pour ne pas se mettre à dos les manches à air qui nous dirigent ?

Illustration 2

Jadis, il était possible de monter sur ses grands chevaux quant les roulottes faisaient leur apparition sur la place du village où à la lisière de la commune. Désormais, il convient d'installer des portiques, semer des gros cailloux devant des parkings devenus inutiles, placer des blocs de béton en des endroits stratégiques, creuser des fossés et autres chausse-trappes pour leur souhaiter la bienvenue, les bras ouverts et la bouche en cœur puisque, respectant la tendance de l'époque, ils sont tous passés à l'itinérance douce.

Les terrains des gens du voyage vont devenir les aires d’accueil et de recharge électrique des citoyens français en itinérance. On peut en dressant l'oreille, apprécier l'effet du suffixe « Rance » qui n'a pas été choisi au hasard. Il fleure bon le désir de rendre obsolète cette manière d'être dans la société des loisirs où les camping-caristes n'entendent pas être confondus avec ces gens-là.

Les voilà aussi citoyens de plein droit et ce patronyme semble vouloir en faire une démonstration fracassante en ajoutant, pour honorer l'esprit cocardier, ce « français » qu'on ne peut plus dire qu'au garde à vous, les doigts sur la couture du pantalon ou la main sur le portefeuille (précaution indispensable pour ceux qui au lieu d'honorer le coq gaulois, ont la réputation de lui voler ses poules).

Faut-il vous faire la liste interminable de ces expressions sorties de leur chapeau qui permettent de couvrir d'un écran d'une fumée opaque leur stérilité chronique à transformer le réel désastreux qu'ils ont créé de toute pièce en des années de Jacobinisme bureaucratique débridé, la version toute aussi déplorable d'un Centralisme éponyme ? Vous savez tous que changer les étiquettes que l'on colle sur un produit frelaté n'en modifie jamais la qualité…

Nous pourrions à notre tour proposer un néologisme de cette pertinence pour qualifier cette bande d'incapables chroniques. J'attends avec impatience vos propositions.

Illustration 3

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