Le cercle vicieux.
Je vais me passer de votre consentement pour traiter un sujet épineux s'il en est, qui hélas, se termine le plus souvent au détriment de la victime. Notre société, toujours empreinte de paternalisme est peu ou prou astreinte encore à un code Napoléon qui fait la part belle aux canailles de haut vol. Police et justice ne s'y trompent pas et jettent souvent un voile pudique sur des plaintes très souvent classées sans suite mais jamais sans conséquences.
Ces fameux non-lieux que brandissent les affreux lurons et leurs soutiens, y compris la femme du président, ils les portent comme des étendards pour prétendre à une innocence qui n'est en rien démontrée. Ils feraient mieux de faire profil bas, tous ces notables et notoriétés qui ont profité de leur aura pour abuser d'une femme puis d'un système fort complaisant à leur égard.
Nous ne comptons plus les ministres, les vedettes, les puissants qui se sont sortis d'affaire par la seule grâce de leurs entregents, ce puissant rempart aux incartades de leur entre-jambe. Ils courent encore et parfois même, le Président en personne vient au secours de la réputation du plus grossier d'entre eux. Une belle famille que celle-ci, si prompte à prendre fait et cause pour les plus abjects d'entre nous.
Acceptez-donc, chers avocats de ces gredins, que le terme suspicion d’innocence nous laisse pantois et même totalement dubitatif. Vous pouvez bien pinailler avec cette formule qui vous arrange si bien, nous n'opinerons jamais devant ce déni de vérité qui curieusement, va toujours dans le sens du puissant sur son vassal, du connu sur l'anonyme, du fort sur le faible, du célèbre sur le commun des mortels.
Nous ne serons jamais dupes de tous vos non-lieux, obtenus par la grâce d'avocats qui aiment à se mettre au service des meilleures rétributions pour faire valoir leur talent et jamais la vérité. Nous savons qu'il ne nous est pas permis de commenter une décision de justice alors que si c'est l'un des vôtres qui tombe sous le joug de celle-ci, vous usez de tout votre arsenal de communication pour pourfendre les mauvais juges et l'iniquité de leur décision.
Plus les affaires s'accumulent dans tous les domaines du reste, plus il est permis de croire que seule votre parole vaut, que rien ne peut jamais entacher vos turpitudes ou vos frasques, que nous sommes désormais dans un système dans lequel les gens du pouvoir et leurs proches bénéficient d'une immunité de fait et d'une certitude d’innocence relayée par des médias totalement acquis à leur mauvaise cause.
Du côté de ce fameux peuple souverain, incapable hélas de revendiquer réellement sa souveraineté, il convient de stigmatiser sa cécité dès qu'un de ses favoris est mis en cause alors qu'il devient impitoyable pour faire la chasse à ceux des autres camps. Tomber dans le même travers que les têtes couronnées, c'est faire leur jeu.
Il serait grand temps de ne plus laisser passer la moindre entorse à la loi, de ne plus se satisfaire d'une éventuelle peine d’inéligibilité ni d'attendre un jugement définitif, qui de procédures en appels est toujours renvoyé aux calendes grecques. Toute mise en examen devrait valoir retrait immédiat de la vie politique et toute peine définitive, une inéligibilité définitive.
Ce ne serait que justice mais comme ce sont les gredins qui font les lois, nous n'aurons jamais droit à la parole dans ce sens.
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