Passe-Port intérieur

Quand l'histoire bégaie.

22, noir, pair et Passe

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Notre bon Louis XI, monarque sourcilleux et autoritaire s'il en est, fut sans aucun doute l'inspirateur de notre très cher président aussi soucieux de notre santé que de la réussite financière de ses commanditaires.

Sous l'ancien régime qui revient au premier plan avec notre Monarque, le passeport est un outil permettant de mettre en avant une politique mercantile tout en mettant sous éteignoir les indésirables. À l'époque, le sauf-conduit avait pour but essentiel d'empêcher l’immigration hors du Royaume des artisans les plus qualifiés tout en organisant la répression sur les indésirables : vagabonds, chemineux, saltimbanques, indigents, et autres parasites de la société qui, pris par la patrouille, étaient rapatriés de force dans leur paroisse qui leur devait secours et protection.

Coupe-file, ce passeport devient rapidement un privilège, notion chère au législateur français qui a toujours aimé accorder des passe-droits, des dérogations, des marques de préférence à ceux qu'il convient de choyer. Nous avons pu le constater lors des couvre-feux à géométrie variable ou dans l'attribution de niches professionnelles échappant à la seringue : police, armée, députés.

Notons que la Révolution française n'est pas parvenue à balayer ce témoin de la monarchie puisqu'il fallut attendre le second empire pour enfin que cesse cet outil de la contrainte et de l’assujettissement à sa résidence. On ne sera pas surpris que le troisième Empire voie le retour de cette mesure discriminatoire et arbitraire par excellence !

Le passeport par la suite est rentré dans l'arsenal pour surveiller les étrangers, les sélectionner et les suivre à la trace. Nous voyons aujourd'hui qu'en faisant barrage sur certains vaccins sous prétexte qu'ils ne viennent pas enrichir les bons amis, le pouvoir continue de choisir les visiteurs acceptables et de renvoyer les vilains, les pas beaux, les trop pauvres. La liberté de déplacement des individus a toujours été inféodée à la taille de sa bourse.

Depuis 1912, un autre document a vu le jour pour une catégorie peu appréciée de citoyens. Les gens du voyage sont soumis à un titre de circulation qui se surajoute à leur carte d'identité. Ce terrible document est dérogatoire au droit commun et crée ipso-facto une sous citoyenneté. Désormais les individus privés de ce fameux Sésame sanitaire vont découvrir les joies de la marginalité administrative à leur tour, manière sans doute de se montrer solidaire avec ces premiers renégats de la République.

Notons encore, pour savoir à quelle sauce nous allons finir par être mangés que les gens du voyage ont le plaisir de disposer d'un passeport anthropométrique dont le vocable nous ouvre bien des perspectives. La fin effective du secret médical ouvre de nouvelles portes à la volonté maladive des autorités officielles et de toutes les instances qui exercent un pouvoir sur nous : entreprises, banques, hôpitaux … un droit de regard sur notre santé.

Nous entrons dans une nouvelle ère qui sonne le glas des libertés individuelles qu'importe l'opinion que nous puissions avoir sur le vaccin et la réalité d'une pandémie qui n'a rien de comparable avec ces devancières de très loin bien plus terrifiantes qu'elle. Les temps sont venus de renoncer à bien des acquis gagnés de haute lutte par les générations passées. Le Monarque impérial et ses sbires mettent en place un monde idéal, numérique et férocement liberticide.

Toute personne qui se conforte dans la soumission sous le prétexte fallacieux qu'il échappe pour l'instant aux restrictions, mesures discriminatoires et aux contrariétés et négations de sa liberté doit penser qu'un jour ou l'autre ce système insidieux va s'occuper de son cas après avoir mis à la raison d'État, les contestataires de l'heure. Ne désespérez pas, gentils adorateurs de la dose supplémentaire, le pouvoir dépassera largement la prescription initiale.

Impérialement sien.

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