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Billet de blog 15 septembre 2012

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Le salaire du labeur.

La sueur ne fait pas recette. Comment peut-on accepter dans une société qui affiche des valeurs de civilisation et de progrès une disparité des salaires qui se fonde uniquement sur le niveau d'étude ? On devine bien que, pour la classe dominante qui profite presque exclusivement de l'ascenseur social et dont les enfants obtiennent massivement un accès aux grandes écoles, cette discrimination est une garantie de continuation de l'injustice de classe.

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La sueur ne fait pas recette.

Comment peut-on accepter dans une société qui affiche des valeurs de civilisation et de progrès une disparité des salaires qui se fonde uniquement sur le niveau d'étude ? On devine bien que, pour la classe dominante qui profite presque exclusivement de l'ascenseur social et dont les enfants obtiennent massivement un accès aux grandes écoles, cette discrimination est une garantie de continuation de l'injustice de classe.

Je m'indigne à chaque fois que je passe devant un chantier et que je vois des hommes confrontés au bruit, à la poussière, aux intempéries et au danger et qui reçoivent pour le prix d'un travail d'une dureté incroyable un salaire de gagne misère, un Smic le plus souvent et qui selon madame Parisot et bien d'autres « philosophes » de son acabit est bien trop élevé.

Oui, ces hommes, sans lesquels rien ne se bâtirait, sont trop payés. C'est la seule chose qu'il faut retenir … Ils n'ont pas de diplôme, alors ce sera la misère pour le reste de leur vie. C'est si facile, c'est parfaitement abject. C'est fermer les yeux sur l'importance de leur action. Et quand des cravatés, portant fièrement le casque, passent leur rendre visite avec condescendance et mépris, c'est tout juste si ces distingués personnages jettent un œil sur la lie de notre société.

Simples ouvriers sans qualification, rien que cette appellation résonne du mépris de cet oxymore insupportable. Ils n'ont aucune certification reconnue alors on attribue une absence de qualification porteuse d'une ironie amère, d'un mépris absolu pour ce qu'ils font pourtant chaque jour. Honte à ceux qui usent encore de cette façon de dire l'absence de formation diplômante.

Mais qui sont ces gens qui forment les bataillons obscurs du sous-prolétariat de la misère salariale ? Ce sont les éclopés de la scolarité, l'échec scolaire de notre incapacité à prendre en compte la diversité et la massification de l'enseignement. Ce sont les éclopés du Monde, l'échec du partage des richesses à l'échelle de la planète. Exilés de l'intérieur ou de l'extérieur, ils passeront leur vie à ployer sous le joug d'un travail de forçat pour un salaire à ne pouvoir vivre dignement.

Voilà ce que nous acceptons sans honte ni mauvaise conscience. Voilà ce qui nous permet de profiter de toutes les infrastructures et bâtiments qui ont été construits par ces fourmis invisibles. Combien d'entre nous ont pris la peine de s'enquérir des conditions de vie et de travail de ces hommes qu'on couvre désormais de vêtements de travail de plus en plus ridicules ! Puisque nous ne voulons pas les voir lorsqu'ils travaillent pour notre confort, il faut les vêtir de tenues fluorescentes. Étonnant !

Au nom de quelle loi divine, au nom de quel principe légitime, est-il décrété que ceux qui travaillent à la sueur de leur front ne méritent que les miettes des richesses qu'ils produisent. Jamais je n'entends des voix s'élever pour dénoncer ce nouvel esclavage moderne. Regardez bien autour de vous, ces travaux pour un tramway, cette nouvelle autoroute, cet hôpital ultra-moderne qui sort de terre, ces bâtiments et constructions en tous genres … Sans eux, rien de ce qui fait encore notre confort collectif n'aurait vu le jour.

Ils sont si transparents que nous ne les regardons pas. Ce sont pourtant des hommes et parfois des femmes tout comme vous. Ils n'ont qu'une simple gamelle pour manger le midi dans la poussière et l'inconfort. Nous avons décidé de les effacer de nos consciences. Pourtant chacun doit savoir qu'ils sont les nouveaux damnés de la terre.

Rien ne justifie les écarts de salaire qui existent dans notre pays. Rien vraiment ne devrait permettre cet écart incroyable qui condamne certains à tirer le diable par la queue toute leur vie quand d'autres reçoivent des sommes colossales. Mais c'est surtout notre comportement vis à vis de ces travailleurs des durs labeurs qui devraient changer du tout au tout. S'il est des individus qui méritent notre estime, notre reconnaissance et notre admiration, c'est à eux que nous les devons et non à cette élite indécente qui tient les leviers du tous les pouvoirs

Chantièrement leur.

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