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Billet de blog 15 octobre 2012

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Que d'eau, mon ami Octobre !

L'hiver, c'est pour bientôt ?Octobre qui devrait être le mois de la magnificence de l'automne a décidé de se faire morose ! Vous voilà privés des couleurs majestueuses, des promenades revigorantes, des cueillettes merveilleuses. Le ciel plombe les esprits et la pluie qui tombe en continu vous contraint à vous cloîtrer. Cette fois, il faudra vous y résoudre, les beaux jours sont derrière vous. Vous allez entrer en hiver, le temps chagrin de l'indolence …

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L'hiver, c'est pour bientôt ?

Octobre qui devrait être le mois de la magnificence de l'automne a décidé de se faire morose ! Vous voilà privés des couleurs majestueuses, des promenades revigorantes, des cueillettes merveilleuses. Le ciel plombe les esprits et la pluie qui tombe en continu vous contraint à vous cloîtrer. Cette fois, il faudra vous y résoudre, les beaux jours sont derrière vous. Vous allez entrer en hiver, le temps chagrin de l'indolence …

Finis les longues promenades le long de la Loire, le plaisir du pique-nique, la joie de la flânerie sur les quais. Il n'est plus temps de se poser sur un banc, de regarder passer les chalands, de trouver un comparse pour entamer une longue conversation. Les rencontres de hasard attendront le retour du printemps, les temps seront désormais aux croisements furtifs, aux arrêts trop brefs.

La pluie n'est pas désagréable. Bien protégé contre ses attaques sournoises, il y a même un vrai plaisir à sentir cette eau qui coule sur votre visage, ce vent qui cingle, ces claquettes que font chacun de vos pas. Bien sûr, il y a parfois des flaques et de la gadoue, rien de bien sérieux en somme pour arrêter le pèlerin sans pépin.

Ce jour qui n'en finit pas de se lever et qui se dépêche bien vite de se coucher qui est cause de votre humeur chafouine. C'est ce ciel gris, cette atmosphère glauque qui plombent l'ambiance, qui font de vous des rats d'intérieur. Vous êtes réduits à passer le plus sombre de votre temps sous les néons et les ampoules blêmes. La journée au travail ou derrière la fenêtre, la nuit à attendre la journée suivante …


Ce sont encore les frimas qui s'annoncent et qui n'arrivent pas encore. Un bon froid bien sec, c'est un vrai bonheur, bien couvert, vous vous ravigotez quand d'autres sont frigorifiés et se calfeutrent dans des maisons à l'air vicié. Mais rien de tout ça en ce moment. L'humidité vous pénètre, elle vous fait frisson et petits bobos. Vos vieilles douleurs remontent à la surface de ce flot de pluies insidieuses …


Pourtant vous savez qu'il est temps de refaire les niveaux, que la terre réclame cette eau qu'elle n'a pas vu venir quand elle en avait tant besoin. Nos rivières et nos fleuves se gonflent à nouveau, fini le temps des minces filets maigrichons, ils retrouvent ces belles joues gonflées qui leur vont si bien. Mais autant à la fois ? Pourquoi diable faut-il que toute cette eau tombe en même temps ! Le grand régulateur ne sait plus donner dans la nuance ?


Vous vous consolez à l'écoute de la berceuse de l'eau qui tombe, ce doux grognement qui vous rappelle vos années de camping. Un crépitement délicat, un murmure qui parfois devient colère. Un bruit d'enfance qui restera toujours en vous et qui aime à se mêler à l'odeur de la terre mouillée, de l'humus qui se forme.


S'il ne pleuvait pas tant, vous seriez dans les bois. Les champignons vont sortir. Vous le devinez à ce parfum enivrant qui vous met en quête. Ce serait le moment de glaner, d'arpenter les bois, la truffe au ras du sol, le couteau dans une main, le panier dans l'autre. La nuit vous surprendrait, vous vous hâteriez de rentrer pour préparer votre récolte et vous régaler des joies de l'automne.

Hélas, Point de tout ça ! Le ciel s'est fait cataracte, vous êtes condamnés à n'être que le témoin passif de ce déluge derrière des carreaux embués. Vous tournez en rond comme le fauve dans sa cage qui se souvient de sa vie d'avant. Il vous faut sortir, retrouver le plaisir du grand air. Vous êtes là, spectateur impuissant d'un temps qui vous bouche toutes les sorties.

Vous prenez un livre, écoutez de la musique. Vous vous évadez en imaginaire ou en culinaire, vous gourmandez beaucoup. Vous traînez autour d'un apéritif qui ne se prend plus en terrasse, vous passez à table pour ne plus en sortir qu'à l'heure des vêpres. Vous vous donnez l'illusion de jouir de ce temps mauvais. Ce n'est que trompe l'œil, mensonge que vous vous faites. Il faut que cela cesse, vous n'en pouvez plus de toute cette eau qui vous fait poisson dans son bocal.

Vous prenez votre mal en patience. Demain sera un autre jour. Le soleil reviendra comme le dit la chanson. Mais que c'est pénible en attendant !

Morosement vôtre.

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