C’est Nabum
Abonné·e de Mediapart

3818 Billets

1 Éditions

Billet de blog 17 mai 2022

Passer les bornes, il n'y a plus de limites

Renaissance verte.

C’est Nabum
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

À contre-temps

La politique a ceci de merveilleux qu'il est toujours possible de faire dire ce qu'on veut à un choix, une décision, une orientation, pourvu qu'on y mette avec subtilité les éléments qui conviennent pour lier les ingrédients, épaissir la sauce afin que prenne la mayonnaise au risque de confondre un brouet et une émulsion. Qu'importe au demeurant puisqu'au bout du compte, tout ceci sera délicieux pour les uns et immangeable et indigeste pour les autres.

La tradition veut que le maître queux soit le chef d'orchestre d'une brigade dont la composition est encore plus savante que les plats préparés. C'est là le mystère de cette corporation qui ne pratique la subtilité que lorsqu'il s'agit de nous expliquer le délicat exercice des chaises musicales. Une fois l'orchestre désigné, le marmiton abandonne les subtilités de la musique classique pour diriger à la baguette une harmonie portant fièrement les couleurs du grand compositeur.

Le chef n'a que peu d'importance au final, ne choisissant ni le tempo ni encore moins la partition. Il se contente de battre la mesure, de prendre les coups de cymbales et de jouer éventuellement les fusibles en cas de fausses notes à répétition. Un rôle somme tout assez ingrat qui cette fois est confié à une femme.

Le plus plaisant dans l'affaire qui ne manque pas de sel c'est que concomitamment au changement d'enseigne : la France en Marche a laissé la place à La Renaissance, nous entrons dans un curieux antagonisme puisque l'homme dont le nom signifiait Château fait place à une dame qui marque de son empreinte le chemin à parcourir. Je doute que les experts en communication n'aient pas songé à cette facétie pour occuper un temps les derniers adeptes de la symbolique des mots.

La Renaissance mettra donc des pierres dans notre jardin puisque le vert sera au programme. Le Notre ayant décliné l'offre du Monarque, c'est dame Élisabeth qui va nous faire passer des vessies pour des poternes, afin de colorer ce nouveau mandat d'une fine couche de chlorophylle. Pour le reste, c'est dans les vieux pots qu'on réalise les meilleurs brouets, n'attendons rien des convertis de la dernière heure. L'écologie n'est qu'un leurre quand on conserve le modèle économique qui a conduit à la ruine la Planète.

Passer les bornes il n'y aura plus de limites. Dans trois ans il sera trop tard et cette pauvre femme sera sans nul doute montrer du doigt pour n'avoir pas pu inverser une catastrophe engagée depuis longue date. Quitte à prendre une lampiste, autant que ce soit une femme, a certainement songé ce jeune homme si brillant ; Grand Méprisant de l'arrêt public. La borne pouvant le cas échéant, marquer la fin du parcours et non une simple étape du parcours.

Laissons-lui le temps d'agir puisque nous devons croire encore à cette illusion. La vérité est pourtant simple, penser l'écologie, le développement durable, la transition énergétique avec les outils cognitifs du passé, c'est aussi absurde que de tenter de nager avec une armure. La Renaissance du reste ne faisait que reprendre les valeurs de l'antiquité, n'apportant fondamentalement rien de véritablement nouveau.

Le bon Président le sait bien puisqu'il désigne une personne dont le nom même exprime la limite infranchissable de sa conversion. Le libéralisme, l'Europe, la croissance, le tout électrique, les dividendes, la bourse sont autant de concepts qui nous poussent dans l'inexorable fuite en avant vers le cataclysme annoncé. Le coup de Ripolin du petit malin n'est qu'un effet d'annonce, le choix d'une femme, un simple coup de communication pour envoyer une petite pincée de poudre de perlimpinpin dans les yeux des naïfs et des crédules.

Remarquez bien, dans les autres offres politiques, personne n'est en mesure de vous dire la vérité car jamais ô grand jamais, vous ne voteriez pour eux. Les jeux sont faits, on peut tout aussi bien passer du Monopoly au Mille Bornes, pour continuer à foncer dans le mur.

À contre-sens

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Inflation : en France, grèves partout, augmentations nulle part
Depuis des semaines, des arrêts de travail éclatent dans toute la France, et dans tous les secteurs. Le mot d’ordre est toujours le même : « Tout augmente sauf nos salaires. » Après des négociations décevantes, les travailleurs se mobilisent pour obtenir des augmentations à la hauteur de l’inflation.
par Khedidja Zerouali
Journal — Économie
Le risque d’une crise systémique de l’économie
Avec l’irruption de l’inflation s’engage une nouvelle phase de la crise du capitalisme. Désormais, celle-ci semble totale et multidimensionnelle. En trouver l’issue sera de plus en plus complexe. 
par Romaric Godin
Journal — États-Unis
Attaque du Capitole : Donald Trump plombé par un témoignage dévastateur
Une membre du cabinet de l’ancien président états-unien a témoigné mardi devant la commission d’enquête sur les événements du 6 janvier 2021. Elle affirme que Donald Trump savait que ses partisans étaient armés et qu’il a voulu les rejoindre.
par François Bougon
Journal
La crise politique de 2019 secoue encore la Bolivie
L’ancienne présidente par intérim, Jeanine Áñez, a été condamnée à 10 ans de prison pour non-respect de la Constitution et manquement à ses devoirs, pour s’être installée à la présidence sans en avoir le droit, en 2019, après le départ d’Evo Morales. Une procédure judiciaire loin d’être finie. 
par Alice Campaignolle

La sélection du Club

Billet de blog
« Very bad trips » à l’Organisation mondiale du commerce
20 mois et 6 jours de négociations à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour finalement acter, une nouvelle fois, que le commerce prime sur la santé. L’OMC et l’Union européenne (UE) se gargarisent aujourd’hui d’un accord sur la levée temporaire des brevets (TRIPS) sur les vaccins anti-COVID.
par Action Santé Mondiale
Billet de blog
Pour un service public de santé territorial 3/3
Publié sur le site ReSPUBLICA et écrit avec Julien Vernaudon, le premier volet de cet article donnait le contexte historique, le second une analyse de la situation actuelle des professionnels de santé de premier recours et de leur évolution. Ce troisième et dernier volet propose la création d'un vaste et nouveau service public se santé territorial.
par Frédérick Stambach
Billet de blog
Innovation et Covid : demain, rebelote ?
La quiétude retrouvée dans nos pays n’est pas de bon augure. S’il y a résurgence du Covid, tout est en place pour revivre ce qui a été si cruellement vécu: l’injustice dans l’accès aux vaccins à l’échelon mondial et le formatage de la gestion de la pandémie au gré des priorités économiques des pays riches et intérêts financiers des firmes pharmaceutiques ... Par Els Torreele et Daniel de Beer
par Carta Academica
Billet d’édition
Covid-19, 7ème vague : l'État se rend encore « fautif »
Une septième vague de contaminations au COVID-19 frappe la France. Alors que le tribunal administratif de Paris a reconnu l'État « fautif » pour son impréparation lors de la première vague, le gouvernement ne semble pas tenir compte des remarques passées ni des alertes de la société civile.
par Mérôme Jardin