Le racolage politique

La toile : circonscription unique.

Quel cirque !

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Il est des comportements de notre chère (onéreuse tout autant) classe politique qui me laissent parfaitement pantois, étrangement dubitatif et inexorablement interrogatif. Parmi la myriade d'incongruités dont ces curieux individus parsèment leurs démarches, leur rapport à la toile me laisse circonspect pour le moins. Ils ont substitué l'écran à écran au porte à porte ; sans doute une nouvelle pratique barrière. Il ne vous a sans doute pas échappé que c’est devenu pour eux, le lieu privilégié du racolage idéologique.

Je me rends soudain compte que j'utilise là un vocable qui échappe singulièrement à leurs préoccupations. L'idéologie a du reste déserté leurs préoccupations. Il est vrai que l'exemple vient d'en haut ; le premier d'entre eux ne fait-il pas fi de la chose avec une rouerie assumée ? Seule la stratégie, élaborée dans des cabinets privés en se fondant sur des sondages d’opinions leur tient lieu de ligne d'inconduite, naviguant à hue ou à dia selon leurs intérêts.

Ce qu'ils attendent désormais de nous c'est tout simplement qu'on les aime. Rien de plus, un petit clic pour leur dire notre amour. Ce n'est pas surprenant que parfois la claque supplante le clic, mais ceci est une autre histoire qui les a unanimement outrés, bien plus que tous les reniements, les trahisons, les mensonges, le mépris de leurs semblables.

Oui, nous sommes sollicités chaque jour pour déclarer notre passion par ordinateur interposé. C'est un mouvement sans précédent et les prétendants sont si nombreux que le pauvre internaute ne sait plus où donner de son affection digitale. Pire, il y a là des solliciteurs venant de tous les horizons idéologiques, ce qui avouons-le est un peu fort de café.

Ils auraient au moins pu s'assurer que leur cible était compatible avec les éventuelles valeurs qu'ils avaient conservées en vitrine. Mais non, ils viennent réclamer cette marque illusoire d'adhésion à leur personne. Car voyez-vous, en prime, la seule chose qu'ils mettent en avant, c'est leur trombine. La politique désormais se résume à l'exposition des portraits ce qui ne peut donner que des envies de baffe !

Parfois même, ils omettent de signaler leurs couleurs. L'exemple là encore est venu de ce parti présidentiel qui non seulement nous a trahi par son slogan mais qui plus est se fait le grand spécialiste de la reculade. Autre incongruité de ce harcèlement, la notion de circonscription est totalement balayée. Un candidat qui prétend aux suffrages à des centaines de kilomètres a besoin de votre considération. C'est assez surprenant, je ne vois pas trop ce dont il peut en faire…

Les questions qu'impliquent cette nouvelle manière d'être en campagne sont multiples. Il n'est qu'à évoquer ceux-là. Tout d'abord, comment ont-ils eu notre nom ? Est-ce le hasard qui détermine cet arrosage de la toile ? Il est vrai que c'est désormais le principal moteur de leurs décisions quand ils sont élus. Est-ce le résultat d'une chaîne de liens ? C'est donc qu'ils confondent cette amitié factice des réseaux et la citoyenneté ce qui atteste de leur mépris pour la démocratie véritable. Est-ce encore une volonté de débattre ? Il n'est qu'à essayer de riposter à leur quémande par quelques arguments pour constater qu'ils ne sont pas là pour discuter…

Enfin, en cette pénible période de réduction de nos libertés fondamentales au nom du dictat sanitaire, le vote échappe à tous les interdits qui entravent nos vies. Le pass sanitaire n'est pas nécessaire pour aller déposer son bulletin dans l'urne le visage couvert en dépit de la loi. Le devoir civique échappe à l'air putride du temps. Il eut été pourtant plus judicieux de pouvoir voter sur internet. Mais voyez-vous, cet outil n'est reconnu que pour ce racolage insidieux.

S'ils se fichent pas de nous, vous m'expliquerez alors ce qu'ils font exactement. En attendant, les malotrus qui viendront à l'avenir réclamer mon petit clic amoureux, recevront n'ont pas une claque mais ce texte qu'ils s'empresseront de ne pas lire.

Exaspérément leur.

Quant au premier racoleur, il lève le masque juste avant les élections ...

La démagogie pour ligne politique.

Ils sont fous ces gredins !

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