Saint-Étienne-de-Chigny
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Les mariniers de Saint-Étienne de Chigny fêtent les trente ans d'existence de leur association : « Brasse-Bouillon ». Ils ont eu envie de convier un Bonimenteur flanqué d'un chanteur à leur journée festive puisque nous étions passés dans le secteur lors d'une grande remontée mémorable. L'invitation ne peut se concevoir sans un conte taillé sur mesure pour la belle occasion. Je vous invite à découvrir ici, l'anatomie d'un conte qui s'appellera : « La Belle fille ! »
Le point de départ habituel des recherches est l'incontournable Wikipédia quand les sites locaux font défaut. Là, je vais en premier lieu chercher l'origine du nom du village. Je découvre sans grande conviction qu'il y a de la châtaigne dans l'air, à la condition de faire de la gymnastique étymologique. Je ne pousse pas la piste plus avant.
Peu satisfait de ma recherche, je vais errer sur les cartes afin de chercher un indice susceptible de tirer un écheveau. Cette fois je suis servi. Il y a tout d'abord ce lieu-dit au nom qui m'attire immédiatement : « La queue de la Merluche ». Je vais en faire mes choux gras. Situé à proximité d'un ruisseau émissaire de l'étang de la Remellerie, sans trop savoir si c'est possible, j'envisage d'y faire tremper de la morue salée.
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Pourquoi me direz-vous ? Pour la Merluche ça va de soi. Mais non content de me saisir du premier sens, je vais découvrir que c'est aussi le surnom du laquais d'Harpagon dont la servante est précisément « La Dame Claude » celle qui sera l’héroïne du récit. Voilà un point de départ qui suppose un point de chute.
La carte me permet de découvrir un petit affluent de Loire : la Bresme, qui se jette en un lieu baptisé « la pointe de la Belle fille ». Voilà de quoi alimenter un scénario pour expliquer ce joli nom toponymique. En remontant le ruisseau, je découvre alors la présence d'un lavoir, ce qui va permettre de nourrir la situation.
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La Dame Claude me fait penser inévitablement à Madame Claude et de fil en aiguilles, le Bordeau va jouer un rôle dans l'histoire. N'ayant pas l'intention de faire de la belle fille une pensionnaire des maisons closes, elle sera une lavandière qui héritera des draps de ce lieu de perdition.
Il convient ensuite de trouver un dénouement pour aller du lavoir jusqu'à la confluence. Je ne compte pas vous le dévoiler alors que vous aurez le plaisir de lire le conte dimanche à moins que vous ne veniez à notre rencontre ce samedi 18 mai de 10 h à 18 h pour cette journée de célébration marinière.
Ne me restait plus qu'à mettre en Loire tout autant qu'en scène un chaland du nom de « Brasse-Bouillon » pour parachever ce récit taillé sur mesure pour l'occasion. Bien sûr, il n'y a pas de quoi révolutionner l'art de la narration orale, mais répondre à une invitation avec un petit cadeau n'est jamais mal venu.
Les situations qui feront la trame du récit doivent aussi permettre à mon camarade chanteur de glisser une chanson ou deux en lieu indirect avec le récit. C'est ainsi que celui-ci lui permettra d'entonner : « La Venelle à quatre sous », chanson qui figure dans le livret : « Les mots qui chantent » ce qui ne mange pas de pain. Le tour est joué et vous resterez sur votre faim jusqu'à demain.
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