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Billet de blog 18 septembre 2012

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Quand ça va de guingois dans notre marine en bois !

La clef de la discorde … Les Journées du patrimoine obligent, le port de notre bonne ville s'est un peu réveillé. Là où d'ordinaire un seul bateau allait en rond sur le chenal pour expliquer la Loire et ses histoires aux curieux et aux touristes, le comité d'organisation a mobilisé le commandant officiel, l'ami de notre bourgmestre, pour remplir une fonction pour laquelle lui seul a été missionné conventionnellement.

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La clef de la discorde …

Les Journées du patrimoine obligent, le port de notre bonne ville s'est un peu réveillé. Là où d'ordinaire un seul bateau allait en rond sur le chenal pour expliquer la Loire et ses histoires aux curieux et aux touristes, le comité d'organisation a mobilisé le commandant officiel, l'ami de notre bourgmestre, pour remplir une fonction pour laquelle lui seul a été missionné conventionnellement.

Nous ne pouvons que nous féliciter de voir deux bateaux naviguer quand il n'y en a qu'un d'habitude. Plus il y aura de gens à connaître le fleuve, plus ils seront nombreux à le choyer, le chérir et le respecter. C'est bien là l'objet de ces journées du patrimoine et nous nous en réjouissons tous bien sincèrement.

Ce qui peut agacer le bonimenteur que je suis, c'est que nul n'ait songé à me quérir pour que je narre à ma manière cette étrange mare qui coule aux pieds de notre cathédrale. Il est vrai que je n'ai ni relations en la place ni bonne réputation. Le Patrimoine a besoin de valeurs sûres, le dérapage est si vite arrivé en matière d'histoire. Mes menteries peuvent agacer les nez pincés !

Laissons là mes aigreurs de conteur condamné au silence. La goutte de trop qui a fait déborder notre Loire est d'une toute autre nature. Un acte si mesquin que le raconter ici va provoquer incrédulité et incompréhension auprès de lecteurs qui pensent que nous sommes au pays de la Raison. Hélas, le petit incident mineur que je vais vous bailler est parfaitement vrai ; il atteste que les gamineries de nos cours de récréation ne cessent pas quand l'enfant grandit et devient un adulte responsable …

Notre bon maire, rendons lui cette initiative lumineuse, a décidé de redonner au fleuve la première place dans notre ville. Il a supprimé le parking sauvage qui se faisait sur les quais, a embelli les abords du fleuve, a créé une animation et une vie en tournant les regards vers la Loire. Il a repercé le canal historique, omettant, c'est un peu ballot, de le rendre étanche, mais on ne peut tout faire correctement et avouez que c'est un bien petit détail parmi tant de belles choses …

Pour ce projet gigantesque de réhabilitation du fleuve dont le point d'orgue est le Festival de Loire qui a lieu tous les deux ans, il s'est laissé conseiller par un vieux loup de Loire, un marin émérite qui a la fâcheuse propension à ne point aimer partager. C'est là son défaut le plus redoutable car l'homme a parfois bien du mal à se contenir …

Les quais bruissent des débordements du commandant aux épaulettes marinières, des explosions à vapeur de son tempérament bouillant, des sorties chaloupées et des algarades de marinier assoiffé. C'est ce qui fait le charme d'un port, faire vivre la tradition, suppose de payer un peu de sa personne et en la matière, reconnaissons lui une générosité extrême !

N'aimant pas délayer à plaisir les circonstances pour le simple bonheur de narrer les faits dans leur exact contexte, j'en viens à mon mouton noir afin que de vous ouvrir les yeux tout en vous fermant la porte au nez. Notre municipalité, toute dans sa volonté d'ouvrir la Loire au plus grand nombre, a construit un embarcadère à ce simple usage.

Mais dans le même temps et de manière concomitante, un arrêté anti-bivouac est venu s'ajouter à un arrêté anti-alcool pour compléter toutes les mesures anti-fêtes, anti-jeunes, anti-tout qui donnent à notre ville sa belle réputation festive quand on nous nomme « Les Chiens d'Orléans ! » Alors, pour ne pas déroger à la réputation j'aboie un peu mais rassurez-vous, moi, je ne mords pas …

Ce n'est hélas pas le cas de tout le monde et en cette journée du patrimoine, la porte d'accès à l'embarcadère a connu un changement étrange et malveillant de cadenas. Nous avions la clef de la serrure précédente, la nouvelle n'était, miraculeusement qu'en la seule possession de l'ami du maire. Nous dûmes embarquer nos passagers en des lieu plus instables au risque d'un déséquilibre aqueux.

Ne voyant pas le mal partout, j'ose espérer que la substitution ne fut que fortuite. Qu'elle advienne précisément en ces jours symboliques n'est, naturellement qu'une pure coïncidence, naturellement exceptionnelle. Il serait grand temps que les mesquineries ligériennes cessent et qu'il soit enfin acquis que la Loire n'est propriété de personne à Orléans comme partout ailleurs sur son cours. Je referme ce billet d'humeur sur un point d'exclamation final en prenant bien garde de ne pas y ajouter de cadenas !

Cadenassement vôtre.

Le lendemain, le cadenas originel est revenu à sa place, nous savons désormais où se niche la misérable mesquinerie. Qu'une municipalité cautionne de telles gamineries me sidère ! Pauvre ville ...

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