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Billet de blog 19 janvier 2026

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Les bons comptes…

Illustration 1
© Chaunu

Il est dans l'existence d'un chef d'état des décisions qui engagent l'avenir de toute une nation et qu'il convient de ne pas prendre à la légère. Il s'agit alors de peser attentivement les avantages et les inconvénients, les risques et les périls, les coûts et les dommages potentiels. Nous savons depuis le temps que nous voyons à l'œuvre notre grand Timonier, qu'il est de ces gens qui de par leur profession, ont un goût immodéré pour les bons comptes.

Il y eut donc une réunion au sommet de l'État pour prendre une décision d'importance : « Combien faut-il envoyer de soldats sur le terrain pour sauver le Groenland des convoitises du grand méchant loup américain ! » Une commission avait planché au préalable sur le sujet, évoquant des pistes de réflexion afin que notre grand stratège se détermine en connaissance de cause.

Une liste de propositions parvint donc sous la forme d'un mémoire classé Secret Défense. Malgré les difficultés relatives à l'établissement de la vérité, je suis parvenu à en parcourir les éléments clefs afin de pouvoir éclairer votre lanterne sur ce sujet qui risque fort de mettre en péril l'équilibre du monde occidental et les rapports de forces parmi les anciens alliés de l'Otan.

Quinze Marins Sur Le Bahut Du Mort © MrsGwenouille

Connaissant l'enthousiasme du patron dès qu'il s'agit d'évoquer la chose militaire et le réarmement de la France, les experts de l'état-major, mandatés pour établir des propositions commencèrent par évoquer l'envoi d'hommes de troupe sur le terrain, n'y allèrent pas par le dos de la cuillère. Ils évoquèrent en premier lieu la mobilisation d'une division soit entre 10 000 et 30 000 hommes de troupe.

L'énormité du coût laissait à craindre des réactions d'un ministre des Finances qui n'avait pas encore bouclé son budget, il fallut en rabattre quelque peu. On divisa par trois la division pour se tourner vers la brigade. Le terme était commode puisque Louis de Funès et ses gendarmes avaient largement œuvré pour la renommée de ce terme. Hélas, là encore avec en moyenne 7 000 à 8 000 soldats en pied de guerre, les finances du pays n'autorisaient pas pareille aventure.

On se tourna ensuite vers le bataillon, une unité militaire commandée par un officier supérieur et regroupant de 300 à 1 200 hommes. L'inquiétude se porta sur ce fameux officier supérieur. Il n'était pas possible d'en trouver un en mesure de supporter le climat du Groenland et le nombre paraissait encore excessif en rapport avec les moyens actuels du pays.

Il fallut descendre d'un échelon et se tourner vers l'escadron, au nom si sympathique qu'il eut sans doute obtenu l'adhésion de l'opinion publique. Sous le commandement d'un capitaine, cent vingt soldats peuvent ainsi être projetés rapidement sur le terrain. La solution eut été acceptée si notre bon Freluquet n'avait dit : « Un capitaine doit porter un brassard qui sera perçu comme un signe annonciateur de deuils à venir ! ». Les militaires haussèrent les épaules et n'osèrent contredire le chef des armées.

On se tourna alors vers le peloton, petite unité de 25 soldats triés sur le volet pour leurs compétences et leurs capacités à affronter les conditions extrêmes du futur théâtre des opérations. Cette unité eut été séduisante si le terme peloton ne renvoyait pas immanquablement à l'idée d’exécution, terme qui aurait déplu au président américain dont il faut malgré tout ménager la susceptibilité.

Un expert cinéphile, de guerre lasse proposa d'envoyer 7 mercenaires. Il fut reçu vertement par un président pressé d'en finir. La suggestion quoique conforme aux possibilités de l'heure d'une nation en banqueroute, ne convenait pas à son altesse sérénissime. Chacun buttait désormais sur la position à prendre pour satisfaire à la promesse de solidarité vis à vis du Danemark tout en n'aggravant pas plus l'état désastreux des finances publiques.

C'est alors qu'une radio diffusa au loin le titre de Michel Tonnerre : « Quinze marins, sur le bahut du mort ! » et que le Freluquet s'écria : « Mais bon dieu, c'est bien sûr ! ». Ainsi furent envoyés quinze biffins.

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