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Billet de blog 22 janvier 2026

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Naufrage au bord du Loiret

La monnaie de leur pièce

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Les temps changent.

Illustration 1

Sur les rives du Loiret à la belle époque, les badauds venaient pêcher à la ligne, manger la friture et les délicieux fromages d'Olivet. Le canotage permettait d'explorer et d'admirer les sites ravissants : châteaux, belles demeures et troublantes folies ainsi que les moulins admirables tandis que des lieux festifs ouvraient leurs portes pour faire la fête. Olivet, fut ainsi, longtemps, le rendez-vous de promenade des Orléanais qui venaient déjeuner aux terrasses de restaurants donnant sur la rivière tandis que de place en place, la musique des guinguettes invitait à une pause coquine autour d'un bon petit verre de blanc.

Jusque dans les années 1960, les guinguettes proposèrent des bals populaires tandis que les gens plus raisonnables fréquentaient les bonnes tables et que tout ce joli monde aimait à se promener en barque. Comme en bord de Marne, nous trouvions ici un des hauts lieux français des loisirs populaires d'une époque qu'on qualifie aujourd'hui de Belle, la nostalgie en tête.

Les temps ont sans doute changé car après avoir eu la curieuse idée de redonner vie à ce glorieux passé, une association orléanaise songea à réserver une salle dans l'un de ces établissements qui firent jadis la renommée de l'endroit. Bien mal leur en prit puisque si la table demeure de qualité, l'esprit s'est envolé, sans nul doute avec le montant des charges et les contraintes administratives, à moins que ce ne fut par une absence totale de bonne volonté de la part d'une tenancière acariâtre.

Je me dois de vous narrer par le menu les difficultés rencontrées afin que vous y réfléchissiez à deux fois avant de vous rendre à cet endroit qui porte le nom d'une Île de l'Océan Indien. Il est toujours utile d'éclairer la lanterne de ses semblables afin qu'une mauvaise expérience ne se reproduise pas auprès d'autres.

Nous étions cinquante-cinq, nombre raisonnable pour envisager une recette substantielle en cette période de crise pour passer notre repas de Noël dans un cadre enchanteur. Nous avions réservé une salle, destinée à cet effet, pour un repas pris le midi, en semaine. Nous espérions ainsi trouver un accueil plus serein qu'un week-end.

Illustration 2

La négociation pour le menu fut ardue et pourquoi pas le dire, fort pénible. Comme s'il fallait arracher des changements ou des facilités à une commerçante qui ignore les vertus cardinales de sa profession. De son côté, elle imposa des conditions draconiennes : l'adjectif prit tout son sens lors de ce fameux moment. Il fallait arriver après midi et repartir avant qu'il ne soit seize heures : impérativement !

Autre pierre d'achoppement, nous entendions profiter d'une animation musicale qui provoqua des cris d’orfraies chez une dame soucieuse de son voisinage au point de tout interdire dans un premier temps puis de tout régenter après avoir mis un peu d'eau dans son vin, jusqu'à modifier le programme de l'artiste et de lui avoir imposé de se taire à partir de 15 heures sans autre motif que le bon vouloir de cette harpie.

Ajoutons un service qui compte tenu d'un repas à plus de soixante euros par personne, eut pu être accompagné de quelques sourires, si ce n'est de gratitude, mais simplement de reconnaissance du ventre et vous aurez une petite idée du climat qui régna en ce lieu. La table évidemment se ressentit de la volonté de tirer sur les prix ; nous ne devions pas correspondre aux attentes pécuniaires de la maison.

Deux bouteilles de vin pour des tables de dix, un blanc et un rouge, s'avérèrent suffisantes tant la qualité du breuvage ne fut pas de nature à y revenir. Ajoutons que l'apéritif : un planteur (option particulièrement économique) fut servi avec une simple verrine en guise d'amuse-bouche. Le ton était donné d'entrée avec un service qui traîna singulièrement ce qui réduisit d'autant la tranche horaire qui nous était généreusement consentie.

Par honnêteté et esprit de solidarité avec d'éventuelles associations désirant trouver un endroit pour se réunir autour d'un repas, je me suis senti dans l'obligation de faire un bref résumé de ce naufrage au bord du Loiret qui entache singulièrement la réputation d’accueil de ce lieu qui fut jadis un des fleurons de la gastronomie locale. Je précise que je ne préjuge cependant pas de la qualité de l'endroit pour des convives classiques, venant en tous petits groupes. Je vous laisse vous faire votre jugement n'étant pas du tout enclin à revenir en cet estaminet.

Illustration 3

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