Espace culturel de plein air

Il est un lieu qui fleure bon les vacances, la sérénité et le bonheur de vivre, un espace culturel en plein air disposant d’un grand dôme de toile pour se replier si par malheur le ciel se faisait chagrin.

Avec le plus beau panorama sur la ville

 

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Il est un lieu qui fleure bon les vacances, la sérénité et le bonheur de vivre, un espace culturel en plein air disposant d’un grand dôme de toile pour se replier si par malheur le ciel se faisait chagrin. La Loire lambine paresseusement à ses pieds, la troupe des oies a élu domicile en ce petit paradis urbain. Au loin, sur l’autre rive, l’agitation semble si dérisoire tandis que la cathédrale s’offre tout simplement à notre admiration.

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C’est là qu’Arno et Christelle Methiviers ont décidé de tenter le pari insensé d’une proposition artistique sous le soleil de l’été comme pendant les frimas de Noël. Bien-sûr, pour attirer le chaland, il y a des chaises longues, une petite restauration de survie, quelques boissons, des tables à la joyeuse mobilité pour la convenance des groupes. Il y a encore des pupitres avec vue sur Loire à moins que ce ne soit des écritoires ou bien encore des accoudoirs à rêverie.

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L’espace et la distanciation y sont la règle tandis que des bénévoles, magnifiques de disponibilité et d’amabilité se pressent pour nous être agréables. C’est là sans doute la clef du succès de cet endroit miraculeux, en apesanteur à moins qu’à l’instar de son créateur, il ne soit en suspension perché sur je ne sais quelle nacelle imaginaire, loin des contingences du réel.

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Ici, les artistes endémiques ont toute leur place. Vous savez ces curieux individus qui écrivent des chansons, jouent de la musique, inventent des chorégraphies, proposent des créations sans avoir l’estampille incontournable ailleurs du Vu à la télé ou bien venu d’ailleurs. Ces créateurs locaux que l’on boude ostentatoirement sur l’autre rive car, sans vraiment les connaître, ils ne figurent pas parmi les catalogues officiels de la culture prémâchée, à programmer plus d’un an à l’avance.

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Ici, si vous passez avec une envie de montrer ce que vous avez dans le ventre ou bien dans le cœur, il vous sera fait une place, le dos à la Loire pour que chacun profite de vous et d’un spectacle à nul autre pareil. Pour les plus nombreux, les consommateurs savent qu’il y a là un tremplin ou bien un examen de passage pour ceux qui se livrent sans filet. Ils sont écoutés respectueusement et ceux qui ne viennent que pour se retrouver entre amis s’installent plus loin. C’est une règle tacite que, hélas, de rares exceptions enfreignent, des amputés de la tolérance à qui il convient d’expliquer que chacun à sa place pourvu que ce soit en bonne intelligence.

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La bonne intelligence parfois vient à manquer quand une voie cyclable traverse en son chœur cette Paillote immobile. Les adeptes les plus furieux de la vitesse et de tout électrique se moquent bien évidemment de ces curieux personnages qui baguenaudent, discutent un verre à la main ou bien écoutent attentivement un concert. Ils sont les nouveaux chevaliers des temps modernes, ceux qui doivent passer à tout prix, qu’importe la couleur d’un feu, les gens sur leur passage ou les encombrements de l’endroit. C’est le seul bémol auquel je ne doute pas que la nouvelle municipalité apportera réponse autrement qu’en fermant la culture qui entrave la mobilité douce, nucléaire et agitée.

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Les adeptes hédonistes de la place finissent par les oublier, font abstraction des bruits de circulation pour jouir pleinement de cette bulle merveilleuse qui s’offre à eux. Le temps n’a plus de prise même s’il ne faut pas trop tarder car par respect pour les voisins, la structure ferme à 22 heures. Ce n’est pas qu'anecdotique, la Paillote s’inscrit véritablement dans un projet culturel qui intègre pleinement le quartier. Un exemple dont on devrait s’inspirer en d’autres endroits.

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Certains émettront des réserves sur mon objectivité. Il est vrai que c’est là une des seules structures estivales qui ose me mettre à sa programmation avec les amis de la Capitainerie et celle du Domino à Suèvres. C’est sans doute qu’ils expriment ainsi leur totale indépendance à moins qu’ils fassent preuve dans ce cas précis d’un fort mauvais goût. En ce qui me concerne c’est possible mais quant à la définition même de cet espace culturel de plein air, c’est à coup sûr le contraire. C’est une formidable réussite à laquelle je vous convie de vous associer au plus vite. Ici, il n’y a pas des clients mais des partenaires, des amis, des invités pour un partage d’émotions et de valeurs.

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Paillotement vôtre

Photographies de

Patrick Pommier

Bénévole à La Paillote

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