Les remugles d’une République si peu exemplaire

L’affaire Benalla.

Coup de casque ou de torchon ?

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Les médias, le parlement et naturellement la toile bruisseront quelques temps d’une affaire aussi sordide que symptomatique de ce qui se trame dans les écuries d’Augias de notre si parfaite République. Une canaille douteuse, un homme au passé incertain, au parcours qui interroge sur le recrutement au sein du Parti Socialiste puis de la République en Marche ensuite, joue les redresseurs de torts avec un brassard de police sur le bras. Puis le bruit s’estompera et l’insupportable routine reprendra son train sans rien changer au fond du problème

Ce qui pose problème au delà des faits que je me garderai bien d’examiner en détail, c’est la nature même du recrutement des collaborateurs barbouzes de notre bon Président. Pour ce que nous en apprenons, ce triste personnage ne peut être, loin de là, qualifié de recommandable. Pourtant, il est dans le saint des saints , dans l’entourage immédiat d’un chef de l’État, prétendument élu pour changer radicalement les pratiques déplorables de la politique à Papa.

Pire même, il a eu l’honneur, au regard de la folie qui a gagné le pays, d’être dans le bus des nouveaux rois du Monde, privilège que doit lui envier la Terre entière. Ainsi donc, à défaut d’être le bras droit du chef de l’état, il avait sa place au cœur même de l’actualité quelques temps après avoir commis, ce qu’on appelle communément une bavure. Une petite réprimande, quinze jours de mise à pied pour un gros bras, la belle affaire, et notre lascar était à nouveau sur le pont avant d’un car de prestige.

Nous serions en droit, nous les braves citoyens, d’exiger un comportement irréprochable dans les allées, les contre-allées et les caniveaux de la République. Hélas, il en va tout autrement quand l’impunité est la règle pour ceux qui tutoient les sommets et intransigeance le principe de base pour les citoyens, vaches à lait de ces canailles.

Nous ne pouvons oublier que le parlement a repoussé l’idée qu’il soit nécessaire pour un élu de disposer d’un casier judiciaire vierge. Tout ceux qui se sont vus refuser un emploi, bien moins payé du reste, pour une peccadille de jeunesse, apprécieront à sa juste valeur ce merveilleux deux poids deux mesures d’une justice à la balance faussée.

Nous savons également que la lenteur de cette soi-disant justice républicaine permet de faire traîner interminablement des procédures qui visent des têtes couronnées, des champions de la corruption ou de tout autre malversation en col blanc. Je tairai ici le nom d’un couple en tout point exemplaire qui n’a eu de cesse de se sortir à chaque fois de toutes les casseroles qu’il traîne depuis des lustres.

Alors pourquoi s’étonner que notre bon président, jeune loup qui a démontré durant son parcours victorieux qu’il savait trahir et mentir avec un immense talent, n’agisse pas comme c’était la coutume dans cet univers si vertueux. Il ferme les yeux sur les transgressions d’un barbouze aux ordres tout simplement parce que dans ce milieu (comme pour la pègre) tous les coups sont permis. Nous n’avons rien à dire, s’ils sont nos représentants, le peuple depuis fort longtemps n’est plus souverain pour toutes ces canailles, mais rabaissé simplement au rang de valets.

Il serait grand temps de changer de République, d’établir des règles du jeu d’une intransigeance absolue en matière d'honnêteté, d’exemplarité et d’égalité. Car il est de plus en plus évident que la fameuse seconde affirmation de notre devise ne vaut jamais pour les moins que rien que nous sommes.

Que ce triste personnage soit mis définitivement à la porte de nos instituions et ce, à coup de bottes dans le train, paraît être la moindre des choses mais plus encore, qu’il n’apparaisse plus dans l’environnement d’une quelconque société ayant des liens avec le pouvoir, serait tout à fait, normal. Hélas, on reclasse dans ce petit monde détestable à souhait, bien plus facilement les canailles, que les chômeurs dans notre société véritable. Je n’ai aucune inquiétude pour monsieur Benalla, j’en ai bien plus pour la moralité des nos représentants et qu’on cesse de me dire qu’il ne faut pas faire d’amalgame, qu’il n’est pas juste de les mettre tous dans le même panier, tout contribue à démontrer que rien de bon n’est à espérer d’un tel système vermoulu et pervers.

Dégoûtement sien.

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