Bêtes et manants
Pourquoi diantre nous traitent-ils de bêtes
Eux qui ont oublié qu'ils demeurent des nôtres ?
Serait-ce leur chercher la petite bête
À ces curieux animaux comme les autres ?
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Ce sont inventés un dieu à leur image
Bien loin des chimères de la mythologie
Nous gratifiant d'un terrible message
Leur puissance provient de cette analogie.
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En quête d'une idée qui puisse les servir
Ils s'arrogent l'exclusivité de l'âme
Peuvent sans nulle vergogne tous nous asservir
Justifiant notre mort et bien des drames
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Notre trépas devient l'objet d'un rituel
Le frêle mouton se transforme en bouc émissaire
Dans un odieux acte sacrificiel
Qui préservera le fils et son vicaire
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Oies, dindes et chapon passent à la casserole
En suivant un calendrier liturgique
Qui privilégie le taux de cholestérol
À l'universel soucis œcuménique
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Le cochon ne tire jamais les marrons du feu
Lui qui fait office de fort mauvais diable
Car l'anathème l'épargnerait quelque peu
Pour nombre des pratiquants qui passent à table
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Les mécréants n'ont pas besoin de prétexte
Lorsqu'ils nous invitent à leur bacchanales
Leurs agapes se passant alors du texte
Pour transformer l'eau en délicieux cordial
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Nul officiant n'annonce le menu en chaire
Ils se passent volontiers de ces simagrées
Pour se délecter honteusement de nos chairs
En des cènes où nous sommes les seuls sacrifiés
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Ainsi donc, l'humain ce n'est pas vraiment malin
N'a définitivement nul besoin de croire
Pour que sa faim justifie toujours le festin
Quant il entend se multiplier et croître
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Pour la faune, cette véritable hécatombe
À de quoi ne pas donner créance au ciel
Quand bien même l'agneau de Dieu serait du nombre
La foi nous déverse toujours tout son fiel ….
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Agrandissement : Illustration 3