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Billet de blog 25 mai 2012

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Y'a pas de quoi en faire un Tabac !

Quatre millions de morts par an ! Qui dit mieux ? Que vous le fumiez, le chiquiez ou le prisiez, il se régale de votre palais, tapisse vos dents d'une belle teinte jaune pisseux, se love amoureusement dans vos poumons et encrasse avec délectation vos artères. Il vous enchaîne, vous tire par le bout du nez, vous fait la lippe et vous rend fou de lui. Inutile de vous rouler les pouces, pas besoin de jouer les cow-boys invulnérables ni de vous penser indiens avec vos signaux de fumée, le tabac, ce mal sournois, traque ses victimes, attire dans ses rets de nouveaux clients et ruine le porte-feuille encore plus sûrement que la santé. C'est dire à quel point cette feuille est sournoise !

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Quatre millions de morts par an ! Qui dit mieux ?

Que vous le fumiez, le chiquiez ou le prisiez, il se régale de votre palais, tapisse vos dents d'une belle teinte jaune pisseux, se love amoureusement dans vos poumons et encrasse avec délectation vos artères. Il vous enchaîne, vous tire par le bout du nez, vous fait la lippe et vous rend fou de lui. Inutile de vous rouler les pouces, pas besoin de jouer les cow-boys invulnérables ni de vous penser indiens avec vos signaux de fumée, le tabac, ce mal sournois, traque ses victimes, attire dans ses rets de nouveaux clients et ruine le porte-feuille encore plus sûrement que la santé. C'est dire à quel point cette feuille est sournoise !

C'est un don de Colomb, une plante revenue de ses expéditions d'au delà des portes de l'enfer. C'est d'ailleurs un beau cadeau du diable que cette plante là. L'herbe à Nicot vous prend la tête, vous asservit bien plus vite que toutes les autres drogues. Il n'y a pas pire dépendance. La nicotine se fait dopamine, elle vous donne tant de plaisir que vous ne pouvez plus vous en passer. C'est elle qui met le feu aux poudres.

Le manque, c'est le délire de celui qui n'a plus de cigarettes dans son paquet. Il lui faut absolument se mettre sa clope à la bouche. Il ira se garer en double file, risquer l'accident pour acheter son paquet fardeau. Il taxera amis ou voisins pour avoir sa dose. C'est qu'il est bon citoyen et qu'il tient à payer plus que sa part aux contributions fiscales.

Pour amuser la galerie, pour parfaire le poison mortel, pour piéger le gogo, les gentils manufacturiers, les fabricants « philanclopes » ajoutent de l'ammoniaque et des arômes. Ne reculant devant aucun sacrifice humains, dans cette merveilleuse petite fumée blanche, cinq milles substances viennent vous distiller leur venin par de savants mélanges de sauces et de venins. Que du bonheur en quelque sorte.

Le tabac, désormais, se fume. Toute combustion a son lot de monoxyde de carbone. Essoufflement et autres subtiles saloperies vous coupent le souffle. À chaque effort, vous crachez vos poumons. Vous contribuez ainsi à la réfection de nos routes, apportant une dose de goudron à ce si délicat petit jet de glaire. Mais ce n'est pas la seule offrande que le fumeur fait à nos routes et trottoirs. Il sème à tout vent, son petit mégot, ce prolongement de lui même. Il jette avec grâce ces immondes bouts racornis qui parfois peuvent déclencher bien des catastrophes forestières.

Cuisine chimique et dépendance physiologique sont deux mamelles de cette herbe à mourir à petit feu. Celui qui veut hâter sa fin, devenir cendre plus vite que son voisin, celui qui aspire à souffrir d'une fin affreuse, se lance dans la belle aventure de la fumée. Quelle volonté ! Ils ne reculent devant aucun avertissement, se fichent des menaces et des taxes, se moquent de sentir la fumée ou le boucanné, d'embrasser comme un cendrier, d'avoir les cheveux poisseux. Ils ont fait don de leur corps à la persévérance tabagique.

Le crabe vient prendre son lot de clopeurs et de fumeurs, de crapoteurs et de pompeurs. Ils casseront leur pipe après avoir empesté leurs voisins de table. Depuis la loi Évin, ils ont encore le bonheur de s'enrhumer plus que les autres en se réunissant en bandes, été comme hiver sur le trottoir, devant un bar ou une entreprise.

Alors, me direz-vous, ces gens sont timbrés ? Que nenni ! Ceux-là ne sont que les repentis . Ils se mettent un badge sur la peau pour avoir leur dose de nicotine pour supporter le sevrage. Pourtant les beaux esprits vous diront que ce n'est qu'une question de volonté ...

Alors qu'à rebours, il en faut de la volonté pour laisser partir en fumée une somme considérable chaque année. Il en faut encore pour avoir des vêtements qui empestent, une haleine de phoque, un palais incapable de distinguer les saveurs. Gloire soit enfin rendue à tous ceux, qui par sens du sacrifice, ont décidé de payer plus que leur tribut à l'état et ont fait don de leur corps à l'évanescence.

De plus, ils permettent d'année en année à la science de faire des progrès, à la médecine d'explorer de nouvelles maladies, à l'industrie de chercher toujours plus à parfaire ce piège magnifique qui curieusement, est drogue autorisée ! Allez, une petite dernière, celle du condamné.

Tabagiquement leur.

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