Bonimenterie
Des chansons et des hommes.
Il était une fois, un photographe émérite, amoureux du fleuve, de ses couleurs, de ses colères, de ses variations et de ses tourments. Jamais en repos, l'œilleton toujours à portée de viseur, il arpentait le fleuve pour immortaliser par le cliché ce qui est merveilleusement éternel : notre Loire
Il était une autre fois à moins que ce ne fût la même, un amoureux des phrases et des sons qui choisit le même fleuve pour en faire des chansons. Il prit sa plus belle plume pour décrire les métiers d'ici, professions d'hier et d'avant hier, petites gens des rives et de l'eau. Il en fit des airs qui n'en manquaient pas, bouffée d'oxygène et de rêverie dans ce monde de brutes.
Le troubadour et l'artiste étaient destinés à se rencontrer. Ils se sont retrouvés autour de la langue des oiseaux. Pas le petit oiseau qu'on prétendait faire sortir de cette boîte magique qui fige sur la pellicule des instants au-delà du réel. Non, la langue des poètes, celle qui se joue des subtilités des images et des sons pour satisfaire notre besoin de lumière.
Naturellement leur union se fit aux éditions du Jeu de l'Oie, ce bel animal qui a de tout temps symbolisé l'âme et l'image mentale des trésors cachés. Ce jeu, en spirale, les a entraînés vers des contrées magiques. Nous n'allons pas ici évoquer la merveilleuse symbolique d'un plateau à nul autre pareil. On peut seulement supposer que tous les deux sont tombés dans le puits quand ils étaient petits.
Ce ne fut pas pour eux la défaite finale mais le début de l'histoire et de la création. Ils sont sortis de l'œuf, ce neuf qui permet de gagner le paradis et d'éviter la prison, le puits, le labyrinthe ou la mort. Aux cases 26 et 53 se sont joués leurs destins. Ils seront artistes …
Alors, aujourd'hui, ils nous livrent conjointement le livre de la Loire et de ses hommes. Vaste entreprise dont nous ignorions tout jusqu'à ce jour. Le secret fut bien gardé. Aujourd'hui, jour de fête et de gloire, notre oie nous pond un œuf tout neuf, un livre magnifique, invitation aux rêves et à la poésie, à la contemplation et au bonheur simple des contes de notre enfance, des aventures de notre mère l'Oye
Alors vous prendrez si vous le voulez, deux dés et vous parcourrez ce livre comme une errance initiatique. Comme avec le jeu éponyme, vous n'êtes pas contraints de suivre la pagination. Vos flâneries se feront au gré de vos envies. Vous avancerez, vous reculerez, vous sauterez quelques cases, vous vous arrêterez plus longtemps à celle-là. Surtout, ne passez pas votre tour !
La comparaison s'arrête là, il n'y aura pas de perdants à sa lecture. Pour tous, le paradis n'est pas au bout du parcours. Chaque page, chaque cliché et chaque chanson peuvent être ce Graal que vous cherchiez ! Pour être certain de l'atteindre, lisez ce magnifique ouvrage au bord de notre Loire, vous serez aux anges.
J'aime tout particulièrement la case 8, celle de la Vouivre, notre belle sirène, l'Ondine de la fable. Vais-je la retrouver dans l'ouvrage ? Il y aura bien une femme dans ce livre dédié aux hommes de Loire, j'ose l'espérer ! Faute de quoi, dans l'instant, dame Liger sortira de son lit et viendra chatouiller les pieds de Christian et Alban.
Nous souhaitons bon vent à ce livre. Qu'il soit de Galerne naturellement ! ( Comment pourrait-il en être autrement ?) Que ce livre enchante les petits et les grands et qu'il fasse à tous aimer notre fleuve ! Si les petits ruisseaux font les grandes rivières, le plus beau de tous nos fleuves accouchera, à n'en point douter d'un joli succès. Parole de Bonimenteur, vous pouvez me croire !
Lancement leur.
On m'avait demandé de trousser un compliment. J'aurai sans doute préféré trousser jupon de Charlusette, mais qu'importe, prendre la plume est bien la seule chose que je sache faire. La soirée fut belle, le livre a trouvé son public, le Bonimenteur est resté le bec dans l'eau, son texte en travers de la gorge … C'est le risque du métier ! Beau joueur, je relance les dés !