La tête dans les étoiles
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Le mercredi 19 novembre 2025, jour des enfants, le bon général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées, avait fait le mur pour aller à la rencontre des maires de France. Grand apparatchik des cabinets ministériels et puis présidentiel, il a une vague idée de ce qu'est la vie dans les casernes et sur le terrain des opérations.
Reconnaissons-lui cependant qu'en matière d'opération, il est devenu expert dans l'arithmétique céleste puisqu'il aime à compter les étoiles, qu'il cumule avec cette précocité qui caractérise souvent ceux qui côtoient les puissants. Nous ne pouvons lui reprocher son amour immodéré pour les honneurs, lui qui a eu une mère kinésithérapeute qui lui a appris l'art de passer la pommade dans le dos à qui peut lui renvoyer l'ascenseur.
C'est justement en tant qu'ancien de l'armée de l'air qui a débuté par le commandement de l'escadrille de Colmar, poste qui explique peut-être son amour pour les images. Au lieu de les distribuer aux enfants méritants, il a l'intention de passer à l'iconographie religieuse pour honorer les familles endeuillées.
Mais n'allons pas si vite en besogne avec celui qui se rêvait footballeur professionnel à l'Olympique Lyonnais. De cette déception sportive, il a sans nul doute nourri une certaine rancune vis à vis de cette jeunesse dont il se sentit exclu. Sa progression militaire le pousse à s'occuper par la suite des mirages, ce qui peut justifier sa vision des choses …
Il intègre bien vite l'état-major, là où il est plus facile de faire des plans sur la comète que de passer à l'action. Il monte en grade en comprenant bien vite que seule une bonne guerre lui permettra d'atteindre son Graal : un bâton de maréchal. Mais pour cela, il sait qu'on ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs.
C'est donc avec cette noble ambition qu'il s'est présenté devant les maires de France, fort d'une confusion orthographique qu'on pardonnerait à un soldat de terrain mais pas à un gradé de salon. Il pensait s'adresser aux mères du pays pour les exhorter à faire preuve d'une grande force d'âme puisqu'elles devront se résoudre à la terrible perspective de perdre leurs enfants.
Le propos fait froid dans le dos d'autant que le boutefeu du président n'y va pas par le dos de la cuillère en désignant nos futurs ennemis : la Chine ou la Russie, dans une perspective relativement proche. Qu'un gradé de l'armée de l'air se prenne pour madame Soleil, finalement il n'y a rien de surprenant.
Les bras en écharpe, les élus qui reçurent cette prévision apocalyptique en eurent les bras qui leur en tombèrent. C'est ainsi qu'ils n'eurent pas la possibilité de lever les bras au ciel et de s'indigner devant l'énormité de la demande. Mais nous savons que lorsque le temps se gâte, la représentation nationale préfère jeter le manche après la cognée plutôt que de se retrousser les manches pour éviter la prochaine calamité.
Le bon peuple n'est pas dupe. L'état du pays pousse ceux qui en sont responsables à se lancer dans une aventure guerrière qui les exonèrera de leurs immenses responsabilités. Le corollaire de cette stratégie est naturellement un grand sacrifice humain, que ce guerrier de salon prépare sous la houlette d'un Président qui étrangement, n'a jamais enfanté.
Que dire dans pareil cas ? Que faire pour anticiper au mieux l’apocalyptique promise ?a Bientôt, dans cette course à la préparation belliqueuse, s'élever contre cette monstruosité relèvera de la haute trahison et sans doute du peloton d’exécution. Alors, la sagesse s'imposera à nous. Silence dans les rangs et en attendant, faites des stocks de pâtes et de papier toilette.
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