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Billet de blog 29 mai 2012

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Il n'y a pas que les chiens à tenir en laisse

Un pauvre hère ! En ce jour ensoleillé, après un long mois de temps chagrin, nous n'avions aucun raison de subir les contrariétés de l'existence. Nous allions joyeusement à une séance cinématographique en compagnie d'une trentaine d'élèves de 12 et 13 ans. Les enfants allaient leur chemin, dans un ordre incertain, tel que le font maintenant nos chers bambins.

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Un pauvre hère !

En ce jour ensoleillé, après un long mois de temps chagrin, nous n'avions aucun raison de subir les contrariétés de l'existence. Nous allions joyeusement à une séance cinématographique en compagnie d'une trentaine d'élèves de 12 et 13 ans. Les enfants allaient leur chemin, dans un ordre incertain, tel que le font maintenant nos chers bambins.

Ils prenaient toute la place, discutant entre eux, sans se soucier guère de ceux qui croisent leur chemin. C'est ainsi, ils ont grandi dans l'ignorance des autres, il faut souvent les mettre en demeure de faire un peu de place à la personne d'en face. L'effet de groupe rend invulnérable et aveugle aux autres.

Ajoutons à cette déplorable tendance la folie automobile qui permet que l'on se gare, en cette rue du faubourg Bannier à cheval sur le trottoir pour ne laisser alors que portion congrue aux usagers habituels du trottoir. La vie de piéton n'est pas aisée en notre bonne ville, il ne faut y voir qu'un signe des temps qui seront bien vite révolus où la voiture régnait en maîtresse sur nos destin.

Mais cessons ces digressions. Le malheur rôdait. Il avait pris étrange allure. Un jeune homme taillait son chemin. Il faudrait dire plutôt qu'il se frayait une allée de gloire, fendant les autres usagers du trottoir avec un dédain et une morgue qui ne présageaient rien de bon. Il avait démarche robotique. Pratiquant grandes enjambées et balançant des bras au rythme de sa chevauchée.

Manifestement, il ne supportait aucune entrave. Le quidam devait se garer devant lui. Le malheur voulut que notre troupe collégienne vint à croiser cet hallucinant piéton halluciné. J'avais oublié un détail d'importance, l'homme, s'il est encore possible de le qualifier ainsi, tenait en laisse un molosse à l'allure aussi patibulaire que la sienne, ce n'est pas peu dire.

Une jeune fille l'effleura à peine alors que lui n'avait nullement ralenti sa course. Ce fut immédiat, une réaction naturelle de haine et de violence. Il prit le premier gamin venu et lui asséna un violent coup à la face. Il vociférait paroles inaudibles. La bête beuglait plus qu'il ne parlait !

Je m'empressai de séparer le fou et le pauvre élève qui n'avait pas mérité pareil sort. L'autre de déverser alors un torrent de grossièretés et de menaces. Il déclinait avec une remarquable aisance la même rengaine, ajoutant, au gré de son immense capacité langagière une multitude de variations. Il, pardonnez-moi de rapporter ici son unique propos, il enculait la terre entière. Père, mère, école, enfant de pute, flic ou professeur, à tour de rôle, chacun avait droit à sa fantaisie sexuelle.

Il vomissait sa haine, il étalait son mépris, il crachait sa misère, il braillait sa violence. Rien d'autre ne put sortir de cette bouche tandis que le molosse se tenait, et c'est heureux, bien plus calme que celui qui lui tenait lieu de maître. On se demande si parfois, ce ne sont pas certains humains à qui il faudrait mettre muselière. Ce pauvre garçon était de ceux-là.

Je ne pus jamais le calmer. Les menaces ne cessèrent pas. Il poursuivait ainsi le tour du Monde des personnes à qui il voulait faire subir le dernier outrage. Quand les mots n'ont plus aucun sens, quand ils viennent à manquer, l'animal n'est pas loin. Je finis pas croire que c'était ce brave chien à l'allure pourtant si peu engageante qui tenait en laisse cet étrange personnage.

Nous continuâmes notre chemin. Je décidai tout de même de prévenir la police pour éviter que ce fou furieux ne vienne traîner aux abords du collège à l'heure de la sortie des élèves. Il fallut attendre près d'une heure pour voir arriver nos agents. Je ne sais s'ils tinrent compte de ma demande.

Ce que je sais par contre, c'est que sur ce trottoir, aucun passant ne vint s'interposer ou exprimer sa réprobation. Plus loin, un monsieur me prit à part pour me dire que j'avais bien fait de ne pas poser la main sur lui, que j'aurai eu tous les ennuis. Pire même, un élève, un seul, fort heureusement, trouva particulièrement choquant que je puisse appeler la police après cette rixe. Pour lui, il ne s'était rien passé. Je vous en laisse juge !

Ainsi va ce monde qui fait de tels personnages. Quelle misère est celle de ce garçon pour haïr la terre entière, frapper un gamin de 12 ans et s'en trouver fier ? Comment vivre, porteur d'une telle violence en soi et d'un mépris pour le reste de l'humanité ? Qu'avons nous fait pour engendrer de tels montres ? C'est bien la seule question, qui finalement, mérite d'être posée …

Fait-diversement vôtre

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