C’est Nabum
Abonné·e de Mediapart

3860 Billets

1 Éditions

Billet de blog 30 juil. 2020

L’ogre insatiable veut dévorer le petit Poucet

David contre Goliath à la Métropole

C’est Nabum
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Se casser la Binette pour un plat de flageolets

La politique locale a pris le parti de ressembler à un conte de fées dans lequel les mauvais diables auraient la fâcheuse idée de tenir systématiquement le haut du pavé. C’est sans doute pour permettre aux moqueurs de toutes natures de se gausser des uns tout en prenant partie pour les plus faibles. Notre nation aime s’amouracher des perdants sublimes, la popularité de Raymond Poulidor en fut la parfaite illustration.

C’est donc pour ne pas déroger à la règle que je prendrais faits et causes pour le bon maire de Bou, un coup de Coeur qui s’impose dans le marigot local. Il a souhaité défendre les couleurs des toutes petites communes, méticuleusement laminées par la grande cité dans un vaste ensemble qu’on nomme Métropole pour mieux leurrer les gogos.

Monsieur le petit Maire s’est dressé contre le rouleau compresseur de l'alliance tacite de la carpe et de la tortue. Il s’est présenté sans crier gare alors que tout avait soigneusement été organisé en sous-main, dans les alcôves d’un arrangement entre coquins. Pire même, comme le vote est secret, chacun y alla de sa mauvaise humeur en sanctionnant le vilain petit canard, l’impayable Flageolet qui passa à la trappe et se vit priver des subsides de la charge qu’on lui avait promise.

Le coup mit hors de lui l’instigateur d’un complot ourdi avec brio et gros sabots pour enfoncer plus encore les amis d’hier. La riposte ne tarda pas. L’ogre voulut dévorer tout cru le Petit Poucet, celui dont personne n’avait envisagé la présence. Au bout du Bou, il aurait dû rester quantité négligeable, figurant silencieux d’une comédie ben réglée, cocu consentant dans ce vaudeville politique.

Cette fois, c’est Flageolet en personne qui fut contraint de se cacher dans le placard. Il y attendit que les pressions et autres menaces finissent par décourager le malotru, avec la complicité d’un Président d’une prétendue gauche qui se moque autant de démocratie que de sa dernière chemise. Une démission arrachée par la force, une forme de viol électif que ne renierait pas le ministre de l’intérieur. La politique retrouvant soudain ses lettres de bassesse, celles qui en font la plus indigne des activités humaines.

Mal leur en prit, la publicité faite à l’outrage fit grand bruit. Le malheureux déchu fut rétabli dans ses droits légitimes par la vox-populi qui s’indignait qu’on puisse ainsi se prétendre démocrates et nier à ce point la valeur d’un suffrage. Pourtant, l’exemple du traité de Lisbonne rendant caduque un référendum aurait dû mettre la puce à l’oreille à tous les naïfs. Les compères et camarades de partis de ceux-là même qui avaient commis ce parjure étaient une fois encore à la manœuvre.

C’est au Préfet, représentant de l’État de se dépatouiller de cet imbroglio pitoyable. L’homme en digne représentant d’un état qui méprise le bon peuple, sera fort ennuyé. Si sa raison d’État penche vers Goliath : celui qui peut aisément et sans remords écraser ces misérables vermisseaux du peuple ; il lui faudra tenir compte de la légitimité de David Cœur de Lion, adoubé par les petits et les sans grande.

Le Préfet va manger sa casquette et se prépare à un terrible conflit de valeur. Puisse-t-il pour une fois, cesser d’être du côté de la cognée. J’en doute. La farce ne peut se satisfaire de s’achever de manière morale. Il n’en va jamais ainsi dans ce monde de margoulins et de fins tacticiens. Tout est couru d’avance pour que jamais ne puisse s’exprimer la voix d’en bas. Les opprimés doivent rester des faire-valoir dont la seule obligation est de la fermer ! Prenez donc bien garde à ne pas pousser le bouchon trop loin, il finira par sauter tant la colère est grande, messieurs les profiteurs et les magouilleurs !

Démocratiquement sien.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Migrations
Des femmes et des enfants survivent dans la rue à Bagnolet
Une vingtaine de femmes exilées, et autant d’enfants, dont des nourrissons, occupent un coin de rue à Bagnolet depuis le 4 août pour revendiquer leur droit à un hébergement. Une pétition vient d’être lancée par différentes associations pour soutenir leur action et interpeller les autorités sur leur cas.
par Nejma Brahim
Journal — Logement
Face au risque d’expulsion à Montreuil : « Je veux juste un coin pour vivre »
Ce mardi, une audience avait lieu au tribunal de proximité de Montreuil pour décider du délai laissé aux cent vingt personnes exilées – femmes, dont certaines enceintes, hommes et enfants – ayant trouvé refuge dans des bureaux vides depuis juin. La juge rendra sa décision vendredi 12 août. Une expulsion sans délai pourrait être décidée.
par Sophie Boutboul
Journal — Énergies
La sécheresse aggrave la crise énergétique en Europe
Déjà fortement ébranlé par les menaces de pénurie de gaz, le système électrique européen voit les productions s’effondrer, en raison de la sécheresse installée depuis le début de l’année. Jamais les prix de l’électricité n’ont été aussi élevés sur le continent.
par Martine Orange
Journal — France
Inflation : le gouvernement se félicite, les Français trinquent
L’OCDE a confirmé la baisse des revenus réels en France au premier trimestre 2022 de 1,9 %, une baisse plus forte qu’en Allemagne, en Italie ou aux États-Unis. Et les choix politiques ne sont pas pour rien dans ce désastre.
par Romaric Godin

La sélection du Club

Billet de blog
Faire face à l’effondrement du service public de santé
Après avoir montré l’étendue et les causes des dégâts du service public de santé français, ce deuxième volet traite des solutions en trompe-l’œil prises jusque-là. Et avance des propositions inédites, articulées autour de la création d’un service public de santé territorial, pour tenter d’y remédier.
par Julien Vernaudon
Billet de blog
Variole du singe : ce que coûte l'inaction des pouvoirs publics
« L'objectif, c'est de vacciner toutes les personnes qui souhaitent l'être, mais n'oublions pas que nous ne sommes pas dans l'urgence pour la vaccination ». Voilà ce qu'a déclaré la ministre déléguée en charge des professions de santé, au sujet de l'épidémie de la variole du singe. Pourtant pour les gays/bis et les TDS il y a urgence ! Quel est donc ce « nous » qui n'est pas dans l'urgence ?
par Miguel Shema
Billet de blog
Variole du singe : chronique d'une (nouvelle) gestion calamiteuse de la vaccination
[REDIFFUSION] Créneaux de vaccination saturés, communication inexistante sur l'épidémie et sur la vaccination, aucune transparence sur le nombre de doses disponible : la gestion actuelle de la variole du singe est catastrophique et dangereuse.
par Jean-Baptiste Lachenal
Billet de blog
Ce que nous rappelle la variole du singe
[REDIFFUSION] A peine la covid maitrisée que surgit une nouvelle alerte sanitaire, qui semble cette fois plus particulièrement concerner les gays. Qu’en penser ? Comment nous, homos, devons-nous réagir ? Qu’est-ce que ce énième avertissement peut-il apporter à la prévention en santé sexuelle ?
par Hervé Latapie