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Billet de blog 31 mars 2015

La commission parlementaire …

Effroi et indignation. Une commission parlementaire siège au Sénat pour examiner le fonctionnement du service public de l'éducation. Nos braves sénateurs et sénatrices reçoivent Loys Bonod qui a répondu au pied levé pour remplacer une défection. Le professeur n'a sans doute pas eu le temps de peaufiner une intervention qu'il va développer avec franchise, sincérité et vérité. 

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Effroi et indignation.

Une commission parlementaire siège au Sénat pour examiner le fonctionnement du service public de l'éducation. Nos braves sénateurs et sénatrices reçoivent Loys Bonod qui a répondu au pied levé pour remplacer une défection. Le professeur n'a sans doute pas eu le temps de peaufiner une intervention qu'il va développer avec franchise, sincérité et vérité.

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D'ailleurs, on lui demande de jurer avant de donner son témoignage. Jurer sur l'honneur sous les lustres de la République : la chose peut surprendre ceux qui sont habitués à voir les batailles de chiffonniers, les échanges d'amabilités et les chapelets de mensonges qu'on peut entendre en ces lieux. Le brave citoyen, celui qui n'a pas mandat pour la duperie institutionnalisée n'a donc pas droit aux libertés avec la vérité.

Monsieur Bonod, professeur certifié, évoque son parcours, rend compte de ce qu'il a vu au gré de ses postes et de ses expériences. Il est sans complaisance avec lui-même et avec la réalité d'un terrain qui n'est pas au mieux de sa forme. Il n'exagère en rien, il décrit une réalité qui n'est sans doute pas bonne à dire. La règle du jeu contraint pour l'instant les représentants du peuple au silence.

Je peux affirmer que tout ce qu'il dit, je l'ai moi aussi, constaté et développé dans de nombreux billets. Que l'on soit en maternelle, en primaire, au collège ou au lycée, chacun peut témoigner tout comme lui d'une dégradation dramatique du niveau réel des élèves et des relations qui régissent la vie dans les établissements d'enseignement.

Ses exemples, d'autres peuvent en donner d'analogues. Il parle en toute franchise, il n'esquive aucun aspect de cette lente et inexorable dégradation. L'école ne remplit plus ses missions, l'école est soumise à une pression des politiques successives qui l'a conduite à la catastrophe. Monsieur Bonod ne recule pas devant les sujets qui fâchent et n'esquive pas les postures idéologiques.

Dans la seconde partie, il doit répondre aux questions des sénateurs. C'est alors que le tir de barrage va être déclenché par ceux qui ne semblent pas soumis à la même exigence de vérité. Le témoin est tancé, critiqué, attaqué, vilipendé par ceux-là même qui sont censés n'être que les représentants du peuple. Grave erreur, les parlementaires se drapent dans une majesté qui n'a pas sa place en ce lieu.

C'est un conseil de discipline auquel nous assistons, sidérés. Ceux-là même qui sont responsables par leurs décisions, leurs lois et leurs falsifications agressent véritablement l'honnête témoin, le porte-parole du réel. Monsieur Bonod est un menteur ; Eux savent, Eux vont sur le terrain, Eux sont les seuls à détenir la vérité.

Que dire ? Manifestement, les étiquettes politiques n'ont aucune importance dans cet étalage d'indignité et de mauvaise foi. Il se peut même que la sénatrice socialiste soit la plus ignoble des quatre. Le pouvoir éloigne donc tant des idéaux de départ ? Pire encore : ces gens ne sont pas à la hauteur de celui qui se trouve sous le feu de leur tir de barrage. Je suis effaré par la médiocrité des arguments, la faiblesse du langage, la posture qui n'est pas celle du petit prof, traité désormais comme un vaurien.

Je vous laisse profiter de ce spectacle : celui de la décadence de notre République des élites. Ces gens-là ne représentent plus qu'eux-mêmes et le maintien coûte que coûte de leurs positions. Gloire à ce courageux citoyen d'avoir osé affronter un tel tribunal ! Je sais désormais que jamais je ne répondrai à l'éventuelle sollicitation d'une si « noble » institution. Les dés sont pipés : la vérité n'a pas sa place en ces lieux d'indignité.

Je tiens ici à dire toute mon estime à celui qui a dit vrai, qui n'a pas cillé devant ces pauvres pantins dérisoires. Il est l'honneur de notre profession et je le prie, en mon nom comme au nom de braves gens qui ont été étonnés de ce pitoyable spectacle, d'accepter nos excuses. Car, le plus incroyable c'est que ces gens honteux prétendent s'exprimer en notre nom !

Scandaleusement leur.

Je vous invite vivement à lire le blog de Loys Bonod : La vie moderne

Il est conseillé de regarder les vidéos pour voir que je n'invente rien, hélas ! 

Vidéo 1 : http://videos.senat.fr/video/videos/2015/video27912.html

Vidéo 2 : http://videos.senat.fr/video/videos/2015/video27913.html

Vidéo supplémentaire : https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=wR_0FliDtyc

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