Budget 2016 : une austérité sans avenir, des conséquences désastreuses…

par Olivier Jospin et Corinne Morel Darleux

L’Assemblée Nationale vient d’adopter le budget recettes de la nation avec, malheureusement, la poursuite d’une politique d’austérité. Après les 17 milliards de coupes en 2015, ce sont 16 milliards de baisse des dépenses publiques (dont 7,4 milliards de dépenses sociales) qui interviendront en 2016. Alors que leurs dotations ont été réduites de 3,4 milliards d’euros en 2015, les régions verront de nouveau leurs marges de manœuvre budgétaires réduites de 3,7 milliards.

Pendant ce temps, plus de 40 milliards sont prévus dans le cadre du pacte de responsabilité, au bénéfice des entreprises. Loin de favoriser une croissance toujours atone, ces aides profitent surtout aux dividendes, c’est-à-dire aux actionnaires des grandes entreprises, tandis que le chômage reste au plus haut.

Bien entendu, cette politique d’austérité impacte aussi le Département et la Région

Elle se traduit par la remise en cause des services publics et une diminution continue des moyens affectés aux institutions économiques, sociales et culturelles des territoires.

Un récent exemple nous est donné dans la Drôme avec les projets de suppression de la prévention spécialisée jeunesse en zone rurale, ou encore la fermeture de 19 casernes de pompiers situées dans les petites villes, sous prétexte d’économies. Un projet contre lequel se dressent les populations concernées et leurs élus qui veulent que cette institution de proximité, qui s’appuie sur des bénévoles, soit maintenue.

Cette mesure de suppression, qui résulte d’un plan préparé il y a longtemps - en 2006 - par l’ancienne majorité départementale du Parti socialiste, est appliquée brutalement par la nouvelle issue de Les Républicains.

Une politique sans avenir

Cette politique englobe, au plan national, un cortège de mesures et de projets, annoncés jour après jour qui constitue une triste actualité. Présentées comme des « réformes », elles apparaissent plutôt comme autant de retours en arrière : allongement du départ à la retraite, baisse des pensions dont les femmes sont les premières victimes, casse du code du travail… Comme on le sait, la liste est longue.

Pourtant, les économistes et experts sont de plus en plus nombreux qui alertent sur les effets nocifs de cette politique d’austérité. Elle asphyxie l’économie, pèse sur les petites et moyennes entreprises, pousse à la baisse des salaires et à la précarité, creuse plus encore les inégalités. Ils sont nombreux également à prôner un engagement audacieux et des investissements dans une politique plus écologique, qui ne cherche pas une croissance à tout crin mais l’engagement dans une véritable transition qui permette le « bien vivre », dans le respect du vivant et des écosystèmes.

Qui sont les acteurs et défenseurs de cette politique d’austérité ?

En premier lieu, il s’agit du gouvernement en place, soutenu par sa majorité au parlement qui, loin des engagements de la campagne présidentielle pris par M. Hollande, instaure une politique économique à caractère ultra libéral. Parmi ces soutiens on compte les principaux dirigeants PS de notre région qui, approuvant cette politique au plan national, sont contraints d’en accepter les conséquences en région.

Les partis de droite quant à eux, loin de critiquer cette politique d’austérité et de limitation des droits sociaux, protestent qu’elle serait encore trop timorée et en profitent pour enfoncer le clou de l'« assistanat » et vilipender l'action collective et syndicale, comme le fait M. Wauquiez.

Le Front National, de son côté, en profite et cherche à transformer l’inquiétude sociale de la population en une inquiétude identitaire, ciblant les boucs émissaires parmi la population d’origine immigrée.

La liste Le Rassemblement 2015* pour les élections régionales en Auvergne - Rhône Alpes insiste sur son opposition à cette politique d’austérité et s’engage sur des principes politiques, économiques, démocratiques et sociaux qui représentent une véritable alternative pour la Région. Notamment en s’écartant des grands projets inutiles et en proposant de réorienter les aides au développement économique de la Région vers les PME/PMI, TPE et artisans, conditionnées par des critères écologiques et sociaux, de création d'emplois locaux et de qualité.

 

* Le Rassemblement réunit deux membres du Front de Gauche, le PG et Ensemble, EELV, Nouvelle Donne et les déçus du PS regroupés dans la Nouvelle Gauche Socialiste aux côtés de citoyens qui ne sont membres d'aucun parti

 

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