L'idéologie du fn est fondée sur la trame du nationalisme politique, économique, idéologique. La plaie des plaies qui mit à feu et à sang notre Europe dans la première moitié du 20ème siècle.
- Le nationaliste pense que, qui veut la paix prépare la guerre, le républicain pense que, qui veut la paix prépare la paix.
- Le nationaliste cultive l'amour propre national, le républicain préfère l'amour de soi républicain (L'amour de soi, qui ne regarde qu'à nous, est content quand nos vrais besoins sont satisfaits ; mais l'amour-propre, qui se compare, n'est jamais content et ne saurait l'être, parce que ce sentiment, en nous préférant aux autres, exige aussi que les autres nous préfèrent à eux, ce qui est impossible. J.J.Rousseau)
- Le nationaliste est fermé au monde, il est pour le repli sur soi, le républicain est ouvert aux autres nations, aux autres peuples et aux autres cultures.
- Le nationaliste a des valeurs platoniciennes: le drapeau, la Patrie, avec l'historicisme il croit au fil de l'Histoire, à l'identité nationale; se faisant il occulte des pans entiers de l'Histoire, les défaites, les erreurs, il transforme sa nation de 80% de collaborateurs (volontaires ou contraints) avec l'occupant, en 80% de résistants à l'occupant. Il ne retient que les victoires et le rayonnement passé de sa nation sur le Monde; il vante, l'héroïsme douteux d'une pucelle, le code civil de Napoléon taisant les massacres de l'Empire, les bienfaits de la colonisation, le Pétain de 14/18 l'excusant par l"âge de 39/45 etc.. Comme dirait J.Prévert, le nationalisme c'est "Pétain à l'Île-d'Yeu, Dreyfus à l'Île du Diable"
- Le nationaliste commémore, le républicain se souvient! Se souvient des morts, la plupart du temps pour rien! Pas des morts victorieux sur d'autres morts, de tous les morts. La mort est toujours une défaite, le nationaliste la magnifie en sacrifice et en victoire.
- Le nationalisme est aux valeurs citoyennes ce que l'extrémisme religieux est aux religions. Et, comme pour la religion, il n'y a pas de raison de croire à des choses pour lesquelles il n'y a pas de preuve, sauf des preuves contraires. C'est en cela que le nationalisme est apparenté a une religion, c'est une croyance illusoire.
Pour ces quelques raisons majeures, le fn ne sera jamais un parti républicain. Il n'est républicain que dans l'opposition. Les nationalismes ont toujours engendré les dictatures, l'oppression des minorités et les certitudes aveugles, les guerres civiles ou internationales. Le nationalisme est une plaie en soi.
Je souhaite donc que l'idéologie du fn ne reste qu'une théorie.
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Un passage de Stefan Zweig dans Le monde d'hier (1941)
Le début du chapitre Incipit Hitler donne le ton:
« Cela reste une loi inéluctable de l'histoire: elle défend précisément aux contemporains de reconnaître dès leurs premiers commencements les grands mouvements qui déterminent leur époque. »[...] L'inflation le chômage, les crises politiques et pour une bonne part la folie des gouvernements étrangers avaient soulevé le peuple […] Et quiconque promettait l'ordre avait aussitôt des centaines de milliers de gens derrière lui.[...]
Ou encore ce passage:
[...]Tous les chevaliers livides de l'Apocalypse se sont rués à travers mon existence, la révolution et la famine, l'avilissement de la monnaie et la terreur, les épidémies et l'émigration ; j'ai vu croître sous nos yeux, et se répandre parmi les masses, les grandes idéologies, le fascisme en Italie, le national-socialisme en Allemagne, le bolchevisme en Russie et avant tout, cette plaie des plaies, le nationalisme qui a empoisonné la fleur de notre culture européenne. Il m'a fallu être le témoin sans défense et impuissant de cette inimaginable rechute de l'humanité dans un état de barbarie qu'on croyait depuis longtemps oublié, avec son dogme antihumaniste consciemment érigé en programme d'action. […] tous actes de bestialité que les cinquante dernières générations n'avaient plus connus et que les futures, espérons-le, ne souffriront plus.[...]